Olympe et le plafond de verre

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Tag - conciliation vie privé-vie prof

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dimanche 24 juillet 2011

Travailler plus pour gagner plus ou comment creuser les inégalités hommes/femmes

Recyclage de billet (oui je sais je ne parle que de temps de travail, c'est normal c'est les vacances). celui-ci est déja paru en septembre 2010

L'AFP a publié il y a 2 jours un communiqué dont le titre est sans équivoque "Travailler plus pour gagner plus : les hommes en ont davantage profité" 

En 2008, première année pleine pour cette mesure, le salaire mensuel moyen net des hommes occupant un poste à temps complet a progressé plus vite qu'en brut (+0,9% à 2.219 euros nets contre +0,8% à 2.945 euros bruts).

On n'observe pas cet effet pour les femmes (+0,5% à 1.795 euros nets et +0,5% à 2.401 euros bruts).

Un excellent exemple de ce que produisent des lois qui ne prennent pas en compte les réalités de la vie. On sait que ce sont les femmes qui bénéficient du travail à temps partiel ou qui y sont contraintes, on sait que ce sont elles qui assument 80% des taches ménagères. 

Dans ces conditions il était prévisible que ce seraient les hommes qui bénéficieraient des heures supplémentaires, ou y seraient contraints.

Et l'inégalité créee n'est pas seulement dans le différentiel de salaires qui se creuse, il est aussi dans l'image qui se conforte :" les hommes sont plus disponibles, en cas de besoin on peut faire appel à eux."

Et à qui pensera plus facilement l'employeur pour la prochaine promotion ? Encore quelques points de salaire différentiel !

Il serait vraiment temps que nos politiques publiques se préoccupent des personnes dans leur globalité, en tenant compte de tous les temps de vie et qu'avant de voter une loi le Parlement se penche sur ses effets secondaires. 

source synthèse hebdomadaire du service droits des femmes qui est une mine d'informations

image

mercredi 20 juillet 2011

Qui peut travailler plus ?

Recyclage de billet. Celui-ci est déja paru en janvier 2011

Remercions Manuel VALLS d'avoir relancé le débat sur les 35H car on ne peut pas dire qu'en 2007 le PS en ai fait un cheval de bataille.

Mes camarades blogueurs ont écrit une foultitudes de billets, recensés ici.

Mais il est un point qui a encore été peu abordé : toute augmentation du temps de travail creuse les inégalités hommes/femmes.

2 raisons essentielles à cela :

- les femmes attachent plus d'importance que les hommes à la conciliation vie privée/vie familiale et sont donc plus attentives aux heures qu'elles font et à l'organisation de leur temps.

- 83% des salariés à temps partiel sont des femmes et parmi elles 1/3 ne l'ont pas choisi. Voici la façon dont se fait la répartition en 2008 selon l'INSEE.

Faut il rappeler une fois de plus qu'elles assument 80% des taches domestiques ? En augmentant le temps de travail il y a fort à parier qu'on incitera encore davantage les femmes à se mettre à temps partiel (ou du moins à ne pas augmenter le temps de travail) et on désincitera dans la foulée les hommes à s'impliquer plus dans ces tâches domestiques.

Quelqu'un souhaite-t-il cela ?

L'INSEE a récemment démontré que les hommes ont davantage été concernés par le  "Travailler plus pour gagner plus " et les possibilités de faire des heures supplémentaires.

Résultat :

"En 2008, première année pleine pour cette mesure, le salaire mensuel moyen net des hommes occupant un poste à temps complet a progressé plus vite qu'en brut (+0,9% à 2.219 euros nets contre +0,8% à 2.945 euros bruts). 

On n'observe pas cet effet pour les femmes (+0,5% à 1.795 euros nets et +0,5% à 2.401 euros bruts)."

Un excellent exemple de ce que produisent des lois qui ne prennent pas en compte les réalités de la vie.

Mais le pire est peut être dans le fait que l'inégalité n'est pas seulement dans le différentiel de salaires qui se creuse, elle est aussi dans la confortation de l'image des uns et des autres au travail : "les hommes sont plus disponibles, en cas de besoin on peut faire appel à eux".

Et voila l'un des constituant du plafond de verre largement conforté.


jeudi 9 juin 2011

Rapport Brigitte Gresy parentalite 2

suite de 1

PROPOSITION 2 : suivre les propositions formulées par le Haut-conseil de la famille en matière de modes d’accueil des enfants et d’accompagnement vers la formation et l’emploi des bénéficiaires du complément de libre choix d’activité 

Il s'agit 

- d’améliorer significativement l’offre de modes d’accueil (200 000 places d’ici 2012, sous forme « d’une création nette, qui ne serait pas annulée par la réduction de la préscolarisation des enfants de moins de trois ans)

- d’apporter un accompagnement renforcé pour aider à la reprise d'un emploi notamment en terme de formation, 

PROPOSITION 3 : raccourcir le complément de libre choix à un an, en le rémunérant à 60;% du salaire antérieur et en isolant, au sein de cette période, deux mois non transmissibles pour l’autre parent

C'est à dire

- Réduction à un an du congé parental,  pour les enfants de rang 2 avec maintien d’une durée de 6 mois pour les enfants de rang 1 

- Augmentation de la rémunération avec une indemnisation fixée à 60 % du salaire antérieur brut   

- Création d’une période non transmissible de deux mois pour le membre du couple qui n’aurait pas pris la totalité de la durée restante, intégrée au sein de la durée du CLCA ramenée à un an.

Il s'agit d'une part d'éviter que les femmes s'arrêtent trop longtemps ce qui au dire des spécialistes a un impact défavorable sur l’ensemble de leur trajectoire professionnelle : impact en termes de rémunération, d’avancement et de retraite et fragilisation en cas de séparation ou de  veuvage.

et de favoriser une meilleure implication des pères puisque les 2 mois de congés sont perdus si ils ne les prennent pas (cela vaut également pour la mère au cas où le congé principal serait pris par le père mais c'est une configuration beaucoup plus rare)

PROPOSITION 4 : maintenir l’entièreté de la période d’un an pour les parents isolés 

PROPOSITION 5 : maintenir le ratio actuel de rémunération du CLCA à taux partiel et la possibilité de cumuler deux temps partiels pour le père et la mère, y compris pendant les deux mois non transmissibles


à suivre 

image, si vous avez envie d'un portrait de votre famille

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mercredi 8 juin 2011

Rapport Brigitte Grésy : parentalite 1

On l'attendait (en tout cas moi) avec impatience, le nouveau rapport de Brigitte Grésy sur l'égal accès  des femmes et des hommes  aux responsabilités professionnelles  et familiales dans le monde du travail .

Il a été remis hier à la ministre et j'espère avoir le temps d'en faire une analyse approfondie tant je trouve que Brigitte Grésy pose toujours avec justesse les bonnes questions.

Je m'attendais aujourd'hui à en entendre parler partout. Pas du tout, les médias préfèrent ergoter sur le machisme des hommes politiques, c'est toujours plus facile que de parler du leur. 

Brigitte Grésy a distingué 3 temps de parentalité

- le temps court, dans les mois qui suivent la naissance de l'enfant

- le temps quotidien, celui de l'organisation au jour le jour 

- le temps long celui de la conciliation entre la vie privée et la carrière 

Sa 1ere proposition (celle que tout le monde attendait)  : créer, en plus d’un congé de maternité de 12 semaines, un congé d’accueil de l’enfant de 8 semaines, à partager également entre les deux parents (donc 4 semaines chacun), non transférables, devant être pris à la suite  du congé de maternité, avec un bonus d’une semaine, en cas de prise intégrale de son congé par le père, à prendre indifféremment entre les deux parents jusqu’au un an de l’enfant 

Le dispositif serait le suivant :

- Maintien d'un congé de maternité spécifique pour la mère, de 12 semaines dont huit semaines obligatoires comme dans le droit actuel ; 

- Créer un congé d’accueil de l’enfant de huit semaines, à partager à égalité avec le père, soit, pour le père, la possibilité de bénéficier d’un congé plus long de deux semaines par rapport aux 11 jours calendaires actuels et aux trois jours d’autorisation spéciale d’absence financés par l’entreprise. Ces deux mois de congé d’accueil de l’enfant, soit un mois pour le père et un mois pour la mère, répondent aux caractéristiques suivantes :  

-  ils sont non transférables d’un parent à l’autre (si l’un des parents ne prend pas sa période réservée, elle est perdue pour l’autre parent) ;  

- ils sont pris immédiatement après le congé de maternité. 

- création d'un bonus d’une semaine à prendre indifféremment par l’un ou l’autre parent, si le père a pris entièrement son mois du père. Ce bonus peut  être pris jusqu’au premier anniversaire de l’enfant et peut être fractionné sous forme de demi-journées

Au final un tel système aboutirait à 

-  maintenir le congé de  maternité  pour la mère à 16 semaines ; 

- une durée d’un mois pour le père, 

et donc  un accueil de l’enfant sur 21 semaines si l’on compte la semaine de bonus, soit  trois semaines de plus que dans le système actuel.

La suite et les autres propositions aux prochains numéros....

jeudi 21 octobre 2010

Le temps partiel selon les sénateurs

Voici un échange du 18 octobre au Sénat et qui depuis fait couler un peu d'encre. Il concerne un amendement qui visait à élargir la pénalité prévue pour les entreprises qui n'auraient pas d'accord sur l'égalité professionnelle aux petites entreprises alors que la loi ne la prévoit que celles qui ont  plus de 50 salariés.

Rappelons que M Longuet est ce Sénateur qui avait déclaré sans rire à La Barbe qu'il n'avait rien contre les femmes ayant une épouse, une mère, 4 filles et même "quand j'ai un chien c'est une chienne"

Je vous le mets en quasi intégralité et je ne vais pas en rajouter le débat étant soutenu mais pour ne pas vous laisser emmêler les idées voici la façon dont se répartit le travail en temps partiel en 2008  selon l'INSEE.

______________________________________________

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Éric Woerth, ministre. Défavorable.M. le président. La parole est à M. Gérard Longuet, pour explication de vote.

M. Gérard Longuet.(UMP) À cet instant, je voudrais expliquer la raison pour laquelle je soutiens le projet gouvernemental et je combats votre amendement, madame David.

J’interviendrai non pour disposer qu’un quelconque alibi que pourrait m’assurer en toutes circonstances la publication de mes propos au Journal officiel (Sourires.), mais simplement pour rappeler des évidences manifestes.

Madame David, à de nombreuses reprises tout au long de ce débat concernant la situation des femmes, vous avez affirmé que ces dernières subissaient le travail à temps partiel. Sur le plan mathématique, il est vrai que les femmes salariées sont plus nombreuses que les hommes à occuper des activités à temps partiel.

À ce sujet, vous avez à votre disposition un rapport très intéressant de l’Assemblée des communautés de France, l’AdcF, qui, à l’occasion de son congrès sur l’action sociale intercommunale, traite des raisons pour lesquelles les femmes choisissent le travail à temps partiel. Or, d’après cette étude de l’INED et de l’INSEE de 2005, 61 % des femmes qui travaillent à temps partiel le font pour convenance personnelle et familiale. Il s’agit donc pour ces dernières d’un choix volontaire, parfaitement assumé et responsable.

Par ailleurs, 13 % des femmes travaillant à temps partiel choisissent ce type de contrat parce que ce sont des métiers qui ne peuvent s’exercer qu’à temps partiel. Je prendrai un exemple simple : le transport scolaire dans nos départements est souvent assumé par des transporteurs qui travaillent le matin et le soir, donc à temps partiel, et ce sont aujourd’hui, dans la majorité des cas, des femmes. Elles apportent d’ailleurs une sécurité et un sérieux qui rassurent et les parents et les élèves.

Enfin, 17 % des femmes exercent une activité à temps partiel parce qu’elles n’ont pas trouvé autre chose lors de leur recherche d’un travail.

Mme Annie David.(groupe communiste républicain et citoyen) Comment se fait-il que les hommes trouvent des activités à temps plein et pas les femmes ?

M. Gérard Longuet. Environ 16 % des salariés français travaillent à temps partiel. Ce cas de figure est donc très largement accepté par la population ; il est voulu.

Au lieu de se lamenter sur une telle modalité de travail, il me semblerait plus opportun de réfléchir à la façon dont le travail à temps partiel pourrait être utilisé pour mieux organiser l’activité des hommes et des femmes aux différents âges de la vie et pour permettre un épanouissement personnel et familial.

Tels sont les chiffres dont je voulais vous faire part. Quitte à rester en séance, autant apporter des contributions utiles ! (Applaudissements sur les travées de lUMP.)

(...)

Mme Annie David.(groupe communiste républicain et citoyen) Monsieur le président, je me dois de réagir aux propos de M. Longuet en apportant une vision différente de la sienne.

Monsieur Longuet, vous nous dites que les temps partiels seraient choisis, par exemple pour convenance personnelle et familiale.

Mme Lucienne Malovry.(UMP) Cela arrive !

Mme Annie David. Évidemment, cela arrive ! Bien sûr !

M. Gérard Longuet. Dans les deux tiers des cas !

Mme Annie David. Et nous nous réjouissons que des femmes puissent le faire ! Mais pourquoi les hommes ne prennent-ils pas une activité à temps partiel pour convenance personnelle et familiale ?

M. Gérard Longuet. Ils le font dans les mêmes proportions : 16 % !

Mme Annie David. Vous nous rapportez ensuite que 17 % des femmes occupant une activité à temps partiel n’ont pas trouvé de travail à temps plein. Mais comment se fait-il que les hommes trouvent du travail à temps plein et pas les femmes ? Il faudra quand même que vous m’expliquiez plus précisément ce point.

En outre, vous nous assurez que 13 % des femmes travaillent à temps partiel parce que c’est le métier qui l’exige. Bien sûr, mais pourquoi dans ces métiers-là retrouve-t-on principalement des femmes ? Justement parce que les hommes ne travaillent pas à temps partiel !

M. Gérard Longuet. Parce que ce sont des métiers de service !

Mme Annie David. Monsieur Longuet, le temps partiel peut être choisi,…

M. Gérard Longuet. Rappelez-le !

Mme Annie David. … mais il est choisi lorsque l’on a les moyens financiers de le faire, ou lorsque l’on est contraint de rester à la maison parce qu’il faut s’occuper des enfants pour « convenance personnelle et familiale », ainsi que vous l’avez dit.

M. Gérard Longuet. Ce n’est pas désagréable !

Mme Annie David. Malgré tous les grands discours du Gouvernement, les crèches, les moyens de garde sont en effet insuffisamment développés en certains endroits du territoire pour permettre aux femmes d’aller travailler. Voilà un élément sur lequel on peut également méditer.

Le temps partiel peut être choisi. À cet égard, le projet de loi dont nous discutons prévoit d’apporter des informations sur les possibilités de capitalisation des assurés, ce qui est très important pour ces derniers. Cependant, les femmes ayant l’intention d’exercer une activité à temps partiel auront-elles à supporter les conséquences de ce prétendu choix sur le niveau de leur pension ?

M. Gérard Longuet. Elles auront un soutien familial, grâce à leurs enfants reconnaissants.

Mme Annie David. Il me semble que, sur ce point également, l’information doit être transparente. Quand on fait un choix, on doit pouvoir le faire de manière éclairée.

Monsieur Longuet, je suis persuadée que, parmi les 61 % de femmes qui affirment travailler à temps partiel pour convenance personnelle et familiale, la moitié n’ont pas la possibilité de faire garder leurs enfants.

M. le président. La parole est à M. Jean Desessard, pour explication de vote.

M. Jean Desessard. Monsieur Longuet, votre raisonnement n’est pas tout à fait en accord avec la position de M. le ministre. Ce dernier a en effet affirmé, lors de la présentation de ce projet de loi, qu’il y avait un problème d’inégalités entre les retraites des femmes et celles des hommes, mais que cela correspondait à une différence de salaires au cours de la carrière.

M. Gérard Longuet. Il y a aussi des choix !

M. Jean Desessard. (Vert) Le travail à temps partiel choisi peut s’entendre lorsqu’il y a complémentarité avec le niveau de vie du conjoint. Mais beaucoup de couples éprouvent des difficultés à maintenir une vie conjugale stable. Dès lors, vous devriez en conclure qu’il faut agir en faveur des retraites des femmes ayant choisi le temps partiel pour convenance personnelle.

Alors que M. le ministre affirme que la disparité entre les hommes et les femmes se résorbera grâce à l’accès à l’emploi et à la formation pour tous, vous soutenez au contraire qu’il y aura toujours un certain nombre de femmes qui choisiront le temps partiel pour convenance personnelle. Vous pensez donc que ces inégalités de fait perdureront et que les hommes et les femmes toucheront toujours des retraites d’un montant inégal, même si les conditions dans lesquelles les choix initiaux auront été faits changent au cours des années.

M. le président. La parole est à Mme Raymonde Le Texier, pour explication de vote.

Mme Raymonde Le Texier. Notre collègue M. Longuet s’est lancé sur un terrain délicat. Monsieur Longuet, vous avez de la chance que l’heure soit si tardive !

M. Gérard Longuet. Je n’ai fait que rapporter des statistiques !

Mme Raymonde Le Texier. Tout d’abord, cette enquête n’est pas très claire pour nous : est-ce une enquête effectuée auprès d’employées des communes, des villes ?

M. Gérard Longuet. Il s’agit d’une enquête de l’INED et de l’INSEE de 2005 publiée dans les documents de l’Assemblée des communautés de France à l’occasion de leur congrès sur les services intercommunaux de l’action sociale. (Ah ! sur les travées du groupe CRC-SPG et du groupe socialiste.)

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Cela concerne donc les collectivités !

M. Gérard Longuet. Non ! Cela concerne toutes les Françaises !

Mme Raymonde Le Texier. Je ferai deux commentaires, monsieur Longuet.

M. Gérard Longuet. Cela a l’air de vous gêner !

Mme Raymonde Le Texier.(PS)  Non, cela ne nous gêne pas du tout ! C’est toutefois une situation que nous connaissons un peu, et qui appelle quelques précisions.

Vous affirmez que l’essentiel des femmes travaillant à temps partiel le font pour convenance personnelle, et qu’il s’agit pour elles d’un choix parfaitement assumé.

Certaines de ces femmes auraient sans doute préféré rester chez elles pour élever leurs enfants, mais elles sont obligées de prendre un temps partiel parce qu’elles ont absolument besoin d’un appoint financier pour « boucler » leurs fins de mois.

À l’inverse, d’autres femmes sont obligées d’accepter un emploi à temps partiel alors qu’elles préfèreraient une activité à plein-temps, parce que les modes de garde à leur disposition ne sont pas satisfaisants de leur point de vue ou même inexistants. Certaines d’entre elles, par exemple, ne travaillent pas le mercredi et font un gros effort financier parce qu’elles ne veulent pas que leurs enfants soient livrés à eux-mêmes.

Enfin, lorsque ma collègue vous a demandé quel serait le niveau de retraite des femmes travaillant à temps partiel, vous avez répondu – je ne sais si tout le monde l’a entendu – que ces dernières pourraient compter sur le soutien familial de leurs enfants reconnaissants.

M. Gérard Longuet. Cela existe aussi, c’est la solidarité intergénérationnelle !

Mme Raymonde Le Texier. Oui, cela existe aussi !

M. Gérard Longuet. Il y a des grands-parents qui aident leurs petits-enfants, des enfants qui aident leurs parents, et réciproquement !

M. Gérard Longuet. Nous ne sommes pas dans une société d’égoïstes !

Mme Raymonde Le Texier. Monsieur Longuet, laissez-moi terminer, s’il vous plaît ! Je peux vous parler de ce problème : ma vieille mère, qui a 95 ans, continue de faire des économies alors que ses enfants n’ont besoin de rien – nous ne cessons de le lui dire – parce que sa crainte est de devoir être aidée par ses enfants si, un jour, elle devait être placée en établissement. Pour ma part, je suis mère de famille et, ayant une conception opposée à la vôtre, j’espère n’avoir jamais besoin de l’aide de mes enfants.

Il faudrait donc que vous réfléchissiez quelque peu à ce problème. Je ne comprends pas que des parents puissent penser qu’ils peuvent ne pas travailler parce que leurs enfants subviendront à leurs besoins si c’est nécessaire. Il me semble au contraire que la démarche des parents consiste à penser que l’on pourra aider ses enfants s’ils en ont besoin jusqu’au bout.

M. le président. Mes chers collègues, je vois que, malgré l’heure tardive, vous êtes en pleine forme !(Sourires.)

La parole est à M. Claude Domeizel, pour explication de vote.

M. Claude Domeizel. Je ne comptais pas intervenir en explication de vote, mais je voudrais réagir au propos de M. Longuet, s’agissant de savoir si le travail à temps partiel des femmes est subi ou choisi.

M. Gérard Longuet. Je livrais seulement les résultats d’une étude de l’INSEE ! C’est tout de même extraordinaire !

M. Claude Domeizel. Je ne vous ai pas interrompu,…

M. Gérard Longuet. Vous faites du travail de commission en séance publique !

M. Claude Domeizel. (PS) … alors, si vous souhaitez intervenir, vous demanderez de nouveau la parole. Pour le moment, c’est moi qui parle !

Manifestement, nous ne rencontrons pas le même type de personnes. Je reçois dans ma permanence – de maire autrefois, de sénateur aujourd'hui – des femmes qui me demandent d’intervenir pour les aider à trouver un emploi à temps complet, parce qu’elles n’ont trouvé qu’un travail à temps partiel.

Mon cher collègue, le temps partiel revient aussi quelquefois à devoir faire des horaires éclatés, que personne ne souhaiterait avoir : il faut, par exemple, travailler de 8 heures à 9 heures 30, puis de midi à 13 heures 30 et, enfin, le soir, de 17 heures à 18 heures 30.

Vous avez cité un rapport qui semble avoir un lien avec la fonction publique territoriale, que je connais assez bien. Je peux vous dire que le temps partiel y existe bel et bien, et que les femmes y ont beaucoup recours, pendant un temps donné.

En effet, dans les collectivités locales, nous offrons souvent des emplois à temps partiel. Ils sont, c’est vrai, souvent occupés par des femmes. Mais ces dernières revendiquent ensuite rapidement un travail à temps complet qu’elles pourront exercer après quelques années de temps partiel.

Monsieur Longuet, vous nous dites que le temps partiel est choisi. Eh bien, pour ma part, je n’ai pas besoin de statistiques pour affirmer que, dans le secteur privé, le temps partiel des femmes est subi !

M. le président. Je mets aux voix l'amendement n° 1085.

(L'amendement n'est pas adopté.)

M. le président. La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

lundi 7 juin 2010

Il faut féminiser les parcours de vie des hommes

C’est le titre d’un article du Hors série d’Alternatives économiques «Générations ».  Bruno Palier.

Je suis contente  de constater qu’avec sa légitimité de chercheur au CNRS, ce spécialiste reconnu des systèmes de protection sociale développe l’une des idées sur laquelle je reviens fréquemment ici.

Les  systèmes européens ont été conçus après guerre dans un monde où la norme était une famille constituée d’un homme qui travaille et d’une femme au foyer qui s’occupe des enfants (remarquez qu'il ne dit pas qu’elle travaille).

Depuis, ce modèle a été profondément modifié, entre autres par l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail, le passage d’une économie industrielle à une économie de service, l’allongement de la durée de vie  etc.  La pauvreté s’est déplacée et aujourd’hui ce sont les 18/24 ans qui sont les plus pauvres  et les femmes seules avec enfants. Or l’Etat n’a guère pris en compte ces évolutions.

D’un point de vue professionnel l’arrivée des enfants ne change quasiment rien pour les hommes, alors que les femmes essayent de se rendre plus disponibles. Et les employeurs font payer la pénalité aux femmes (y compris d’ailleurs à celles qui n’ont pas d’enfants)

Principale solution, et c’est bien celle pour laquelle je plaide, inciter les hommes à s’investir auprés des enfants pour qu’il n’y ait plus de pénalité spécifique pour les femmes. Et  développer aussi les services de prise en charge des enfants.

Autre point qui mérite d’être souligné et dont on parle assez peu, les femmes ne font pas que prendre en charge les enfants elles s’occupent aussi des personnes dépendantes, leurs parents et ceux de leur conjoint. Là encore la prise en charge collective est loin d’être à la hauteur des besoins.

Article sponsorisé

dimanche 9 mai 2010

Les Etats généraux de la femme : L'OREAL applique la loi

Mme Valérie Aveline DRH de l'OReal a présenté les actions mises en place par le groupe pour favoriser l'égalité hommes/femmes.

Une attention particulière est portée aux parents (et pas seulement aux mères elle a insisté là dessus) pour qu'ils puissent concilier vie familiale et vie privée selon leurs désirs. L'Oréal fait partie des entreprises qui ont signé la charte de la parentalité.

Et tout est fait pour que le congé maternité ne contribue pas à accentuer les inégalités . 

La dernière mesure a déclenché les applaudissements de la salle et a ensuite été largement encensée par la représentante de ELLE qui l'a qualifiée de vertueuse. L'Oréal garantit aux femmes, l'année de leur congé maternité une progression de rémunération automatiquement égale à la moyenne des augmentations individuelles de leurs collègues. Ce qui n'exclut pas une augmentation individuelle en fonction de leurs performance.

Elle est donc en bonne place au menu de la 5eme proposition.  Sauf que ...

Sauf que c'est juste que l'Oréal applique la loi et l'article L1225-26 du Code du travail. Cet article date de 2006 et faisait partie de ce qu'on a appelé la loi Ameline.

J'en suis restée songeuse. Je suppose que les entreprises appliquent la loi mais qui informe les gens de leurs droits ? Significatif en tout cas d'une certaine façon de fonctionner : accumuler des textes plutôt que de veiller à l'application de ceux qui existent.

Et je ne suis pas certaine que tous les Comités d'entreprises mettent beaucoup d'énergie à analyser le rapport sur l'égalité hommes/femmes (obligatoire dans les grandes entreprises) et à exiger des mesures. 

EDIT : on me dit qu'il n'est plus fait mention de cette proposition sur le site de ELLE.  Mais elle est bien en toutes lettres dans le livre blanc et en page 191 du ELLE de cette semaine 

vendredi 16 avril 2010

Patrons papas



J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les travaux de l'ORSE (Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises) sur la parentalité. Je suis complétement en accord avec l'idée que les questions liées à la parentalité, qui ont des conséquences indéniables sur la situation professionnelle des femmes, doivent aussi être examinées du point de vue des pères. Le constat est pourtant facile à faire : « En érigeant en norme le modèle de l'homme « gagne-pain du foyer », la société industrielle a contribué à façonner une représentation de l'identité masculine ou le travail occupe une place centrale. Or si les représentations traditionnelles de la femme comme mère et gardienne du foyer ont progressivement été remises en cause par les mouvements féministes ou par l'entrée massive des femmes sur le marché du travail, l'identité masculine reste encore pour une large part circonscrite à la sphère professionnelles. »

Ce livre, qui fait référence à de nombreuses études et travaux présente une bonne synthèse de la situation. Il se montre plutôt optimiste sur les changements en cours tant au niveau des mentalités que des réalités puisque les entreprises, et notamment les plus grosses intègrent désormais les questions relatives à l'égalité hommes/femmes dans leurs fonctionnement et mènent pour certaines des politiques offensives en la matière. Mais il constate aussi que les choses patinent.

Au delà des aspects théoriques l'originalité de l'ouvrage et d'abord de chercher à lever le tabou que constitue pour les hommes le fait de parler de la conciliation vie de famille/ vie professionnelle lorsqu'ils atteignent (ou ambitionnent d'atteindre) des niveaux où leur est demandée une disponibilité totale « anytime, anywhere » .10 dirigeants d'entreprises (et pas des moindres) ont donc été longuement interviewés sur le sujet. Ils ont plus de 45 ans et au moins 2 enfants, dont certains sont suffisamment jeunes pour être encore à la maison.

Pour eux la question du ménage et des taches domestiques ne se pose pas, par contre ils ont tous eu à prendre en compte les aspirations professionnelles de leurs conjointes et si ils ont adoptés des solutions diverses compte tenu de la difficulté pour un couple de mener 2 carrières parallèles, ils déclarent tous faire ou avoir fait le maximum pour être présents auprès de leurs enfants.

En les lisant on mesure le chemin qui reste à parcourir parce que dans la quasi totalité des cas (pas tous cependant) se sont les mères qui gèrent le quotidien avec les enfants. Eux essaient de les emmener à l'école quand ils le peuvent et d'être présents lors de moments particuliers : réunion avec les professeurs, fêtes de familles, rentrée des classes ou activités du week end.

Plusieurs d'entre eux considèrent d'ailleurs que  : «ce n'est pas la quantité de temps passé qui compte mais bien la qualité de ce temps «.

Tous ces hommes disent pourtant qu'ils aimeraient pouvoir passer plus de temps avec leurs enfants et jonglent pour y arriver. Tous ne sont pas parfaitement convaincants parce qu'on sent bien qu'ils ne sont pas prêts à sacrifier grand chose de leur vie professionnelle. Néanmoins la prise de conscience que le modèle développé par l'entreprise par les hommes et pour des hommes dégagés de toutes contraintes privées n'est pas bon est réelle. Le discours qu'ils tiennent sur le fait que les salariés , y compris les managers de haut niveau ,ont droit à une vie personnelle équilibrée, que c'est même souhaitable pour l'entreprise, que les aménagements d'horaires et temps partiels doivent pouvoir être demandés par les hommes sans qu'ils se sentent stygmatisés, que les réunions sont à proscrire le soir ou le week end etc...est crédible.

On peut même espérer que le discours politiquement correct évolue puisque désormais dans certaines entreprises « celui qui ne le prend pas (le congé paternité) passe même un peu pour un mauvais père ».

Patrons papas. Paroles de dix dirigeants sur l'équilibre entre travail et vie privée. françois Fatoux, Marlies Gaillard, Hélène Roques. Le cherche midi. mars 2010

mercredi 31 mars 2010

Pas de modification du congé maternité

L'Assemblée nationale s'est penchée la semaine dernière sur une proposition de loi relative à la modernisation du congé maternité et paternité. Proposition présentée par des députés de gauche et et à laquelle s'opposait l'UMP.

Elle a été d'emblée rejetée car en contradiction avec l'article 40 de la Constitution (Art. 40. - Les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l'aggravation d'une charge publique) .

De quoi s'agissait-il ? 
  • - de prolonger la durée du congé maternité de quatre semaines pour arriver à 20 semaines
  • - d'étendre à 10 semaines la période d’interdiction d’emploi des salariées ayant accouché. (elle est de 8 actuellement)
  • - de maintenir en intégralité le salaire des femmes en congé maternité, comme le préconise  la Commission européenne. (Ce n'est actuellement pas le cas dans de nombreuses petites entreprises ou secteurs qui ne sont pas couverts par une convention collective protectrice sur le sujet)
  • - de mettre en place pour les femmes exerçant une activité non salariée un dispositif qui prenne en compte leur besoin de remplacement dans leur entreprise. Actuellement leurs droits sont bien moindre que ceux des salariées
  • - de créer un congé d’accueil de l’enfant, afin d’accorder deux semaines pleines de présence auprès de l’enfant et de la mère, du père, du conjoint, de la personne vivant maritalement avec la mère ou ayant conclu avec elle un PACS
  • - d’offrir aux parents la possibilité de prendre un congé parental d’éducation alternatif avec un revenu  amélioré , actuellement, le complément de libre choix d’activité permet au parent qui le perçoit en cas de cessation d’activité, de toucher un maximum de 530 euros par mois . Ce congé serait pris en alternance et la durée prise par chacun des parents ne pourrait être inférieure à 20% de la durée totale du congé.
  • - de considérer le congé parental comme une période de travail effectif permet de ne pas handicaper les carrières des hommes et des femmes qui font ce choix à un moment de leur vie.

Comme toujours le compte rendu des débats est éclairant sur les intérêts en jeux. On y trouve développés tous les points de vue. Même le livre d' Elisabeth Badinter a été appelé à la rescousse par Mme Morano qui s'opposait à cette proposition de loi.

Ces premiers arguments concernaient le cout de telles mesures : + de 3 milliards d'Euros  alors que la France consacre déja plus de 88 milliards d’euros à sa politique familiale.

Ensuite le débat c'est beaucoup focalisé sur le fait qu'un allongement de la durée du congé maternité ou la possibilité de prendre un congé parental mieux rémunéré éloignerait encore davantage les femmes du marché du travail. Le gouvernement préfère donner priorité au développement des modes de garde (c'est du moins ce que dit Mme Morano)

Personnellement je suis favorable à l'allongement du congé maternité entre autre parcequ'il permet aux mamans qui allaitent de passer la période pendant laquelle il est difficile de concilier allaitement et absences longues dans la journée (oui je suis pour que les mamans qui allaitent aient le choix de continuer aussi longtemps qu'elles le désirent , que les autres fassent comme elles l'entendent).

C'est aussi certainement appréciable pour les mamans seules qui doivent assumer seule la prise en charge du bébé et la reprise du travail .

Et pour celles qui veulent rependre plus tôt rien ne les obligent à prendre la totalité du congé au delà des 10 semaines.

J'ai aussi trouvé intéressante cette proposition d'une députée qui répond a une problématique des femmes cadres : "cet allongement pourrait également s’accompagner d’une liberté supplémentaire pour la femme : la liberté de reprendre, si elle le souhaite, son travail de façon anticipée à partir de la seizième semaine et selon des horaires aménagés définis avec son employeur dans le cadre des conventions collectives." 

Par contre je trouve que 2 semaines pour le conjoint c'est très insuffisant, d'une part parce que les premiers mois d'un enfant sont une période vraiment épuisante et surtout parceque  la seule façon pour que les congés maternité ne pénalisent pas la carrière professionnelle des femmes est que l'arrivée d'un enfant aient, en terme d'arrêt de travail, la même durée pour les hommes.

De la même façon je ne vois pas pourquoi le congé parental ne serait pas partagé à parts égales. Si il est mieux rémunéré l'argument financier (les hommes gagnent plus que les femmes faut il le rappeler) n'est plus pertinent. Sa meilleure rémunération permettrait aux familles ayant des revenus médians d'en bénéficier. Actuellement prennent un congé parental celles (plus rarement ceux) qui sont rentières ou dont le conjoint a un revenu suffisamment important pour faire vivre toute la famille ou celles qui après avoir fait le calcul salaire - frais de garde considèrent que prendre un congé parental ne s'avèrera pas trop pénalisant d'un point de vue financier .

Notez aussi qu'étaient concernés par cette loi les Pacsés et donc potentiellement les parents homosexuels .


lundi 30 novembre 2009

Le congé parental dans 9 pays d'Europe

Je remets ce billet en tête pour les lecteurs de Le soir.be dont le lien ne semble pas fonctionner correctement.

Le service des études juridiques du Sénat a publié le 19 octobre une étude sur les différents congés liés à la naissance d'un enfant : congé de maternité, congé de paternité et congé parental dans 9 pays européens : l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède.

Voici donc ce qu'il en est des congés parentaux pour les salariés

Rappelons qu'en France à l’issue du congé de maternité, chacun des deux parents peut prendre un congé parental d’éducation à condition d’avoir une ancienneté d’au moins une année à la date de la naissance de l’enfant. Ce congé, d’une durée initiale maximale d’un an, peut être prolongé deux fois et doit prendre fin au plus tard au troisième anniversaire de l’enfant. Il prend la forme soit d’une réduction du temps de travail soit d’une suspension du contrat de travail.
Ce congé n'est pas rémunéré, la CAF verse le complément de libre choix d’activité (entre 375 € ou 550 €)

Dans quatre pays (Espagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Pologne), le congé parental rémunéré n’existe pas. Les parents peuvent cependant s'arrêter pour une durée plus ou moins longue (13 semaines en Grande-Bretagne, 3 ans en Espagne ou en Pologne)

Dans les autres pays, où le congé parental rémunéré existe, il constitue un droit partageable entre les deux parents (Allemagne, Danemark, Italie et Suède) ou un droit individuel, susceptible d’être exercé par chacun d’eux (Belgique).

• En Italie, le congé parental est rémunéré partiellement à hauteur de 30% du salaire dans la limite de 6 mois si il est pris avant les 3 ans de l'enfant)
La durée totale du congé parental est de dix mois, et chacun des deux parents peut s’absenter au plus six mois.  Par ailleurs, la durée du congé parental peut être portée à onze mois dans le cas où le père prend au moins trois mois.

• Au Danemark, le congé parental a une durée de 64 semaines. Il est rémunéré pendant 32 semaines et librement partageable entre les deux parents,
sous réserve qu’aucun des deux parents ne s’absente plus de 32 semaines.

• En Suède, le congé parental, entièrement rémunéré, sa durée est de 480 jours (soit environ un peu plus de 69 semaines). Sur
ces 480 jours, 60 sont réservés à la mère, 60 au père, et les 360 autres sont librement partageables. Le congé parental est rémunéré à hauteur de 80 % du
salaire pendant 390 jours, tandis que les 90 jours suivants sont compensés par un forfait.

L'Allemagne a opté pour le modèle scandinave. En effet, la durée du congé parental, douze mois, peut être portée à quatorze mois si le congé est
partagé entre les deux parents et si chacun d’eux prend au moins deux mois. Cette disposition, en vigueur depuis le début de l’année 2007, vise à inciter les pères à prendre au moins une partie du congé parental. Outre ce congé rémunéré à hauteur des deux tiers du salaire, chacun des deux parents a droit à un congé non rémunéré d’une durée de deux ans.

•  En Belgique, chacun des deux parents peut bénéficier d’un congé parental rémunéré de courte durée.
Les salariés du secteur privé bénéficient en effet d’un congé parental de trois mois, qui doit être pris avant le douzième anniversaire de l’enfant et qui
peut prendre la forme soit d’une suspension du contrat de travail soit d’une réduction du temps de travail.

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