Olympe et le plafond de verre - blogueuse féministe

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Tag - Bilbliographie

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mercredi 24 février 2010

Pour en finir avec les clichés

PRÉLIMINAIRES

Un, deux, trois…quatre, partez !

Indispensables chez la femme, superflus chez l’homme.

L’homme est prêt à entrer illico dans le vif du sujet. La femme, elle, a besoin d’une sérieuse séance d’échauffement. Mystère de l’amour ? Non réalité du terrain. Vaste, le terrain. La vie de l’homme est un préliminaire permanent. Il se promène dans la rue ? Sur une affiche 4x3 mètres ou sur un plus modeste abribus une femme presque nue l’invite à la bagatelle. Il passe devant un cinéma ou un kiosque à journaux ? La même ou une de ses copines lui fait un clin d’oeil. Il se rend à un rendez-vous chez un client ? Une jolie hôtesse l’accueille avec un charmant sourire ou/et la secrétaire du client lui apporte le café avec le même sourire copieusement dessiné au rouge à lèvres. Il fait un tour au salon de l’automobile ? Un aréopage de poupées Barbie affole ses sens. Il va en soirée ou se promène dans la rue quand il fait chaud ? Un tourbillon de décolletés et de minijupes le met dans un état second. Résultat : à toute heure du jour ou de la nuit il est chaud bouillant, prêt à passer à l’action dans les plus brefs délais.

Pour les femmes, l’appel de la chair est beaucoup plus sourd.Inaudible.
Point d’affiches de mâles offerts, nul hôte d’accueil susurrant un « je vais prévenir madame la directrice » qui à lui seul excite l’imagination. Cachée sous un costume gris, la sensualité d’une épaule musclée échappe au regard des femmes, les appétissantes fesses rebondies d’un sportif se dérobent sous le jean. Dans la rue, à la belle saison point de Ken, muscles saillants moulés dans un tee-shirt. L’homme donne le maximum de son sex-appeal dans un bermuda ample surmonté d’une chemise ample avec ici ou là quelques poils en bataille. Il faut aller du côté de chez les homos pour voir des corps qui appellent le sexe… Mais ils ne s’adressent pas aux femmes. Summum de la domination masculine. La rue n’est pas libido’s friendly pour les femmes. Alors dans l’intimité, il faut prévoir un tour de chauffe.

C'est l'une des définitions du Dictionnaire iconoclaste du féminin.

Vous saurez également ce que cachent des termes aussi anodins que  "Fesses" , "Colère" ou "Casseroles "(et vous savez qu'elles y passent toutes !).

Annie Battle, Isabelle Germain et Jeanne Tardieu débusquent à travers leurs définitions, et avec beaucoup d'humour même si quelquefois on rit plutôt jaune,  les lieux communs et les stéréotypes véhiculés par le langage.



Un dernier pour la route parceque je ne m'en lasse pas :

CASSANDRE

Apollon furieux que Cassandre ait repoussé ses avances lui fit un don perfide : elle verrait l'avenir et ne serait jamais crue...Elle demande donc en pure perte à Paris de ne pas aller à Troie. C'est en vain qu'elle alerte ses concitoyens sur les dangers du Cheval offert par les Troyens.
Les Dieux de l'Olympe et les Grecs en étaient déjà convaincus : quoi qu'elles disent, les femmes n'ont aucune crédibilité.

dimanche 21 février 2010

Des livres labellisés sans sexisme

Le réseau Lab-elle a décerné ses prix jury adultes.

Le label concerne les al­bums illus­trés, qui ra­content une his­toire, des­ti­nés aux en­fants de 0 à 10 ans.

Ce sont des ou­vrages dans les­quels l’image se trouve spa­tia­le­ment prépon­dérante par rap­port au texte, qui peut d’ailleurs en être ab­sent. La nar­ra­tion se réa­lise de ma­nière ar­ti­cu­lée entre texte et images. Tant le texte que les images peuvent être des vec­teurs de re­présen­ta­tions stéréo­ty­pés.

250 livres ont d'ores et déja été labellisés.

mardi 10 novembre 2009

La domination masculine

J'ai assisté lundi à une projection en avant première de La Domination masculine, film qui sortira en salle le 25 novembre.  J'étais avec Trublyonne et Luciamel et bien contente de pouvoir échanger avec elles à la sortie, parceque troublée. 

Comment dire ?...Tout d'abord, je me suis ennuyée, commençant à jeter des coups d'œil à ma montre au bout d'1H, mais surtout j'ai senti monter en moi  au fur et à mesure de l'avancée du film un fort sentiment de malaise.

Qu'un film grand public (UGC a participé à son financement) expose au grand jour la domination masculine voila pourtant qui ne pouvait que me réjouir.

Qu'on y montre que les femmes attendent encore un homme fort et protecteur , que les livres d'enfants font la part belle aux stéréotypes (même si les livres choisis étaient déjà anciens pour la plupart comme j'ai pu le vérifier dans le générique de fin), que les mannequins des magazines sont toutes photoshopées et ont des mensurations tout simplement improbables, qu'il n'y a que peu de femmes au Parlement, que les jouets sont sexistes etc....  je dis bravo.

Qu'on y montre que la violence est le quotidien de nombreuses femmes et que certaines en meurent , qu'on montre toute l'horreur de ces situations je dis bravo même si je ne suis pas certaine qu'il fût utile de montrer tous ces bleus et blessures en gros plan.

Qu'on donne la parole à des féministes québécoises qui expriment leurs inquiétudes quant à l'avenir en constatant non pas une évolution positive mais une régression dans la situation des femmes, ça change du discours ambiant et c'est très bien.

Mais qu'on y entendent pendant de longues minutes les exposés détaillés de ce que pensent les masculinistes Québécois je m'interroge. Leurs propos sont caricaturaux comparant par exemple le féminisme au fascisme, au nazisme ou au stalinisme (et d'ailleurs à plusieurs reprises la salle a ri à les entendre) mais si ce mouvement à l'air actif outre atlantique, il est quasi inexistant en France. Quel intérêt d'en parler sinon de susciter de l'indignation à bon compte ? Du coup on ne sait pas ce que pensent les autres hommes du féminisme ni des femmes.

Qu'on se scandalise du fait que certains au Québec cherchent à faire un héros d'un fou qui a assassiné en 1989 14 femmes à l'école polytechnique au seul motif qu'il haïssait les féministes, je comprends , mais il ne me semble pas pertinent de vouloir faire de ces femmes des martyres du féminisme. Comme dirait Elisabeth Badinter : "Fausse route".

Au final ce qui m'a vraiment dérangée dans ce film c'est l'image qu'il donne des hommes. Ils apparaissent comme de grands enfants surtout préoccupés par la taille de leur sexe (ou de leur voiture c'est pareil) lorgnant le corps des femmes en buvant de la bière (ou du champagne au salon de l'auto) après s'être approprié le pouvoir et les beaux rôles.

Le fil rouge du film est un tableau sur lequel sont apposées, toujours plus nombreuses, des images phalliques : images de sexes, mais aussi d'objets oblongs, de tours dressés.... Jusqu'à la nausée. Une stigmatisation facile des mâles, qui manque de profondeur et d'analyse sur la façon dont fonctionnent les rapports sociaux hommes/femmes et les moyens de changer.

Ce n'est pas ainsi que je perçois les hommes et ce n'est pas ainsi que j'ai envie d'être féministe.

Pierre Bourdieu, éminent sociologue avait écrit en 1998 un livre intitulé "la domination masculine" dans lequel il analyse les ressorts de cette domination, j'ai lu sur le site officiel du film que le titre n'est pas une référence à Bourdieu. Effectivement on en est vraiment loin.

Un débat a suivi la projection du film, très intéressant, j'en reparlerai.

jeudi 22 octobre 2009

Le choeur des femmes

J'ai lu, et même dévoré, en 4 nuits ce gros livre de 600 pages.

En 2 mots : Jean (prononcer Djin) Atwood, interne au CHU de Tourmens, doit rester 6 mois en stage dans une minuscule unité de "médecine de la femme" dirigée par un médecin qui semble passer plus de temps à écouter ses patientes qu'à pratiquer la médecine.

L'intrigue est un peu cousue de fils blancs mais si la fin est sans surprise elle arrive après une série de rebondissements tout à fait inattendus et le suspens est total .

Outre le fait que ce soit un  très bon roman , on y trouve des explications précises sur ce que doit être ou devrait être un examen gynécologique, sur la contraception et de nombreuses questions que se posent les femmes.

Il s'agit d'un livre (très) militant.

L'une des thèses en est que les médecins n'écoutent jamais assez les femmes et se contentent de leurs prescrire médicaments ou interventions sans faire l'effort de comprendre ce que cache par exemple une phrase aussi banale que "Docteur je ne supporte plus ma pilule".

Au final j'ai été agacée de cette description des femmes comme des êtres de souffrances, faibles et soumises aux médecins qui détiennent la science et le pouvoir. Il y a dans cette multiplications de femmes victimes (de leurs conjoints, de leurs parents, des médecins...) un discours que je trouve trop politiquement correct et pas tout à fait juste. 

Et comme j'ai justement rencontré le mien (de gynéco) hier soir, je lui ai parlé de ce livre, qu'il ne connaissait pas. Après m'avoir écoutée il me demande "et vous, vous avez l'impression que je n'écoute pas ?", "ben non sinon je changerais de médecin" que je lui réponds ( et c'est la vérité, ça fait 15 ans que je n'ai pas changé). "Parceque justement, me dit-il, ce qui m'intéresse le plus dans mon métier c'est d'écouter ce que disent les patientes, vous n'imaginez pas ce que je peux entendre". Je le crois, surtout après avoir lu Martin Winckler. Bref, il va lire le bouquin.

Le second plaidoyer  concerne les personnes intersexuées, celles qui naissent avec des attributs sexuels indéterminés ou les attributs des 2 sexes. On incitait jusqu'à une date récente les parents à faire opérer leur bébé le plus tôt possible pour lui assigner un sexe. Il est clair aujourd'hui que les choses ne sont pas si simples et qu'il faut laisser à ces personnes le droit de choisir... ou de ne pas choisir leur sexe. Le livre est carrément pédagogique sur le sujet.

dimanche 13 septembre 2009

11 nouveaux livres labellisés LAB-ELLE

Rappel des critères Lab-elle :

filles dans des rôles ac­tifs, vo­lon­taires et va­lo­ri­sés
- gar­çons dans des rôles, ac­ti­vi­tés, sen­ti­ments ha­bi­tuel­le­ment at­tri­bués à l’uni­vers fémi­nin
- femmes dans des rôles de mères non stéréo­ty­pés ou des rôles pro­fes­sion­nels di­ver­si­fiés
- hommes dans des rôles, ac­ti­vi­tés, sen­ti­ments ha­bi­tuel­le­ment dévo­lus à l’uni­vers fémi­nin ou as­so­ciés à un réel par­tage des tâches entre les sexes

La liste est ici

EtPourquoi.jpgLesAmantsPapillons.jpgLesCheveuxDeLeontine.jpg

jeudi 3 septembre 2009

Ce n'est pas VDM mais vous pouvez témoigner du sexisme ordinaire

"Centre hospitalo-universitaire en région parisienne

Je connais mon métier par cœur. Vingt-cinq ans de salle d’opération, qui dit mieux ? En tant qu’infirmière de bloc opératoire circulante, je suis garante du bon fonctionnement de l’intervention et j’ai pensé hier que c’était le moment d’associer une jeune étudiante infirmière de première année qui est là depuis trois semaines et qui apprend à la vitesse grand V.

Pourtant quand le patron est arrivé, il s’est mis à hurler : « Tu es irresponsable ! Pourquoi cette fille ? C’est une petite opération, mais quand même ! » Et j’ai vu la jeune fille se liquéfier sur place, morte de honte d’être là où on ne l’attendait pas, morte de honte d’être rejetée ainsi avec fracas. « Mais, monsieur, ai-je tenté de répliquer, vous acceptez bien des internes qui ont trois jours de présence dans le service. Peut-être, mais ce sont des médecins.»

Je me suis sentie profondément humiliée. Je sais ce que je fais et la présence de cette jeune infirmière n’aurait en rien menacé le bon déroulement de l’opération. Jamais il n’aurait ainsi mis en doute le professionnalisme d’un infirmier.

C’est quand même un bon médecin. Peut-être doit-il évacuer son stress de cette façon ? Et puis après, il se rattrape. En sortant du bloc, il m’a dit : « Alors, ma grand-mère, comment vas-tu ? » et il a mis ses mains sur mes deux seins, en les pinçant gentiment. C’est comme pour Sylvie à qui il a demandé si elle avait ses règles quand elle tirait la gueule..... lire la suite

Brigitte Gresy vient de publier un "Petit traité contre sexisme" et elle va plus loin en invitant chacun-e à réagir et témoigner sur son site au sujet des lieux communs du sexisme ordinaire, tellement banals qu'on n'y prête pas toujours attention.

mardi 30 juin 2009

De la lecture pour vos vacances

Dans vos valises, n'oubliez pas

le numéro spécial été de Vendredi ( dépéchez vous de l'acheter avant qu'il n'y en ait plus dans les kiosques). Un regard différent sur l'actualité des 6 derniers mois.

Avec en prime la photo de mon oeil gauche en page 10

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le désormais classique "Si elles avaient le pouvoir..." d'Isabelle Germain. Une synthèse sur les avancées réelles et (surtout) supposées des femmes en France aujourd'hui.

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dimanche 25 janvier 2009

Le livre que vous devez mettre dans votre sac à main

Vous aimez mon blog ? vous allez adorer le livre d'Isabelle Germain : Si elles avaient le pouvoir...siellesavaientlepouvoir_1.JPG

Les thèmes sont ceux que je dénonce ici à longueur de billets, mais Isabelle Germain (qui anime le blog "du rose dans le gris") présente les choses de façon beaucoup plus complète et rigoureuse.

Elle fait le point sur la place des femmes dans les hautes sphères des médias, de la politique, des entreprises, des universités. Elles y sont partout très minoritaires, ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre. Elle cite de nombreux exemples et donne des chiffres indiscutables.

Mais elle ne fait pas que cela, elle constate que les règles du pouvoir ont été édictées par les hommes. Un exemple ? dévouement aux chefs et présentéisme étant les premiers critères de réussite il est temps de changer ces règles pour les recentrer sur la compétence.

Elle démonte aussi certains des mécanismes qui font que les femmes, au lieu d'essayer de conquérir le monde comme on appris à le faire les garçons, attendent le prince charmant, puis l'homme, puis la promotion au lieu de revendiquer leur juste place.

Elle en conclut que, du coup, le champ du pouvoir est limité aux centres d'intérêts des hommes. "Seul le versant masculin de la vie de la cité est valorisé : la guerre économique, la politique internationale, la politique politicienne. Le versant laissé aux femmes reste dans l'ombre. Tout ce qui relève de la solidarité, de la famille, de la santé fait en général l'objet de petits ministères avec peu de moyens". Même chose dans les médias où ce sont les hommes qui disent aux femmes ce qu'elles doivent penser.

Un petit livre à garder sur soi pour que la prochaine fois que vous entendrez dire " de quoi tu te plains, vous avez l'égalité" vous puissiez asséner à vos interlocuteurs quelques vérités qui devraient les faire réfléchir. (Message perso : Manu il va falloir que tu changes de sac les tiens sont trop petits)

Vous pouvez aussi lire l'interview d'Isabelle Germain par Corinne.


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  • RAPPEL : que se passe-t-il près de chez vus le 8 mars ?

jeudi 16 octobre 2008

a qui faisons nous confiance ?

je suis assez fan de la collection "petites expériences de psychologie" alors bien sûr j'ai lu le livre "pour mieux comprendre l'autre sexe".

A ne pas prendre au 1er degré car aucune expérience de psychologie ne pourra jamais rendre compte de toute la complexité de l'humain. Il n'est pas rare d'ailleurs que 2 expériences qui semblent identiques aboutissent à des résultats différents. Cela parce que des paramètres n'ont pas été suffisamment maitrisés : ce peut-être le sourire du chercheur, la chaleur du lieu, un énoncé de consigne légèrement différent... Et puis bien sûr il ne s'agit que de statistiques. On montre que les réactions des hommes et des femmes différent mais cela ne signifie jamais que tous les hommes font ainsi et toutes les femmes autrement.

Mais ça permet de réfléchir.510Fz_2B8BobL__SL160_.jpg

Un exemple : la différence dans la confiance attribuée aux étrangers,

d'où il ressort que les hommes ont tendance à faire confiance aux personnes qui font partie de leur groupe, ( les hommes, les supporters de l'OM, les compatriotes lorsque on les rencontre à l'étranger) ce groupe peut-être très large alors que les femmes feront confiance à un étranger si celui-ci a un lien personnel avec quelqu'un qu'elles connaissent comme l'ami d'un ami.

On ne retrouve pas ces mêmes comportements dans toutes les cultures. Les hommes japonais par exemple réagissent sur ce point comme les femmes.

samedi 4 octobre 2008

Cadeau

dans mon panthéon personnel, Pierre Bourdieu arrive juste après Simone de Beauvoir.


"Valeurs" féminines : Nature ou produit ? ( Bourdieu )

si c'est trop long à charger vous pouvez aller directement sur youtube

a retenir : "le dominant est dominé par sa domination",

à méditer : les valeurs féminines sont-elles le produit de la domination ?