Ce qui se passe depuis l'arrestation de DSK me laisse perplexe.

Les titres de Libé  "Marre des machos", celui du nouvel obs  "la france des machos" devraient me réjouir : enfin ! la vérité éclate au grand jour !

Je suis plutôt dubitative, et je me demande si ce n'est pas surtout l'occasion de parler sexe, sujet qui comme chacun sait est particulièrement  vendeur. D'ailleurs le titre de l'Express a le mérite d'annoncer la couleur " Pourquoi le sexe les rend fous".

Avant de crier victoire je préfère attendre que le soufflé soit retombé pour voir ce qu'il en restera vraiment.

En attendant c'est aussi l'occasion de lire et d'entendre les anti-féministes primaires s'exprimer en se targuant d'originalité et d'anti-politiquement correct . 

Je suis tombée presque par hasard sur cet extrait de "Ce soir ou jamais". 

En quelques minutes on y trouve tout ce qui fait le discours habituel de celui qui jouit depuis toujours d'une situation de dominant et ferraille pour la conserver utilisant tous les arguments à sa portée. 

Mme Comencini parle avec calme . Il est question de sexualité et des affaires médiatiques actuelles. Elle souhaite des rapports hommes/femmes qui soient en parité, et regrette que pour certains hommes politiques le désir vienne du fait que la femme soit considérée comme subalterne. 

Une première fois elle est interrompue par un homme qui lui reproche de ne pas respecter la présomption d'innocence "vous avez déja jugé".

Elle précise qu'étant Italienne elle parle de Berlusconi et, quelle que soit l'issue du procès, de l'image de ce qu'est la sexualité qui est donnée.

Seconde interruption sur la responsabilité des journaux féminins. Ce n'est pas moi qui vais les défendre mais rien à voir avec ce dont elle parle.

Jean Didier Vincent entre dans le débat en commençant par s'attaquer à la personne (classique surtout dans ce genre d'émission)  "je ne sais pas qui est ringard"  Il est énervé et si c'était une femme on pourrait dire qu'il est hystérique. Visiblement le sujet est chaud pour lui.

Ensuite argument massue, l'un de ceux qui ont mis le féminisme au tapis pendant ces 30 dernières années : hommes et femmes sont différents et revendiquer l'égalité reviendrait à nier ces différences !

"l'homme et la femme ne sont pas les mêmes choses. C'est 2 sexes différents. Il y a 95% des espèces qui sont sexuées".

Et il continue, lui faisant dire ce qu'elle n'a évidemment pas dit mais qui là encore est un discours fréquemment entendu. Réclamer un désir partagé semble pour lui insupportable, dans son cerveau les neurones se télescopent et comprennent ceci qui est d'une mauvaise foi absolue : 

"Si vous voulez vous reproduire par parthénogénèse vous n'avez qu'à foutre les mâles dans une réserve puis vous irez les chercher quand vous voudrez vous reproduire à l'ancienne."

Elle précise "je n'ai pas dit identique, j'ai dit égal"*. Mais combien de milliers de fois faudra-t-il répéter que le mot égalité signifie égalité ? qu'en revendiquant l'égalité on ne cherche pas à inverser le machisme ?

De plus en plus énervé bégayant de colère le malheureux en appelle à Freud et ne perd pas une si belle occasion de rappeler qu'il est bien pourvu par la nature.

"mais ça ne signifie rien l'égalité. Egal en quoi ? le poids ? le fait qu'elles aient un pénis intériorisé au lieu d'un pénis extériorisé ? qu'est ce que vous voulez que ça nous foute ?"

Une autre femme arrive à la rescousse et reprend des propos qui ont semble-t-il étaient tenus précédemment et qui attribuaient la responsabilité du désir des hommes à l'exhibitionnisme des femmes .

Et monsieur Vincent qui est membre quand même de l'Académie des sciences et de l'Académie de médecine cherche à placer l'estocade avec toute l'autorité due à  ses diplômes :  "c'est comme ça, c'est la nature.(..) Qu'est ce que vous voulez c'est pas de ma faute si les femmes ont des fesses et les hommes des fesses plates, c'est pas de ma faute si elles ont des seins."

Donc si c'est  la nature le débat pour lui est clos. Un grand biologiste certainement mais qui aurait du aussi s'intéresser à la sociologie où à l'histoire.

Elles répondent "vous ne savez rien du désir de la femme et vous ne voulez pas le considérer" et "je pensais que le débat en Italie était arriéré..."

Plus tard il cherche à se rattraper mais en bon macho qu'il est il ne trouve rien d'autre à dire que 

"Je vous trouve toutes les 3 très belles " "vous avez beaucoup de charme"

Imaginons qu'à la télé les hommes se mettent à se faire des compliments entre eux : "je vous trouve très beau", succès comique garanti, mais s'adressant à une femme ça passe et ça fait à peine sourire.

Quelqu'un tente une diversion, qui n'aurait pas aimé être une fille en banlieue, on le comprend mais ça n'est pas le sujet du jour.

et là,  nouvelle grande envolée de notre Académicien de renom

"mais d'où ça vient ? comment il se fait que partout on trouve une domination de l'homme sur la femme. Et elle s'en est toujours plaint. Réfléchissez aux causes avant de vous attaquer aux faits. " Et on a surtout l'impression qu'il a toujours dans l'idée que c'est normal vu que c'est la nature. Il précise sa pensée plus tard "elles ont été maladroites elles n'y sont pas arrivées"

Finalement, pas très à l'aise il finit par citer Françoise Héritier, Michèle Perrot espérant se rattraper. Mais c'est trop tard, on connait le fond de sa pensée.

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