Qui va garder les enfants ?

La crise que nous vivons va révéler beaucoup de nos disfonctionnement. Entre autres le fait que certaines des tâches les plus essentielles d'une société moderne sont bien davantage exécutées par  les femmes. 

2 décisions vont se téléscoper.

D'une part les parents qui n'ont pas de solution de garde pour leurs enfants alors que l'école est fermée pourront utiliser un dispositif d'absence exceptionnel : un seul des 2 parents, ce qui est logique. Mais il y a fort à parier que ce sont plus souvent des femmes qui vont utiliser ce dispositif. Ce sera déja le cas pour les familles monoparentales, mais les autres jongleront entre les calculs économiques, comme pour un congé parental il est préférable pour ne pas diminuer trop le niveau de vie de la famille que ce soit celui, ou celle qui gagne le moins qui s'arrête et les contraintes professionnelles. Or on sait que les employeurs comprennent plus facilement qu'une femme s'absente pour raisons familiales. 

Par ailleurs le fait de considérer que les parents qui travaillent à la maison pourront facilement s'occuper de leurs enfants démontre une réelle méconnaissance de ce que signifie s'occuper d'enfants. A partir d'un certain âge on peut espérer des moments de calmes, mais si on veut limiter les écrans et les aider à suivre leurs cours à distance où à faire leurs devoirs ce ne 'est pas compatible avec une activité professionnelle. Si ils sont très jeunes c'est impossible. Mais comme chacun sait le travail domestique est gratuit et tout ce qui est gratuit n'a pas de valeur dans un bilan comptable.

Mais dans le même temps on demande à tous les personnels soignants de se mobiliser car nous avons tous extrêmement besoin d'eux.  Le revirement de notre Président à cet égard serait savoureux si la situation n'était pas aussi grave. Après les avoir été autant maltraités depuis des années voilà qu'il s'aperçoit que notre Etat-Providence a quelqu'interêt

Or le personnel soignant est très féminisé. 

72,9% de femmes parmi les professionnels de santé

Le chiffre est celui de la DRESS, il  date de 2005 car je n'en ai pas trouvé de plus récent. De toute façon il n'a certainement pas évolué vers davantage de parité.

On peut voir sur le tableau ci-dessous qu'il n'y a que parmi les médecins, dentistes, opticiens, masseurs et audioprothesistes qu'elles n'étaient pas largement majoritaires. Et pour ce qui est des médecins leur part a considérablement augmentée.

C'est aussi le cas de tout ce qui concerne la santé ou les activités de soins aux personnes agées. Dans les EPHAD le personnel est massivement féminin, les rares hommes se trouvent dans les fonctions administratives, et notamment de direction ou sont médecins, quelquefois infirmiers. Les soins quotidiens sont assurés par des femmes. Il faut dire que les résidents sont aussi très majoritairement des femmes. C'est également le cas des assistantes ménagères ou assistantes de vie qui aident les personnes à domicile.

A la guerre comme à la guerre

Les femmes ne pourront pas être au four et au moulin et  on peut espérer que les conjoints de toutes ces professionnelles vont naturellement prendre leur place, toute leur place, à la maison. Et s'apercevoir qu'ils y arrivent très bien. Un peu comme les femmes ont investi tous les secteurs de l'économie pendant la 1ere guerre mondiale.