C'est en 1982 que le gouvernement français décide de célébrer officiellement la journée internationale des femmes que l'ONU avait reconnue officiellement depuis 1977. Vous trouverez ici les discours de François Mitterand, Yvette Roudy, toute nouvelle ministre des Droits de la femme ainsi que d'autres discours prononcés par des socialistes (il s'agit d'un site de la fondation Jean Jaurès).

Après une décennie d'énormes bouleversements une première page avait été écrite, restait à écrire la seconde.

On en est toujours là....

Si les jours commémoratifs servaient à quelque chose ça se saurait.

Ils sont surtout  utiles à tous ceux qui les récupérent :

- les marchands ? qui ont en fait la "fête de la femme" et en profitent pour essayer de nous fourguer encore plus de produits de beauté et même des sextoys 

- les hommes politiques ? qui s'indignent et n'ont pas le moindre début de conscience de leur responsabilité :Yann allume Hervé Morin, on pourrait citer François Fillon qui participe à une table ronde alors que depuis 4 ans qu'il est au pouvoir il n'a jamais réussi à mettre plus de 30% de femmes dans son gouvernement et que son parti préfère payer de lourdes amendes que respecter les lois sur la parité , Benoit Hamon dont on découvre qu'il serait un féministe convaincu et actif (il préparerait un livre sur le sujet) mais dont le parti arrive péniblement à présenter 23% de femmes aux cantonales (rassurez vous les autres ne font pas mieux). En fait on pourrait les citer quasiment tous.

- les médias ? qui se donnent bonne conscience en remplissant aujourd'hui leurs pages ou leurs émissions de statistiques ou de femmes remarquables alors que tous les autres jours de l'années ils ne laissent qu'une portion congrue à la parole des femmes . Tellement d'articles qu'on n'aura pas le temps de les lire, qu'on en a même déjà une indigestion et qui nous apprennent ce que seuls ceux qui ne veulent pas voir ignorent : les inégalités sont encore nombreuses !

Ma boite aux lettres déborde de communiqués, de sondages, d'informations sur des manifestations diverses au point que je mets tout de coté pour en prendre connaissance plus tard. 

Pourtant il n'y avait qu'1 millier de femmes à la manifestation organisée samedi.

Alors qui fait avancer les choses aujourd'hui ?

- Essentiellement quelques femmes politiques qui se battent vraiment pour des lois, merci à elles parce qu'elles ne rigolent pas tous les jours.

- Pas du tout les médias, bastions machistes pour la plupart, qui s'emploient jours après jours à reproduire les stéréotypes.

- Quelques universitaires mais dont la voix à du mal à se faire entendre.

- Les employeurs,  contraints et forcés par la loi, mais qui du coup réfléchissent vraiment à la façon de réduire les inégalités dans leurs entreprises. Bien plus en avance me semble-t-il que les syndicats qui prennent le train en marche quand ça les arrange comme ce fut le cas pour les retraites alors qu'ils auraient pu être moteurs en demandant le respect des lois dès 2006.

- Les mouvements féministes. Leur vigilance est indispensable mais, hormis la Barbe que je trouve très novatrices, les autres donnent l'impression de s'être figées en 1975. C'est un mouvement très éclaté et les querelles de chapelles restent les mêmes : universalismes ou essentialismes ? Simone de Beauvoir ou Antoinette Fouque ? interdiction ou encadrement de la prostitution... problématiques auxquelles se rajoute aujourd'hui celle du voile, de la burka et de la laïcité ... de quoi perdre son âme. Pendant ce temps personne ne prend en compte par exemple le fait que les jeunes hommes, même si ils ont encore beaucoup de chemin à parcourir, sont différents de leurs aînés. Or ce sont ces aînés: "les vieux mâles blancs" qui détiennent tous les pouvoirs aujourd'hui et bloquent toutes velléités de changements (ça ne concerne d'ailleurs pas que la question de l'égalité hommes/femmes). Personne ne prend en compte le fait que les jeunes femmes, à la différence de celles de 1975 qui voyaient leurs mères et leurs grand-mères cloîtrées pour beaucoup au foyer, ont vu leurs superwomen de mères s'épuiser et cherchent pour elles une voie médiane (qui restent à construire).

- Les gens ? Peut être! je n'ai pas de données objectives mais il me semble que la question de l'inégalité hommes/femmes intéresse beaucoup plus aujourd'hui qu'il y a 4 ou 5 ans. J'entends, et je lis, encore "je ne suis pas féministe, mais je suis pour l'égalité..." et lorsque je rebondis sur la question de l'égalité l'ouverture est réelle.