Arrêt sur image explique comment la journaliste de France 3 Caroline Sinz qui a été violée place Tahrir au Caire en novembre 2011, alors qu'elle effectuait un reportage, n'a pas pu évoquer librement à l'antenne ce qui lui été arrivé.

J'en retiens tout particulièrement cet argument "On ne voulait pas que tu aies l'étiquette "violée" sur le front" avancé par ses collègues pour justifier leurs réserves.

Dans leur idée il s'agissait de la protéger.

Mais dans cette phrase est contenue une autre réalité : avoir été violée est un déshonneur qu'il est préférable de cacher.

Oser le féminisme avait frappé juste avec son slogan "la honte doit changer de camp".

Tant qu'on considérera qu'il est préférable pour la victime d'un viol de ne pas exposer ce qu'elle a subi on cantonnera les femmes au silence.

C'était bien la démarche des  313 femmes qui ont signé avec Clémentine Autain un manifeste dans lequel elles déclarent avoir été violées , paru dans le Nouvel Obs du 22 novembre. 


En 2012, traine encore l'idée que des rapports sexuels sont valorisants pour un homme qui pourra se vanter de ses conquêtes et de ses exploits mais dévalorisants (et vraiment dans le sens de "perdre de la valeur") pour une femme.  Une femme qui a de nombreux amants peut encore être étiquetée "fille facile" et j'ai  entendu récemment l'expression que je croyais disparue  "c'est une Marie couche toi là".