Il semble généralement acquis que les
hommes sont plus forts et plus rapides que les femmes.
Comment l'expliquer ?
Différentes hypothèses ont été émises, par les anthropologues notamment
Françoise Héritier.
Habituellement les mâles sont plus grands, plus forts que les femelles dans les
espèces où ils doivent combattre des concurrents avant de pouvoir copuler. Ce
n'est plus le cas chez les humains. Alors pourquoi les femmes y sont elles plus
petites ? D'autant plus qu'on sait que la taille est corrélée avec la largeur
du bassin et que la mortalité en couche est bien moindre pour les femmes plus
grandes. La sélection aurait donc due se faire en faveur des femmes
grandes.
Pas de
réponses mais des hypothèses :
- les
hommes préfèrent choisir des femmes plus petites pour mieux les contrôler
- dans
toutes les sociétés les hommes ont toujours limité la nourriture des femmes et
les femmes grandissant dans un contexte de pénurie plus important ont été
sélectionnées pour se suffire de ressources moindres.
Courir plus vite n'est pas nécessairement en lien avec le
sexe
Pour ce
qui concerne la vitesse en tout cas il semble que ni les hormones ni les gènes
ne soient en cause. Le Temps, journal Suisse, évoque en effet
d’intéressantes observations faites sur les chevaux et en arrive aussi à la
conclusion que ces différences chez les humains sont liées à la culture et non
pas à la nature.
Alors
que l’homme le plus rapide court le marathon en 2H03 sa consoeur met 2H15 (ce
qui est une différence faible tout de même).
Par
contre lors des courses hippiques, si les les pur-sang partent avec des
handicaps plus ou moins lourds en course suivant leur genre, les chevaux de
concours sont alignés ensemble, sans différence notable de résultats.
Extraits de l’article
Paulin
Entin, une chercheuse américaine, a étudié la différence de vitesse entre les
sexes. Son étude a porté sur des courses de trot et d’amble attelé (une
spécialité américaine) et de galop sur le plat. Les étalons se sont révélés en
moyenne 1% plus rapides que les juments, à part pour les trotteurs qui allaient
tous à peu près à la même vitesse. «Bien que la différence soit significative
[d’un point de vue statistique], ce 1% d’écart entre mâles et femelles peut
être expliqué par des méthodes d’entraînement ou des facteurs psychologiques
aussi bien que par des éléments physiologiques, dit Paulin Entin. La croyance
que les juments ne devraient pas être entraînées aussi durement que les mâles
est très répandue chez les entraîneurs de chevaux de course, et ces derniers
n’aiment pas inscrire les femelles dans les courses qui sont ouvertes également
aux étalons.» L’Américaine s’est également intéressée dans son étude aux
courses de lévriers. Ceux-ci sont tous alignés dans la même catégorie et
signent des performances similaires.
Les
grandes courses de trot attelé ou de galop ont toutes déjà été remportées par
des juments. Zenyatta s’est imposée dans la Breeder’s Cup Classic en 2009,
Zarkava dans le Prix de l’Arc de triomphe en 2008 et Moni Maker dans le Grand
Prix d’Amérique en 1999.
L’étude
des données de la Fédération équestre internationale sur les 3 genres (le 3eme
étant constitué des hongres, mâles castrés) n’a montré aucune différence
significative de potentiel entre les sexes, que ce soit pour le dressage,
l’endurance, le concours complet ou le saut d’obstacle.
Pourquoi le genre ne joue-t-il qu’un petit rôle dans les performances sportives
des équidés alors qu’il est bien plus déterminant chez l’homme? Une hypothèse
privilégiée par les chercheurs serait l’assignation de rôles différents selon
le sexe qui s’est opérée tôt dans l’histoire de l’être humain. Les chevaux, au
contraire, ont toujours tous dû courir vite pour fuir leurs prédateurs.
Edit : petite précision pour les commentateurs tentés de
parler de délire et autre tartignoleries : Françoise Héritier a été Professeure
au Collége de France, y a pas plus sérieux