Vous l'avez peut-être vu, Emmanuel Macron cherche des femmes qui veuillent se présenter aux élections législatives sous sa bannière.

La semaine dernière il a ouvert les candidatures et sollicité la société civile. Hier il a lancé un appel aux femmes car elles ne représentent, pour l'instant que 15% des candidatures, ce qui est vraiment peu. 

Je ne roule pour personne, mais pour la première fois  il semble que ces élections permettront, à condition bien entendu qu'Emmanuel Macron soit élu, de renouveler enfin le personnel politique de ce pays et d'améliorer la représentation féminine. Il insiste sur le renouvellement et la parité et semble déterminé à tenir ce cap. C'est possible pour lui car le mouvement "En marche !" n'a pas d'élus à replacer, de militants dévoués à qui l'on a promis un siège, ni de susceptibilités à ménager. On n'est pas prêtes de retrouver pareille occasion, c'est donc le moment si cela vous dit un tant soit peu de tenter votre chance. GO !

Mais pourquoi si peu de femmes ?

C'est sans surprises ;  les raisons sont connues et Emmanuel Macron en fait lui même l'analyse dans la vidéo.

1/ Les femmes se sentent moins légitimes pour de tels postes qui, dans l'imaginaire collectif sont masculins  (pour connaitre l'imaginaire collectif fermez les yeux et pensez à un député. Vous comprenez en même temps l'importance de la féminisation des titres). Elles imaginent qu'être députée nécessitent des compétences techniques qu'elles n'ont pas. C'est la même raison qui fait que l'Assemblée nationale ne compte que très peu d'ouvriers ou de caissières. Pourtant les femmes sont aujourd'hui plus diplômées que les hommes.

2/ Les femmes ont a coeur de concilier leur vie professionnelle et leur vie privée et rechignent à passer trop de temps loin de leur famille, notamment lorsqu'elles ont des enfants. D'autant plus qu'on ne manquera pas de les culpabiliser sur le fait qu'elles les abandonnent. Ce que personne n'a jamais reproché à un homme. C'était l'un des thèmes majeurs des campagnes anti-suffragettes du 20me siècle et il en reste quelque chose.  (vous pouvez retrouver d'autres affiches sur les suffragettes dans mon pinterest ) . Or une campagne électorale nécessite le sacrifice de ces soirées et week end pendant plusieurs mois, ensuite le job se tient en partie à Paris et nécessite de nombreux déplacements. 

3/ Elles constatent que la politique est un monde violent et n'ont pas envie de prendre des coups, et encore moins d'en donner. D'autant plus qu'elles ont plus à perdre en terme de réputation ou d'image personnelle que les hommes. D'une part elles savent que si leur vie privée est étalée il ne leur sera rien pardonné et que les attaques pourront descendre sous la ceinture, d'autre part, à la différence d'un homme qui gagne en prestige et en séduction lorsqu'il a du pouvoir, les femmes apparaissent dans ce cas comme trop autoritaires et moins féminines. C'était l'autre argument  des  anti-suffragettes. 

Que faire ?

Si Emmanuel Macron  veut davantage de candidatures il a raison de lancer, très tôt, cet appel mais il peut aussi se poser quelques questions sur la façon dont son mouvement accueille les femmes et la place qu'il leur donne dès à présent.

Pour suivre la campagne des présidentielles je me suis abonnée aux pages facebook de plusieurs candidats ainsi qu'à leurs newsletters. Pour ce mouvement j'ai donc reçu des informations et des invitations à plusieurs réunions ou meeting. voici ce que j'ai pu observer.

1/ Les réunions à 19H30 c'est no way pour toutes les mères de famille. C'est l'heure de pointe , celle où tout se télescope. Il est donc important de réfléchir aux dates et heures des réunions. 

2/j'ai compris qu'une équipe de campagne avait été désignée dans mon secteur. Elle est composée de 3 hommes, alors que la photo de la réunion montre qu'il y avait des femmes présentent. Je veux bien supposer qu'elles n'étaient pas candidates, mais pourquoi ? (la réponse est ci-dessus). Il n'y a pas de mystère, le plafond de verre est en réalité un escalier glissant et si on ne veille pas à ce que la parité soit respectée à tous les niveaux il est bien évident qu'on ne retrouvera que des hommes au sommet. 

3/ sur le site national il y a la photo de 11 délégués dont je ne connais pas le rôle mais qui semblent importants. 5 femmes, 6 hommes disons que c'est paritaire, mais on a l'impression qu'il y a une hiérarchie puisque le classement n'est pas fait par ordre alphabétique. Je ne pense pas que ce soit un hasard si ce sont 2 hommes qui semblent préeminer .  Les autres femmes sont dans la ligne du bas.

4/ Enfin, il est prévu que les candidatures aux législatives seront examinées par une commission nationale en charge des investitures composée de 9 membres. Je n'ai pas trouvé la composition de cette commission qui n'est peut-être pas encore constituée. Il va de soi qu'elle devra être paritaire (oui, je sais 9 est un chiffre impair).