L’EN3S (école nationale supérieure de sécurité sociale) consacre le dernier numéro de sa revue Regards à l’égalité femmes/hommes. Il est disponible dans son intégralité sur le site de l’école.

Des expert-es y analysent les incidences de la protection sociale (maladie, famille, retraite) en terme d’égalité femmes/hommes. Et comme il s’agit de l'école qui forme les cadres dirigeants de la sécu plusieurs articles sont consacrés à la situation au sein de cette institution. Sans surprise, comme partout ailleurs, les graphiques montrent que l’escalier hiérarchique y est glissant pour les femmes.

Les profils des lauréats du concours d'entrée

Il existe différentes possibilités pour intégrer cette école. L’une de ces voies est celle du concours et, bien que les promotions y soient paritaires depuis 2000, la direction de l’école s’est interrogée sur une éventuelle incidence du genre lors des épreuves orales. Elle a menée pour cela une étude dont je ne connais pas d’équivalent et qui montre effectivement quelques différences    (à lire page 167 et suivantes)

Depuis une dizaine d’année les élèves se prêtent à un test de personnalité bien connu (SOSIE) en entrée de scolarité. L’outil SOSIE très répandu dans le domaine des ressources humaines évalue les traits de personnalité autour de neuf items et l'EN3S a demandé au  cabinet METOD une analyse des scores de 657 anciens élèves. Ce qui constitue un échantillon  respectable.

Aucune différence n’est observée sur 4 items, mais des différences significatives apparaissent sur 4 autres. (aucune indication n’est donnée quant au 9eme item sur la  persévérance).

L’une des hypothèses avancée pour expliquer de telles différences est celle d’un questionnement par les membres du jury lors des épreuves orales du concours d'entrée qui serait différent selon que le candidat est un homme ou une femme. 

Ces résultats tendraient à montrer que le jury est  influencé, comme nous le sommes tous, par des représentations mentales stéréotypées : on sait par exemple que montrer trop d’ascendant pour une femme la fait vite cataloguer comme trop arrogante, rigide etc , mais qu’il cherche également à les corriger, en faisant attention par exmple à recruter des hommes attentifs aux autres, ce qui est une qualité plutôt attribuée aux femmes.

Les perspectives ouvertes par cette étude

Ce qui est sûr c’est que cette étude ouvre une voie vraiment interessante qui mérite d'être développée.

D'autant plus qu'elle apporte quelques embryons de réponses à une autre question souvent posée  mais qui n'a encore guère reçue de réponses sérieuses : les femmes qui ont des responsabilité de management se comportent-elles différemment des hommes ? On peut lire beaucoup d'articles sur ce thème vendeur : les femmes seraient plus à l'écoute, plus centrées sur la tache, mais personne n'en sait rien. La plupart du temps ces articles sont basés, au mieux sur des questionnaires à grande échelle, au pire sur des micro-trottoirs et leurs conclusions ne font que révéler et conforter les stéréotypes