Les féminismes aujourd'hui : 1/ essentialisme-universalisme

Avant d'ouvrir ce blog j'étais féministe. Point ! ça me semblait aussi simple que le billet que j'ai publié le 8 mars "proclamez-vous féministe".Mais je ne peux pas ignorer que lorsque j'écris que le féminisme des années 60 n'est plus adapté je me fais sévèrement allumer sur d'autres blogs, je ne peux pas ignorer que chaque fois que j'écris un billet qui parle de féminité il fait plus de 50 commentaires souvent acharnés, je ne peux pas ignorer qu'à l'occasion du 8 mars 2 manifestations se sont déroulées à Paris défendant 2 visions qui semblent ne pas pouvoir coïncider vraiment.feministe.jpg

Je me lance donc dans un projet ambitieux : essayer de faire un tour du féminisme, des courants, des associations en France aujourd'hui.

Comme j'ai conscience de la prétention du projet, j'irai doucement, par petites touches . J'ouvre cette rubrique à celles et ceux qui le désirent, vous pouvez m'envoyer vos contributions par mel. Et je ne doute pas une seconde que toutes mes erreurs ou omissions seront corrigées par les commentaires.

Depuis les années 60 le féminisme est divisé en 2 courants majeurs : le courant essentialiste (ou différentialiste) et le courant universaliste. (pour aujourd'hui je fais simple)

- Le courant universaliste dont la figue de proue serait Simone de Beauvoir, proclame, le droit à l’égalité. Pour les universalistes, la différence biologique ne peut expliquer les différences de comportement et la domination. Toutes les différences sont expliquées culturellement. Par exemple, les jeunes filles s’orientent vers des filières faiblement valorisées alors que leurs résultats scolaires sont meilleurs que les garçons. Pour les universalistes, ce phénomène serait le résultat d’une culture intégrée peu à peu durant l’enfance et l’adolescence de ce que sont les métiers féminins et les métiers masculins. Les luttes des universalistes sont donc plutôt tournées vers le droit, et notamment la parité dans toutes les fonctions, et un changement des mentalités.

A la fin des années 1960 est apparut un courant dit "radical" qui voit en l'oppression des femmes au bénéfice des hommes (ou patriarcat) le fondement du système de pouvoir sur lequel les relations humaines dans la société sont organisées. Le féminisme radical se démarque des mouvements féministes qui visent à l'amélioration de la condition féminine par des aménagements de législation (réformisme) sans mettre en cause le système patriarcal.

- Le courant essentialiste , défendu notamment par Antoinette Fouque, proclame le droit à la différence. Pour ces féministes ( et certaines n'hésitent pas à dire qu'elles ne sont pas féministes, voire qu'elles sont anti féministes), il existerait des spécificités féminines complémentaires des spécificités masculines. Par exemple, les femmes seraient naturellement plus enclines à montrer de l'empathie pour les autres. Ce courant prétend à une utilisation harmonieuse des compétences féminines dans la complémentarité des deux sexes pour le plus grand bien de la société. Ces arguments ont notamment été évoqués lors du débat sur la parité politique. La parité, selon les essentialistes, humaniserait l’action publique car les femmes sont naturellement plus douces et plus proches des réalités quotidiennes alors que les hommes ont une aptitude naturelle à l’abstraction et l’idéologie.

un site de référence : Sisyphe

un article déja écrit il y a 1 an par Christine sur le même sujet (beaucoup plus complet que le mien)

un billet que j'ai honteusement copié en partie (avec leur accord).

Commentaires

1. Le 26/04/2009, 13:35 par Bob

J'approuve Didier, sauf que moi j'apprécie vraiment la politique de Thatcher :p
Et vous Olympe, dans quel camp vous situez-vous ? Je vous placerais bien dans le camp des universalistes, mais ça me semble peu compatible avec vos positions sur la parité en politique par exemple.

2. Le 26/04/2009, 13:40 par Mlle S.

Sartre aurait également dit :

"Je préfère la compagnie des ophtalmos car ils sont plus sérieux que les opticiens".

Mais je ne sais plus ou je l'ai lu...

3. Le 26/04/2009, 14:21 par olympe

Bob, il faudra lire tous les épisodes pour le savoir

Didier Goux, elle fait ce qu'elle veut !

Mlle S, je me doutais que ça vous interesserait

4. Le 26/04/2009, 15:57 par mebahel

Au sujet de la parité:
Il est vrai que les femmes ont une autre expérience de la vie que les hommes (attention je parle en termes des groupes sociaux, qu'on ne me fasse pas de procès d'intention idiot), et que, de ce fait, la parité fait avancer une société: 2 points de vue valent tjs mieux qu'un.
Mais cette expé différente de la vie n'est pas forcément essentielle/naturelle.

LA différence physique est liée strictement à la reproduction: c'est une expé que les hommes ne vivent pas dans leur corps, c'est évident. Il n'y a pas identité entre f et h,et nous (féministes) cherchons l'égalité.
Mais les attributions dichotomisées (chaud/froid/ actif/passif, sec/humide, rose/bleu, douceur/brutalité, etc, et qui peuvent varier selon les cultures), sont hiérarchisées dans un système de valeur qui rabaisse tout ce qui est attribué aux femmes et réhausse tout ce qui est attribué aux hommes.
Et on fait promouvoir cela en parlant de complémentarité des sexes.
(Sauf que dans ce système hiérarchisé, ce n'est plus de la complémentarité mais de l'utilisation de l'un par l'autre.)
Du fait ce cette construction, femmes et hommes ont une expé différente de la vie.
Tant qu'il en sera ainsi, on peut penser la parité comme la conjonction de 2 points de vue, et donc être militant-e-s là dessus.
Une fois tout le système déconstruit, ou bien la parité installée sans que la loi n'ait à s'en mêler, on pourra penser en termes d'individu-e-s indépendamment de leur sexe biologique.
A mon avis, c'est pas gagné.

Alors, je comprends la position des essentialistes, elle *peut* être efficace
- si la population générale arrive à reconnaître comme aussi valables/égales ces différences entre f et h (et c'est pas gagné ça non plus)
- et pour autant qu'elle arrive à se dire qu'il est intéressant d'avoir ces points de vue différents dans les instances hauturières (pas gagné, ter),
=>mais tout cela A CONDITION de ne pas perdre de vue qu'il s'agit d'aller vers l'universalisme cad la prise en compte de chacun-e pour ses compétences, qqe soit son sexe.
Et cela, je l'appellerais plutôt humanisme, voyez.
Et ça n'enlèvera rien au fait que la physiologie de la procréation fera vivre des choses différentes aux f et aux h: il s'agit que ces vécus soient reconnus à égalité de valeur et protégés comme tels.

Arf, je suis féministe utopiste, en fait.

5. Le 26/04/2009, 16:42 par mebahel

Ah, au fait, le post de Christine:
http://aldebaran.eu.org/index.php?2...

6. Le 26/04/2009, 20:19 par olympe

Mebahel, féministe utopiste. ce n'est pas dans les livres ;-) merci pour le lien vers Christine, je sais qu'elle est une spécialiste. et bien plus que moi. mais je n'étais pas remonté jusqu'à ses billets d'il y a 1 an, et google ne me l'a pas trouvé (google doit avoir quelque chose contre les blogs féministes !)

Wildo, j'ai hésité mais j'essaie d'être pédagogique dans mon approche . historiquement le féminisme radical n'est arrivé qu'après, du moins en France (pour ce que j'en sais) et il universaliste. J'ai même failli ne pas en parler dans ce billet mais si j'avais fait ça j'aurais eu une levée de bouclier je pense.
Etant du courant "féminisme respectable" (je suppose que tu sais pourquoi je dis ça) je n'ai pas une connaissance approfondie du féminisme radical, c'est peut être aussi une question de génération. j'ai été "élevée" avec les écrits de S de Beauvoir et A Fouque.

7. Le 26/04/2009, 20:46 par mebahel

Vouais, hélas chuis une catégorie à moi seule... mais je dois être du côté radical, en fait :-)

8. Le 26/04/2009, 20:53 par Romane

Je trouve ta démarche intéressante. C'est vrai qu'il semble exister une flopée de déclinaisons dans le féminisme, chose que j'ignorais et que j'ai découvert au fil de mes surfs sur internet. Ca m'a laissée perplexe au début car j'ai tjs pensé qu'on était féministe... tout court ou pas. Sans adjectif accolé quoi. Et en ce qui me concerne, je me sens féministe tout court. Mais bon, à la lecture de tes définitions et du post chez Christine, il semble bien que je me retrouve dans la première catégorie (universaliste radicale). Enfin, si j'ai bien tout compris.

9. Le 26/04/2009, 21:39 par Floréal

Le "Féminisme de Christine" (dont parle Mehabel), c'est un peu comme celui de Melle S.
Chez la 1ère, je me suis fait traiter de "pétasse" par son galant:
http://aldebaran.eu.org/index.php?2...
Chez la 2ème, un post dérangeant (pas dans sa ligne) supprimé alors qu'il n'était en rien hors sujet.

Ce type de féminisme rejoint celui dont il était question dans cet article:
http://blog.plafonddeverre.fr/post/...
à savoir cela:
http://www.feministespartout.blogsp...

Et là pour moi on sort du féminisme, ce n'est plus du féminisme mais l'usurpation du terme féminisme dans un but politique pro-voile, pro-prostitution, et immigrationniste.

10. Le 26/04/2009, 21:40 par olympe

argh! je savais que ça allait se passer comme ça . mais je l'ai fait pour.

bon j'ai rajouté évidemment le lien vers le billet de Christine et je mets radical en gras. mais je maintiens que ça fait partie de l'axe universaliste.
et je redis que je passerais vos écrits ou que je mettrais un lien vers vos blogs en expliquant si vous en parlez.

Perso, je ne suis pas radicale (alors que j'ai une analyse marxienne de la société), je dirai pourquoi dans d'autres billets . Moi j'aimerais bien qu'on sorte de la dichotomie universaliste/essentialiste. Utopiste comme Mebahel

11. Le 26/04/2009, 23:42 par Suzanne

Une proposition : que dans toute discussion sur le féminisme, on bannisse absolument le nom de Margaret Tatcher. Que le doux nom de Margaret Tatcher soit considéré comme une sorte de point Goldwin, de point TATCHER de la discussion.

Genre "comment ça, les femmes n'aiment pas le pouvoir ? et Marg..... Stooooop !

12. Le 27/04/2009, 08:56 par Gabrielle

merci Olympe pour ce billet intéressant, je suivrai les épisodes suivant (et la discussion des commentaires) avec intérêt.

13. Le 27/04/2009, 08:59 par Floréal

Tout à fait juste, et nécessaire, la mise au point de Valérie.

14. Le 27/04/2009, 10:30 par mebahel

Alors rapidement,
selon Floréal:
"...ce n'est plus du féminisme mais l'usurpation du terme féminisme dans un but politique pro-voile, pro-prostitution..."
Bon alors entendons nous bien: j'ai pas le temps là tout de suite d'aller relire els liens donnés, mais pour moi le féminisme transcende les courant politiques et pourrait en être un à lui seul,
je ne suis pas pro-voile ni pro-prostitution,
le voile comme symbole me gêne terriblement pour toutes les femmes (et les hommes), en tant qu'acte individuel il se respecte,
et côté prostitution je reste abo tant que j'aurais pas trouvé mieux, tout en respectant celles (et ceux, y'en a) qui la pratiquent, que ce soit ou non un vrai choix (mais faudrait s'entendre sur la notion de choix dans un système sexiste tel que le nôtre), en gros.
(et quant à l'immigrationnisme je laisse floréal définir la chose).

Comme Valérie, qui dit "Et je ne vois pas ou Héritier est essentialiste ; c'est une pure constructiviste." , effectivement, j'avais pas trop fait gaffe, mais je ne vois pas vraiment pourquoi elle est catégorisée à cet endroit là.

Et comme Suzanne ". Que le doux nom de Margaret Tatcher soit considéré comme une sorte de point Goldwin, de point TATCHER de la discussion." :-)

Enfin, parti comme c'est, je vais définir mon féminisme comme radical à tendance utopiste.
:-)
Bonne journée.

15. Le 27/04/2009, 12:39 par Floréal

@ Mehabel

Par immigrationnnisme j'entends le courant de pensée de l'extrème-gauche qui consiste à:
- revendiquer systématiquement la régularisation des clandestins
- octroyer la nationalité française à quiconque en fait la demande
- ouvrir les frontières aux non-ressortissants de l'UE

et par immigrationnistes les gens qui ne répondent jamais ce qu'ils feraient des millions de personnes qui ne manqueraient pas de venir quand le chomage est déjà très élevé ici, où ils les logeraient, comment ils les nourriraient, comme par exemple les 2 millions de personnes massées actuellement dans la seule Lybie en attente d'embarquement sur boat-people dont 12 % mourront dans la traversée.

Selon toi ils les attendent comme certains le messie pour faire la révolution le jour du matin du grand soir?

16. Le 27/04/2009, 13:01 par Mlle S.

Je suis assez d'accord avec les propos de Wildo et Valérie... Mais c'est une tâche de toutes façons bien difficile que tu as entrepris Olympe. Ce qui est intéressant finalement, je trouve, c'est cette lutte autour de la définition du féminisme... ça dévoile bien les oppositions, les intérêts divergents et donc peut-être la relative bonne santé de ce champ -optimisme du lundi-.

17. Le 27/04/2009, 13:01 par olympe

Floréal, Mebahel ici on parle de féminisme pas d'immigration. je n'accepterai plus les com qui parleront d'autres choses.

Suzanne, tu as parfaitement raison Tatcher est un point Goldwin

18. Le 27/04/2009, 14:10 par Mlle S.

C'est malin Valérie. J'essaie d'arrêter de me moquer du PS.

19. Le 27/04/2009, 14:18 par Floréal

Ah bon? Vous avez crevé le plafond de verre à la gauche du PS? C'est pas toi S, qui a écrit ce billet:
http://mauvaiseherbe.wordpress.com/...
où tu te plains de "coté couillu" de l'extrème-gauche?

20. Le 27/04/2009, 19:20 par mebahel

Olympe: je n'avais justement pas l'intention d'en parler, je ne me sens pas du tout concernée :-)
Bon, on va pouvoir former un club en bonne santé, entre wildo, miss s, valérie, bibi et qui voudra d'autre :-)

21. Le 27/04/2009, 23:22 par olympe

Floréal, je viens de supprimer ton dernier commentaire . Cette discussion est importante pour moi parceque nous ne sommes pas toutes d'accord, loin de là, et pour qu'elle reste constructive je veille à ce qu'elle ne tourne pas en affrontements personnels.

22. Le 27/04/2009, 23:41 par Floréal

Pas envie de jouer le bouc-émissaire de quelques unes pour le bon fonctionnement de la construction...

23. Le 28/04/2009, 23:10 par olympe

Emelire, c'est bien là que je souhaite en arriver, mais pour l'instant les différences existent et mon avis c'est qu'on fonctionne encore sur des idées d'il y a 40 ans. D'où mes billets suivants

24. Le 29/04/2009, 01:51 par margot

ohé, ça va, Floréal, tu n'as pas besoin de geindre ici au persécuté, en ce qui me concerne je me souviens très bien de ton attitude sur fr.soc.feminisme. Dans le genre emmerdeur réac qui vient tout le temps parasiter des conversations féministes de qualité, tu te poses là, hein.

Olympe, désolée, fais sauter mon post s'il est trop chaispasquoi, mais le Floréal est un cas du genre troll envahissant.

25. Le 29/04/2009, 08:46 par mebahel

Emelire: à force de réflechir sur le pbme, notamment depuis ce post d'Olympe, je me dis pareil: j'ai beau essayer de me caler qqpart, je reste utopiste ;-)
(margot: +1)

26. Le 29/04/2009, 14:32 par RiGeL

wow.

Et moi qui pensais que le féminisme était mort.... J'étais pas loin d'avoir raison.
(STOOOPPPP ! pas la peine de réagir, c'est de la pure provoc.)

en lisant ce billet, et surtout les commentaires qui l'accompagnent, j'ai découvert plein de choses, qui m'ont beaucoup surpris. Du plus loin que je me souvienne, ma mère a toujours été féministe, mon père toujours "inconsciemment macho" (bon, il passe l'aspirateur, il fait la cuisine, mais il traine malgré tout un léger complexe de supériorité que ma mère, malgré ses efforts incessants, n'a pas réussit à "extraire").
Et du plus loin que je me souvienne, ma mère, m'expliquant ce qu'était le féminisme m'a toujours donné la définition suivante : "les hommes et les femmes sont différents, soit, mais ont autant de droits et de valeur l'un que l'autre."
C'est peut-être du lavage de cerveau, mais ca fait un moment, maintenant que j'ai intégré cette idée, et qu'imaginerr le contraire me parait non seulement faux, mais idiot.
ici, j'entend parler de "courants" féministes, d'essentialistes, de constructivistes, de marxistes, d'universalistes, de machintruc-istes et de bidule-istes. et là, je me dis : "ok, ma mère n'avait rien compris, elle vit dans ses rêves, croyant qu'un jour les hommes et les femmes pourront vivre correctement les uns/unes à côté des autres. Et fait, les machos, et les hommes de pouvoir en général n'ont vraiment rien à craindre. Les femmes sont déjà pas capables de se mettre d'accord toutes ensembles sur une idée aussi simple que celle énoncée plus haut, alors d'ici à ce qu'elles arrivent à faire entendre leurs revendications...."
J'ai la désagrable impression que comme beaucoup de causes, le féminisme, idée oh combien juste et séduisante à la base s'est englué dans des débats politiciens à la con, dont tout le monde sait pertinemment que leur principale caractéristique est qu'ils sont totalement stériles.
Ca me navre.

P.S. : juste un petit mot à propos de tatcher (oui, je sais, j'ai pas le droit, mais bon)
Tatcher est l'exemple même de ce que j'appelle l'anti féminisme. Elle a cru que pour avoir le pouvoir, il fallait qu'elle se comporte aussi connement qu'un mec, et comme elle est une femme, elle a cru bon d'en rajouter encore. tout le monde le sait déjà, les femmes sont capables d'être aussi connes que les mecs, voire plus quand elles font des efforts. Mais être féministe, c'est pas forcément devenir aussi connes que les mecs, ça pourrait être aussi tenter de rendre les mecs un peu moins cons...

27. Le 29/04/2009, 15:35 par mebahel

Rigel: que thatcher ait voulu se conformer au comportement viriliste en vigueur dans les milieux de pouvoir ne devrait pas vous étonner: tout un conditionnement pousse à cela.
Ensuite, globalement, les féminismes demandent les mêmes choses, mais pas forcément sur les mêmes bases en effet, comme mouvement disparate, il y a pire.
L'idée que vous exprimez dans votre comm est, en gros, que les nanas sont bonnes qu'à se crêper le chignon, et non pas à réfléchir et assez profondément, ma foi; autrement dit, vous vous placez dans la position typiquement patriarcale qui regarde avec condescendance les agitations des commères.
Vive le conditionnement.

28. Le 29/04/2009, 18:57 par RiGeL

@Mehabel

Lol.
En ce qui concerne tatcher, d'accord à 1000%, elle est effectivement le résultat de son environnement. Et ça m'étonne d'autant moins qu'à l'époque (et actuellement, ca n'a malheureusement pas beaucoup changé), il n'était pas possible de réussir autrement pour une femme dans ce type de milieu.

Pour la suite : Le féminisme n'est pas le pire des mouvements disparates, me dis-tu. Ais-je dit ou insinué le contraire ? Les termes "comme beaucoup de causes" me semblent exclure cette possibilité.
Il se trouve seulement que c'est un sujet qui me parait assez fondamental en soi, pour regretter qu'il soit "pollué" par des détails.

En ce qui concerne l'idée que j'exprime dans ma comm, j'ai peur que nous nous soyons assez mal compris. pourtant, il me semblait avoir laissé assez peu de place à une interprétation biaisée de mes propos. En effet, dans mon billet précédent, je ne cite "les femmes" que dans une citation qui est censée refléter ma pensée primaire, qui est certainement, je te l'accorde, conditionnée par le patriarcat ambiant.
Cependant, accorde moi trois choses :
1) Jusqu'à preuve du contraire, et à moins que je sois une femme (il me semble que je serais au courant, depuis le temps), le féminisme n'est pas l'exclusivité des femmes. Donc, quand on parle de féminisme, on ne parle pas que des femmes, si ?
2) Je dispose d'un minimum d'intelligence (un minimum, soit, mais quand même un tout petit peu) pour que ladite "pensée primaire" soit analysée en une pensée construite. C'est pourquoi, dans l'analyse qui suit ma "pensée primaire", tu ne trouvera plus le terme "les femmes"
3) Ce que je pense, même primairement, ne signifie pas que ça me fait plaisir. En l'occurence, ce serait plutôt l'inverse.

je ne serais donc pas aussi péremptoire que toi, quant à ma "position typiquement patriarcale qui regarde avec condescendance les agitations des commères".

Ceci dit, cela n'engage que moi, et je te laisse totalement libre de rester sur ton opinion.

29. Le 30/04/2009, 00:08 par mebahel

Où ai -je dit que le féminisme ne concernait que les femmes?
Il se trouve que votre comm reflétait une manière de pensée majoritaire que j'ai exprimée telle qu'elle est exprimée.
Et puis, j'arrête là ce faux débat.

30. Le 30/04/2009, 12:08 par jolb56

L’Institut Émilie du Châtelet*

a le plaisir de vous inviter à la prochaine séance de son cycle de
conférences :

*« Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et le genre »*

Cette séance est consacrée à

*ELIANE VIENNOT*

agrégée de Lettres modernes, professeure de littérature de la
Renaissance à l’Université de Saint-Étienne et membre de l'Institut
universitaire de France, présidente de la Société Internationale pour
l'Étude des Femmes de l'Ancien Régime (SIEFAR), vice-présidente de l'IEC.
Militante féministe dès les années 1970, elle a co-animé une
librairie-café de femmes à Paris avant de reprendre des études et de
s’engager dans la carrière universitaire, tout en continuant de
participer activement aux débats contemporains, notamment en faveur de
la parité. Ses recherches l’ont
conduite à renouveler l’approche de la participation des femmes à la vie
politique et culturelle de la période moderne (/Femmes et pouvoirs sous
l’Ancien Régime/, avec Danièle Haase Dubosc, 1991 ; /Royaume de
fémynie/, avec Kathleen Wilson-Chevalier, 1999 ; /Actualité de Jeanne
Flore/, avec Diane Desrosiers-Bonin, 2003). Elle s’est plus
particulièrement intéressée à la dernière fille de Catherine de Médicis,
alias la « reine Margot » (/Marguerite de Valois, Histoire d’une vie,
Histoire d’un mythe/, 1993, traduit en italien), dont elle a édité les
oeuvres complètes (/Correspondanc/e, 1997 ; /Mémoires et autres écrits/,
1998). Elle a favorisé les études sur la longue durée dans plusieurs
volumes collectifs, issus de colloques (/La Démocratie « à la française
», ou les femmes indésirables/, 1993) ou du séminaire « Rapports sociaux
de sexes dans le champ culturel », qu’elle a animé avec Geneviève
Sellier entre 2000 et 2005. Depuis une douzaine d’années, elle se
consacre à une histoire des relations entre /La France, les femmes et le
pouvoir /(/L’invention de la loi salique, 5e-16e siècles/, 2006 ;/ Les
résistances de la société, 17e-18e siècles/, 2008). Elle dirige deux
collections aux Publications de l’Université de Saint-Étienne : « la
cité des dames » et « l’école du genre ».

*Le samedi 9 mai de 14h à 16h*,
Jardin des Plantes, Auditorium de la Grande Galerie de l’évolution
M° Austerlitz, Monge, Censier ou Jussieu
_*Entrée libre et sans inscription, dans la limite des places disponibles*_

Dernière séance de l’année :
** 13 juin* : *Natalie Zemon Davis*, historienne, professeure émérite à
Princeton University, 2e femme Présidente de l’American Historical
Association, pionnière des études sur le genre au Canada et aux
Etats-Unis, co-directrice du 3e volume de l’/Histoire des femmes en
Occident /(G. Duby & M. Perrot, 1991).

Programme complet sur www.mnhn.fr/iec