Le premier ministre a participé ce matin  à un meeting pour les élections européennes et les médias titrent sur le soutien qu'il apporte à sa tête de liste, qui en aurait bien besoin selon eux.

C'est que le manque de charisme de Nathalie Loiseau apparait aujourd'hui comme un problème dans cette campagne. La question se pose alors : comment une personne aussi brillante, ayant réussi une très belle carrière et que tous ceux qui ont travaillé avec elle décrivent comme une bonne manageuse d'équipe, peut-elle s'avérer aussi fade en tant que personnalité politique ?

Je ne reviendrai pas sur ses propos ou son action. Cette campagne manque certainement de souffle, et elle a mal géré les accusations qui ont été faites à son encontre. Mais si il suffisait de ressortir des histoires vielles de 30 ans pour dézinguer quelq'un en politique ça se saurait.

Non, elle manque de charisme parce qu'elle n'a visiblement jamais travaillé, ou mal, son langage non-verbal . Ses compétences et sa forte légitimité suffisait peut-être à faire d'elle une leadeuse dans son milieu de fonctionnaires. C'est bien différent lorsqu'il s'agit de s'adresser au peuple.

Regardons y de plus près.

Sa posture

La première chose qui saute aux yeux et qu'elle ne se tient pas droite. Elle n'est pas très grande, et il est vrai que la taille est toujours un avantage. Un avantage dont bénéficient évidemment plus souvent les hommes. Il n'est pas confortable de devoir s'adresser  à ses interlocuteurs en levant la tête. Mais ce n'est pas suffisant, Martine Aubry n'est pas grande et on ne peut pas dire qu'elle manque de charisme, Tyrion Lannister non plus. De plus, cet inconvénient disparait lorsqu'on parle du haut d'une tribune, ce n'est donc pas une explication suffisante.

En fait, et on le voit nettement sur les photos, elle a toujours les épaules et  la tête légèrement penchées en avant. Ce qui ne donne pas du tout l'impression d'une personne bien ancrée, à laquelle on pourrait s'accrocher.

De plus, lorsqu'elle parle, il arrive fréquemment qu'elle penche la tête sur le coté. Un geste éminemment féminin, qui est perçu comme un signe de sollicitude, ou une tentative de séduction. Pas forcément adapté dans ce contexte. 

Son regard

2eme point très important. Son regard ne se fixe pas sur ses auditeurs. 

Quand elle parle, que ce soit à un journaliste ou à une salle, ses yeux sont focalisés sur un point lointain. On le voit nettement sur cette vidéo d'un échange avec des journalistes, ou cette  autre d'un discours de campagne . En fait elle est concentrée sur  l'intérieur d'elle-même. Or, ce qu'on appelle "la présence" se situe en priorité dans le regard, une personne nous semble présente si on ressent qu'elle prend en compte notre propre existence. Il est vrai que c'est beaucoup plus difficile pour ceux qui sont introvertis, ce qui est probablement le cas de Nathalie Loiseau.

Ses mouvements 

3eme élément.  Ses mouvements parasites.

Elle en a plein. Ils sont assez discrets mais suffisants pour là encore ne pas donner une bonne impression d'ancrage. Bien entendu un orateur peu bouger, mais ses mouvements doivent accompagner son discours et donner le sentiment qu'il est bien avec son corps. Ce n'est pas du tout le cas de ses mouvements, qui sont erratiques voire désordonnés et traduisent plutôt son léger malaise. Ce sont des micro-mouvements des épaules ou de la tête, et surtout des balancements, signes de réassurance. Vous pouvez le voir dans les vidéos précédentes, ou dans cet interview de Jean-Pierre Elkabach, qui est plutôt sympa avec elle. On entend d'ailleurs très nettement dans celle-ci que sa voix est mal placée, beaucoup trop haute. Son discours se veut ferme, mais sa voix n'est pas du tout aussi assurée que son propos.

Ses mimiques

En coaching on appelle ça de l'auto-sabotage : elle termine souvent ses phrases par un sourire. Celui-ci est généralement interprété comme une atténuation du propos. Ce que confirme le fait qu'en même temps elle descend la tonalité.

On peut même y voir un léger syndrôme de la bonne élève, ce qui serait un comble pour une ex directrice de l'ENA

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