C'est à la belle époque des rencontres de blogueurs en 2009/2010  que je l'ai rencontrée. 
Depuis, nous essayons de prendre un café ensemble lorsqu'elle passe à Paris.

En avril 2012 elle avait évoqué son désir d'enfant et l'espoir qu'elle mettait dans l'élection de François Hollande qui avait promis d'autoriser la PMA (Procréation Médicale Assistée) pour les couples de femmes. Tenter l'insémination avec le sperme d'un ami ne leur paraissait pas envisageable et aller en Belgique pas très possible.

De PMA toujours pas en France, presque 2 ans après. Probablement parceque le gouvernement a eu peur, en permettant aux couples homosexuels femmes d'avoir des enfants biologiques,  de subir une forte pression des hommes pour autoriser la GPA (Gestation pour autrui, qui consiste à ce qu'une femme porte un enfant pour le compte d'autres personnes). A moins que ce ne soit une concession aux opposants des lois sur le mariage pour tous.
PMA et GPA sont pourtant  2 sujets très différents, tant dans leur réalisation que du point de vue éthique.

2 ans c'est long si on attend un enfant et Je lui ai demandé où elles en étaient de leur projet. 

Voici le texte qu'elle m'a envoyé, et autorisée à publier ici.

Pour la PMA notre point de vue a évolué avec le temps. La dernière fois que nous en avions parlé, il me semble que je te disais que nous préférions l'option d'une PMA à l'étranger, en Belgique, par exemple : dans ce pays-là, c'est autorisé. A l'époque, nous n'imaginions pas, de toutes façons, d'avoir un enfant si la loi ne nous permettait pas de l'adopter à deux : il était impensable que nous l'élevions toutes les deux sans être sûres qu'en cas de malheur (le décès de l'une d'entre nous), l'enfant soit confiė à la survivante. 

La loi nous permet aujourd'hui de nous marier et d'adopter à deux un enfant. Malgré l'imperfection de la situation, puisque nous ne pouvons toujours pas bénéficier d'une PMA en France, cela change notre vision des choses. 

La PMA telle qu'elle existe en Belgique n'est pas l'idéal à plusieurs égards : elle est très restreinte pour les Françaises, d'abord, elle est une démarche extrêmement coûteuse autant en argent qu'en temps et, surtout, elle ne garantit pas l'accès aux origines de l'enfant. 

Aujourd'hui, il me semble indispensable de pouvoir dire à l'enfant que nous aurions, qui est son père ou au moins quels sont ses antécédents médicaux. C'est pourquoi, s'il fallait choisir une solution, nous opterions pour un don de sperme d'un ami et l'insémination artisanale. 

Mais la chose est très compliquée : il faut trouver un ami prêt à faire cette démarche. Pour en avoir parlé avec quelques uns, très vite se posent de multiples questions : et si l'enfant veut que je joue mon rôle de père ? Et si cela posait un problème à ma femme ? Et si mes autres enfants y voyaient un problème ? Et si vous en veniez, plus tard, on ne sait pas, à me demander des comptes ? On ne peut pas abandonner ses droits de paternité, on ne sait pas ce que réserve la vie : et si moi, plus tard, je voulais exercer mon droit de père vis à vis de cet enfant ? 

...Bref, nous sommes doucement en train de faire le deuil de la maternité. Ce serait pourtant une belle réalisation de notre couple et de notre amour, nous serions sans doute des mères aimantes...A vrai dire, je te l'ai déjà dit, je crois, je n'ai pas en moi un vrai désir de maternité mais je ne peux pas dire que je ne ressens pas un pincement jaloux quand je vois toutes mes amies épanouies dans leur maternité. Je ne dis pas que je n'envie pas ce qu'elles vivent, ce qu'elles partagent avec leurs enfants. Je crois que c'est une jalousie qui n'a pas tellement lieu d'être : nous sommes heureuses, pleines de projets...

Mais c'est à la fois le sentiment de n'être pas comme les autres et aussi le regard des autres, qui malgré toute la bonne volonté du monde, a toujours tendance à signifier "Tu ne peux pas comprendre", "Tu dis que tu es fatiguée, mais qu'est-ce que ce serait si tu avais des enfants..." et "Tu peux le faire (ce mail, ce projet, ce remplacement de cours, cette réunion...), toi, tu n'as pas d'enfants, tu as le temps..."Bref, ce n'est pas toujours facile à vivre et je me retrouve parfois avec un infinie tristesse devant la joie de ma collègue enceinte jusqu'aux yeux...