Olympe et le plafond de verre - blogueuse féministe

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Tag - conciliation vie privé-vie prof

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dimanche 9 mai 2010

Les Etats généraux de la femme : L'OREAL applique la loi

Mme Valérie Aveline DRH de l'OReal a présenté les actions mises en place par le groupe pour favoriser l'égalité hommes/femmes.

Une attention particulière est portée aux parents (et pas seulement aux mères elle a insisté là dessus) pour qu'ils puissent concilier vie familiale et vie privée selon leurs désirs. L'Oréal fait partie des entreprises qui ont signé la charte de la parentalité.

Et tout est fait pour que le congé maternité ne contribue pas à accentuer les inégalités . 

La dernière mesure a déclenché les applaudissements de la salle et a ensuite été largement encensée par la représentante de ELLE qui l'a qualifiée de vertueuse. L'Oréal garantit aux femmes, l'année de leur congé maternité une progression de rémunération automatiquement égale à la moyenne des augmentations individuelles de leurs collègues. Ce qui n'exclut pas une augmentation individuelle en fonction de leurs performance.

Elle est donc en bonne place au menu de la 5eme proposition.  Sauf que ...

Sauf que c'est juste que l'Oréal applique la loi et l'article L1225-26 du Code du travail. Cet article date de 2006 et faisait partie de ce qu'on a appelé la loi Ameline.

J'en suis restée songeuse. Je suppose que les entreprises appliquent la loi mais qui informe les gens de leurs droits ? Significatif en tout cas d'une certaine façon de fonctionner : accumuler des textes plutôt que de veiller à l'application de ceux qui existent.

Et je ne suis pas certaine que tous les Comités d'entreprises mettent beaucoup d'énergie à analyser le rapport sur l'égalité hommes/femmes (obligatoire dans les grandes entreprises) et à exiger des mesures. 

EDIT : on me dit qu'il n'est plus fait mention de cette proposition sur le site de ELLE.  Mais elle est bien en toutes lettres dans le livre blanc et en page 191 du ELLE de cette semaine 

vendredi 16 avril 2010

Patrons papas



J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les travaux de l'ORSE (Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises) sur la parentalité. Je suis complétement en accord avec l'idée que les questions liées à la parentalité, qui ont des conséquences indéniables sur la situation professionnelle des femmes, doivent aussi être examinées du point de vue des pères. Le constat est pourtant facile à faire : « En érigeant en norme le modèle de l'homme « gagne-pain du foyer », la société industrielle a contribué à façonner une représentation de l'identité masculine ou le travail occupe une place centrale. Or si les représentations traditionnelles de la femme comme mère et gardienne du foyer ont progressivement été remises en cause par les mouvements féministes ou par l'entrée massive des femmes sur le marché du travail, l'identité masculine reste encore pour une large part circonscrite à la sphère professionnelles. »

Ce livre, qui fait référence à de nombreuses études et travaux présente une bonne synthèse de la situation. Il se montre plutôt optimiste sur les changements en cours tant au niveau des mentalités que des réalités puisque les entreprises, et notamment les plus grosses intègrent désormais les questions relatives à l'égalité hommes/femmes dans leurs fonctionnement et mènent pour certaines des politiques offensives en la matière. Mais il constate aussi que les choses patinent.

Au delà des aspects théoriques l'originalité de l'ouvrage et d'abord de chercher à lever le tabou que constitue pour les hommes le fait de parler de la conciliation vie de famille/ vie professionnelle lorsqu'ils atteignent (ou ambitionnent d'atteindre) des niveaux où leur est demandée une disponibilité totale « anytime, anywhere » .10 dirigeants d'entreprises (et pas des moindres) ont donc été longuement interviewés sur le sujet. Ils ont plus de 45 ans et au moins 2 enfants, dont certains sont suffisamment jeunes pour être encore à la maison.

Pour eux la question du ménage et des taches domestiques ne se pose pas, par contre ils ont tous eu à prendre en compte les aspirations professionnelles de leurs conjointes et si ils ont adoptés des solutions diverses compte tenu de la difficulté pour un couple de mener 2 carrières parallèles, ils déclarent tous faire ou avoir fait le maximum pour être présents auprès de leurs enfants.

En les lisant on mesure le chemin qui reste à parcourir parce que dans la quasi totalité des cas (pas tous cependant) se sont les mères qui gèrent le quotidien avec les enfants. Eux essaient de les emmener à l'école quand ils le peuvent et d'être présents lors de moments particuliers : réunion avec les professeurs, fêtes de familles, rentrée des classes ou activités du week end.

Plusieurs d'entre eux considèrent d'ailleurs que  : «ce n'est pas la quantité de temps passé qui compte mais bien la qualité de ce temps «.

Tous ces hommes disent pourtant qu'ils aimeraient pouvoir passer plus de temps avec leurs enfants et jonglent pour y arriver. Tous ne sont pas parfaitement convaincants parce qu'on sent bien qu'ils ne sont pas prêts à sacrifier grand chose de leur vie professionnelle. Néanmoins la prise de conscience que le modèle développé par l'entreprise par les hommes et pour des hommes dégagés de toutes contraintes privées n'est pas bon est réelle. Le discours qu'ils tiennent sur le fait que les salariés , y compris les managers de haut niveau ,ont droit à une vie personnelle équilibrée, que c'est même souhaitable pour l'entreprise, que les aménagements d'horaires et temps partiels doivent pouvoir être demandés par les hommes sans qu'ils se sentent stygmatisés, que les réunions sont à proscrire le soir ou le week end etc...est crédible.

On peut même espérer que le discours politiquement correct évolue puisque désormais dans certaines entreprises « celui qui ne le prend pas (le congé paternité) passe même un peu pour un mauvais père ».

Patrons papas. Paroles de dix dirigeants sur l'équilibre entre travail et vie privée. françois Fatoux, Marlies Gaillard, Hélène Roques. Le cherche midi. mars 2010

mercredi 31 mars 2010

Pas de modification du congé maternité

L'Assemblée nationale s'est penchée la semaine dernière sur une proposition de loi relative à la modernisation du congé maternité et paternité. Proposition présentée par des députés de gauche et et à laquelle s'opposait l'UMP.

Elle a été d'emblée rejetée car en contradiction avec l'article 40 de la Constitution (Art. 40. - Les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l'aggravation d'une charge publique) .

De quoi s'agissait-il ? 
  • - de prolonger la durée du congé maternité de quatre semaines pour arriver à 20 semaines
  • - d'étendre à 10 semaines la période d’interdiction d’emploi des salariées ayant accouché. (elle est de 8 actuellement)
  • - de maintenir en intégralité le salaire des femmes en congé maternité, comme le préconise  la Commission européenne. (Ce n'est actuellement pas le cas dans de nombreuses petites entreprises ou secteurs qui ne sont pas couverts par une convention collective protectrice sur le sujet)
  • - de mettre en place pour les femmes exerçant une activité non salariée un dispositif qui prenne en compte leur besoin de remplacement dans leur entreprise. Actuellement leurs droits sont bien moindre que ceux des salariées
  • - de créer un congé d’accueil de l’enfant, afin d’accorder deux semaines pleines de présence auprès de l’enfant et de la mère, du père, du conjoint, de la personne vivant maritalement avec la mère ou ayant conclu avec elle un PACS
  • - d’offrir aux parents la possibilité de prendre un congé parental d’éducation alternatif avec un revenu  amélioré , actuellement, le complément de libre choix d’activité permet au parent qui le perçoit en cas de cessation d’activité, de toucher un maximum de 530 euros par mois . Ce congé serait pris en alternance et la durée prise par chacun des parents ne pourrait être inférieure à 20% de la durée totale du congé.
  • - de considérer le congé parental comme une période de travail effectif permet de ne pas handicaper les carrières des hommes et des femmes qui font ce choix à un moment de leur vie.

Comme toujours le compte rendu des débats est éclairant sur les intérêts en jeux. On y trouve développés tous les points de vue. Même le livre d' Elisabeth Badinter a été appelé à la rescousse par Mme Morano qui s'opposait à cette proposition de loi.

Ces premiers arguments concernaient le cout de telles mesures : + de 3 milliards d'Euros  alors que la France consacre déja plus de 88 milliards d’euros à sa politique familiale.

Ensuite le débat c'est beaucoup focalisé sur le fait qu'un allongement de la durée du congé maternité ou la possibilité de prendre un congé parental mieux rémunéré éloignerait encore davantage les femmes du marché du travail. Le gouvernement préfère donner priorité au développement des modes de garde (c'est du moins ce que dit Mme Morano)

Personnellement je suis favorable à l'allongement du congé maternité entre autre parcequ'il permet aux mamans qui allaitent de passer la période pendant laquelle il est difficile de concilier allaitement et absences longues dans la journée (oui je suis pour que les mamans qui allaitent aient le choix de continuer aussi longtemps qu'elles le désirent , que les autres fassent comme elles l'entendent).

C'est aussi certainement appréciable pour les mamans seules qui doivent assumer seule la prise en charge du bébé et la reprise du travail .

Et pour celles qui veulent rependre plus tôt rien ne les obligent à prendre la totalité du congé au delà des 10 semaines.

J'ai aussi trouvé intéressante cette proposition d'une députée qui répond a une problématique des femmes cadres : "cet allongement pourrait également s’accompagner d’une liberté supplémentaire pour la femme : la liberté de reprendre, si elle le souhaite, son travail de façon anticipée à partir de la seizième semaine et selon des horaires aménagés définis avec son employeur dans le cadre des conventions collectives." 

Par contre je trouve que 2 semaines pour le conjoint c'est très insuffisant, d'une part parce que les premiers mois d'un enfant sont une période vraiment épuisante et surtout parceque  la seule façon pour que les congés maternité ne pénalisent pas la carrière professionnelle des femmes est que l'arrivée d'un enfant aient, en terme d'arrêt de travail, la même durée pour les hommes.

De la même façon je ne vois pas pourquoi le congé parental ne serait pas partagé à parts égales. Si il est mieux rémunéré l'argument financier (les hommes gagnent plus que les femmes faut il le rappeler) n'est plus pertinent. Sa meilleure rémunération permettrait aux familles ayant des revenus médians d'en bénéficier. Actuellement prennent un congé parental celles (plus rarement ceux) qui sont rentières ou dont le conjoint a un revenu suffisamment important pour faire vivre toute la famille ou celles qui après avoir fait le calcul salaire - frais de garde considèrent que prendre un congé parental ne s'avèrera pas trop pénalisant d'un point de vue financier .

Notez aussi qu'étaient concernés par cette loi les Pacsés et donc potentiellement les parents homosexuels .


lundi 30 novembre 2009

Le congé parental dans 9 pays d'Europe

Je remets ce billet en tête pour les lecteurs de Le soir.be dont le lien ne semble pas fonctionner correctement.

Le service des études juridiques du Sénat a publié le 19 octobre une étude sur les différents congés liés à la naissance d'un enfant : congé de maternité, congé de paternité et congé parental dans 9 pays européens : l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède.

Voici donc ce qu'il en est des congés parentaux pour les salariés

Rappelons qu'en France à l’issue du congé de maternité, chacun des deux parents peut prendre un congé parental d’éducation à condition d’avoir une ancienneté d’au moins une année à la date de la naissance de l’enfant. Ce congé, d’une durée initiale maximale d’un an, peut être prolongé deux fois et doit prendre fin au plus tard au troisième anniversaire de l’enfant. Il prend la forme soit d’une réduction du temps de travail soit d’une suspension du contrat de travail.
Ce congé n'est pas rémunéré, la CAF verse le complément de libre choix d’activité (entre 375 € ou 550 €)

Dans quatre pays (Espagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Pologne), le congé parental rémunéré n’existe pas. Les parents peuvent cependant s'arrêter pour une durée plus ou moins longue (13 semaines en Grande-Bretagne, 3 ans en Espagne ou en Pologne)

Dans les autres pays, où le congé parental rémunéré existe, il constitue un droit partageable entre les deux parents (Allemagne, Danemark, Italie et Suède) ou un droit individuel, susceptible d’être exercé par chacun d’eux (Belgique).

• En Italie, le congé parental est rémunéré partiellement à hauteur de 30% du salaire dans la limite de 6 mois si il est pris avant les 3 ans de l'enfant)
La durée totale du congé parental est de dix mois, et chacun des deux parents peut s’absenter au plus six mois.  Par ailleurs, la durée du congé parental peut être portée à onze mois dans le cas où le père prend au moins trois mois.

• Au Danemark, le congé parental a une durée de 64 semaines. Il est rémunéré pendant 32 semaines et librement partageable entre les deux parents,
sous réserve qu’aucun des deux parents ne s’absente plus de 32 semaines.

• En Suède, le congé parental, entièrement rémunéré, sa durée est de 480 jours (soit environ un peu plus de 69 semaines). Sur
ces 480 jours, 60 sont réservés à la mère, 60 au père, et les 360 autres sont librement partageables. Le congé parental est rémunéré à hauteur de 80 % du
salaire pendant 390 jours, tandis que les 90 jours suivants sont compensés par un forfait.

L'Allemagne a opté pour le modèle scandinave. En effet, la durée du congé parental, douze mois, peut être portée à quatorze mois si le congé est
partagé entre les deux parents et si chacun d’eux prend au moins deux mois. Cette disposition, en vigueur depuis le début de l’année 2007, vise à inciter les pères à prendre au moins une partie du congé parental. Outre ce congé rémunéré à hauteur des deux tiers du salaire, chacun des deux parents a droit à un congé non rémunéré d’une durée de deux ans.

•  En Belgique, chacun des deux parents peut bénéficier d’un congé parental rémunéré de courte durée.
Les salariés du secteur privé bénéficient en effet d’un congé parental de trois mois, qui doit être pris avant le douzième anniversaire de l’enfant et qui
peut prendre la forme soit d’une suspension du contrat de travail soit d’une réduction du temps de travail.

samedi 17 octobre 2009

Semaine de l'allaitement

Mon billet est sur Eco89 et je préfère vous préciser que ce n'est pas moi qui ai choisi l'illustration.

vendredi 25 septembre 2009

Bébé au gouvernement

Nathalie Kosciusko-Morizet a accouché mercredi de  son deuxième enfant, un garçon. «Je ne ferai pas ce qu’a fait Rachida, a-t-elle dit . Je respecte les choix de chacune, mais ce n’est pas le mien. Après l’accouchement, c’est psychologiquement et physiquement dur. En plus j’ai besoin de passer du temps avec mon bébé.»(source Le Figaro).

Ce qu'elle va faire dans les prochaines semaines et les prochains mois sera intéressant à observer. La question à laquelle la secrétaire d'Etat et le gouvernement vont apporter une réponse est celle de savoir comment une femme peut concilier carrière et maternité.