Olympe et le plafond de verre

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mercredi 7 mars 2012

La domination masculine

BILLET INITIALEMENT PUBLIE LE 10 NOVEMBRE 2009,que je ressors suite à la diffusion du film sur ARTE

J'ai assisté lundi à une projection en avant première de La Domination masculine, film qui sortira en salle le 25 novembre.  J'étais avec Trublyonne et Luciamel et bien contente de pouvoir échanger avec elles à la sortie, parceque troublée. 

Comment dire ?...Tout d'abord, je me suis ennuyée, commençant à jeter des coups d'œil à ma montre au bout d'1H, mais surtout j'ai senti monter en moi  au fur et à mesure de l'avancée du film un fort sentiment de malaise.

Qu'un film grand public (UGC a participé à son financement) expose au grand jour la domination masculine voila pourtant qui ne pouvait que me réjouir.

Qu'on y montre que les femmes attendent encore un homme fort et protecteur , que les livres d'enfants font la part belle aux stéréotypes (même si les livres choisis étaient déjà anciens pour la plupart comme j'ai pu le vérifier dans le générique de fin), que les mannequins des magazines sont toutes photoshopées et ont des mensurations tout simplement improbables, qu'il n'y a que peu de femmes au Parlement, que les jouets sont sexistes etc....  je dis bravo.

Qu'on y montre que la violence est le quotidien de nombreuses femmes et que certaines en meurent , qu'on montre toute l'horreur de ces situations je dis bravo même si je ne suis pas certaine qu'il fût utile de montrer tous ces bleus et blessures en gros plan.

Qu'on donne la parole à des féministes québécoises qui expriment leurs inquiétudes quant à l'avenir en constatant non pas une évolution positive mais une régression dans la situation des femmes, ça change du discours ambiant et c'est très bien.

Mais qu'on y entendent pendant de longues minutes les exposés détaillés de ce que pensent les masculinistes Québécois je m'interroge. Leurs propos sont caricaturaux comparant par exemple le féminisme au fascisme, au nazisme ou au stalinisme (et d'ailleurs à plusieurs reprises la salle a ri à les entendre) mais si ce mouvement à l'air actif outre atlantique, il est quasi inexistant en France. Quel intérêt d'en parler sinon de susciter de l'indignation à bon compte ? Du coup on ne sait pas ce que pensent les autres hommes du féminisme ni des femmes.

Qu'on se scandalise du fait que certains au Québec cherchent à faire un héros d'un fou qui a assassiné en 1989 14 femmes à l'école polytechnique au seul motif qu'il haïssait les féministes, je comprends , mais il ne me semble pas pertinent de vouloir faire de ces femmes des martyres du féminisme. Comme dirait Elisabeth Badinter : "Fausse route".

Au final ce qui m'a vraiment dérangée dans ce film c'est l'image qu'il donne des hommes. Ils apparaissent comme de grands enfants surtout préoccupés par la taille de leur sexe (ou de leur voiture c'est pareil) lorgnant le corps des femmes en buvant de la bière (ou du champagne au salon de l'auto) après s'être approprié le pouvoir et les beaux rôles.

Le fil rouge du film est un tableau sur lequel sont apposées, toujours plus nombreuses, des images phalliques : images de sexes, mais aussi d'objets oblongs, de tours dressés.... Jusqu'à la nausée. Une stigmatisation facile des mâles, qui manque de profondeur et d'analyse sur la façon dont fonctionnent les rapports sociaux hommes/femmes et les moyens de changer.

Ce n'est pas ainsi que je perçois les hommes et ce n'est pas ainsi que j'ai envie d'être féministe.

Pierre Bourdieu, éminent sociologue avait écrit en 1998 un livre intitulé "la domination masculine" dans lequel il analyse les ressorts de cette domination, j'ai lu sur le site officiel du film que le titre n'est pas une référence à Bourdieu. Effectivement on en est vraiment loin.

Un débat a suivi la projection du film, très intéressant, j'en reparlerai.

dimanche 20 mars 2011

20 mars : journée internationale contre le harcèlement dans la rue

Je ne suis pas fan des journées dédiées mais celle-ci a attiré mon attention car je n'en avais jamais entendu parler .

Normal c'était la première fois aujourd'hui.

C'est une initiative d'un mouvement qui s'appelle Hollaback, Américain à l'origine il se développe dans le monde et HollabackFrance vient d'être crée.

Le harcèlement dans la rue ce sont les remarques, critiques, brimades et moqueries répétées dont les femmes sont les objets dans l’espace public de la part d’individus qui leur sont inconnus. Il est rarement dénoncé si il ne s'accompagne pas de violences physiques et est culturellement accepté.

Il varie en forme et en intensité et inclut : coups de klaxon, sifflements, bruits de baisers, gestes vulgaires, regards concupiscents, commentaires sexistes/homophobes/racistes ou explicitement sexuels, commentaires sur l’apparence physique, masturbation en public, exhibition sexuelle, pelotage, attouchements, et jusqu’à l’agression.

Une expérience que nous avons toute faite, qui semble le plus souvent anodine mais  qui nous amène à limiter nos déplacements, à éviter certains lieux lorsque nous sommes seules (parkings, parcs ou rues à la nuit tombée, forêts), à changer de trottoir pour éviter un groupe d'hommes ou un type qui vous suit.

Ce mouvement a construit différents outils :

- une page pour partager une histoire vécue

- des applications smartphone pour localisr les agressions.Des comptes sur les réseaux sociaux

- des suggestions pour savoir quoi répondre, quoi faire. Comme par exemple ce formulaire pour dragueur ainsi qu'un "petit manuel à l'usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire".

Info découverte sur Notacholocatecake.

samedi 1 janvier 2011

Rosie la riveteuse

Vous connaissez Rosie La riveteuse. 

Geraldine Hoff Doyle, qui lui a prété son visage est décédée récemment

Son histoire complète sur la boite verte

mardi 28 décembre 2010

Talons aiguilles

Je l'ai déja écrit  je ne sais absolument pas marcher avec des talons aiguille (de toute façon je n'essaye pas).

Quand je vois que d'autres fantasment sur des louboutins je me dis qu'elles renoncent bien facilement à leur liberté (liberté de se déplacer facilement, de courir, de prendre des postures confortables). Tout ça pour offrir une belle cambrure et de longues jambes aux regards de ces messieurs.

Bref, les talons aiguilles sont pour moi l'archétype de l'instrument de torture et de soumission consentie.

Mais il semble qu'une autre interprétation soit possible. J'avais eu cette discussion avec Claire lors du Women's forum. Elle émettait l'hypothèse que ces talons pourrait surtout être un signe de domination.

Et la polémique déclenchée en Suisse par cette carte de voeux d'une conseillère fédérale Suisse est du même ordre.

Elle y revendique sa féminité.

Evidemment, il s'agit d'une féminité stéréotypée, comme si être une femme se résumait à avoir des chevilles très décoratives et à savoir se mouvoir avec grâce sur n'importe quelles échasses pourvu qu'elles soient dorées (et chères de préférence). Tant pis pour les autres qui vont se retrouver dans la catégorie des thons, des pas sexys etc...

Mais on ne peut pas dire non plus qu'elle évoque la soumission.

 

 (je sais par expérience que les billets qui parlent de talons sont parmi ceux qui suscitent le plus de polémiques). 

mercredi 15 décembre 2010

L'essentiel en 140 caractères #micro twittclash

L'autre soir Juan m'a fait passer un lien sur twitter indiquant qu'un groupe de travail composé de 22 parlementaires allait plancher sur la réforme de la fiscalité du patrimoine. Juan a remarqué qu'il n'y avait qu'une seule femme (je crois que j'ai contaminé une bonne partie de la blogosphère avec ma manie de décompter toujours le nombre de femmes). J'en ai d'ailleurs fait l'épididyme du mois
Autheuil (Autheuil blogueur brillent) qui passait par là a ainsi commenté le tweet de Juan :"Petit bout de la lorgnette"

Le lendemain soir (sur twitter on peut reprendre à tout moment une conversation commencée la veille) nous avons réagi et Autheuil nous  a répondu : "je doit être vieux jeu mais je persiste a croire que la politique doit avant tout chercher a être efficace"  

Evelafée (qui ne semble pas être une blogueuse) a alors pris la conversation en cours "c'est ce genre de reflexion qui a conduit à la création de mouvements uniquement féministe il y avait toujours un moment où les luttes des femmes devaient céder la place à la grande cause commune"

Autheuil a surenchérit :"la politique a pour rôle de gérer la société, pas s'accomplir les rêves idéologiques de certains" puis ""luttes" c'est un luxe qu'on peut se payer quand tout va bien" " tu peux te permettre de rêver quand le présent est bien géré. Mais attention a ne pas casser le présent pour des rêves "

et pour finir même Maitre Eolas, que je ne savais pas intéressé par le féminisme, s'en est mêlé :"La critique féministe présente un intérêt certain même si on n'adhère pas au combat. Elle appuie où ça fait mal".

Autheuil : "tout analyser par ce biais, pour moi c'est non. Ça ne veut pas dire que ce soit pas parfois pertinent, mais pas de systématique"

et sauf si j'ai raté quelque chose la conversation s'est arrétée là .

C'est une anectode sans importance, mais elle est significative de la difficulté des femmes à se faire entendre, parcequ'on finit toujours pas nous objecter que le plus important est d'être efficace et qu'on fait perdre du temps à ces messieurs avec ce qu'ils n'hésitent pas à traiter de futilités ou d'utopie. J'ai du mal à croire qu'Autheuil ne sache pas que la forme détermine le fond et qu'en ne se préoccupant pas de la composition des instances de pouvoir on se prive de la vision de la moitié de la population. 

Il va me rétorquer que la plupart des femmes ne s'intéressent pas à la politique .D'ailleurs aujourd'hui encore, à l'occasion de cette tempête blogosphérique que constitue l'invitation à l'Elysée de représentants du net uniquement masculins, on a pu lire ici ou là beaucoup de commentaires méprisants à propos des blogs féminins qui ne parlent que chiffons, cuisine ou bébés et jamais de choses importantes. 

Hormis le fait que ce n'est pas l'exacte vérité, je trouverais intéressant que les femmes arrêtent durant quelques jours de s'occuper de la cuisine et des bébés et de toutes ces petites activité jugées sans importance .  Il me semble que ça permettrait de remettre en place les priorités et de se demander qui regarde par le petit bout de la lorgnette et où se situe l'efficacité.

Claudine Monteil dans "Mémoires d'une jeune fille rebelle" raconte comment en 1968 elle a rejoint des groupes de femmes et comment l'un de ses amis s'en est indigné "Qu'est ce que tu fais là dedans ? Ces féministes sont des hystériques. Elles ne sont pas intéressées par la révolution ; tu sais pourtant très bien qu'il faut d'abord faire la révolution et alors seulement la vie des femmes pourra être améliorée". 

Mes avis qu'elles ont bien fait de ne pas attendre la révolution, parceque si Autheuil est un blogueur qui se revendique à droite, le machisme est universel.

Et j'adore ce slogan de 68 : "Prolétaires de tous les pays qui lave vos chaussettes ?".

jeudi 9 décembre 2010

Je suis top

Tout le monde en a déja parlé, mais ce n'est que la semaine dernière que j'ai eu le temps,  d'aller voir Blandine Métayer au Théatre de 10H. Je pouvais difficilement rater ça le sous titre du spectacle étant " comment briser le plafond de verre".

Le format court : 1H et l'horaire :19H à 20H sont épatants, la soirée reste disponible, et comme j'étais avec Luciamel nous avons pu rester  longtemps ensuite à papoter.

En 1H elle raconte sa vie de Wonderwoman qui rêve du prince charmant, de s'occuper au mieux de sa fille tout en réussissant une belle carrière professionelle.

C'était sans compter avec les chefs machos, un mari charmant mais pas si prince que ça et tout ce qui fait le sexisme ordinaire et insidieux.

Blandine Métayer qui a écrit la pièce a interrogé une cinquantaine de femmes, et aussi quelques hommes. On sent que c'est du vécu et toutes les situations et anecdotes sonnent juste.

C'est aussi souvent très drôle, comme ce DAF (Directeur des affaires financières) qui s'étonne que son ventre puisse autant se distendre, sans se rendre compte que le sien est largement aussi gros.

Mon conseil, allez y avec des hommes. Toutes les enquêtes montrent qu'ils ne se rendent pas compte des difficultés spécifiques des femmes au travail. ça pourrait les aider à comprendre .

Et comme c'est un succès les représentations qui devaient s'arrêter à la fin de l'année se poursuivront en janvier.

si vous ne voyez pas la vidéo elle est ici


mercredi 24 novembre 2010

La honte doit changer de camp

C'est aujourd'hui que démarre officiellement la campagne orchestrée par 

- le collectif féministe contre le viol  http://www.cfcv.asso.fr/

- Mix cité http://www.mix-cite.org

- Osez le féminisme http://www.osezlefeminisme.fr

un manifeste à signer (ce que j'ai déja fait)  et pour tout savoir www.contreleviol.fr

mardi 23 novembre 2010

25 novembre : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

Je relaye  la campagne contre le viol, mais les actions à l'occasion du 25 novembre sont nombreuses

Dans beaucoup de départements les CIDFF (Centre d'information sur les droits des femmes et des familles) organisent des manifestations. Pour savoir ce qui se passe près de chez vous c'est ICI

D'autres infos sur le site du service droit des femmes ou le site dédié http://www.violencesfaitesauxfemmes.com/

Par contre compte tenu de la météo annoncé pour jeudi je n'envisage pas de me mettre en jupe, et globalement je suis assez d'accord avec Sandrine pour ne pas adhérer à l'action proposée par Ni putes ni soumises. en plus je déteste ces grands raouts où tout le monde se donne  bonne conscience à bon compte, alors si en plus il y a des peoples.

Nous tenons toujours, et jusqu'à la fin de l'année le blog "Derrière les chiffres" qui recensent les meurtres de femmes par leurs conjoints. Il s'agit de montrer la réalité de ces crimes que la presse se contente souvent de qualifier de "passionnels" comme si c'était une excuse.

La honte doit changer de camp : chronique de Caroline Fourest

A écouter  ICI

Que des choses très justes :

-  2% à peine des agresseurs  sont condamnés. Les bourreaux s'en sortent et les victimes culpabilisent

- peu importe que vous soyez riche ou pauvre, blanche ou noire du moment que vous êtes une femme vous êtes une cible potentielle et vous le savez.

- il faut être une femme pour ressentir cette peur, légère mais toujours présente lorsque vous marchez dans une rue et que le jour cède à la nuit. Le bruit des pas derrière vous sonne comme une alerte et ce risque permanent vous conditionne.

- modifier le regard que l'on porte sur les corps pour que le rapport sexuel cesse de valoriser  celui des hommes tout en dévalorisant celui des femmes

- le viol est une arme culturelle faconnée par des siècles d'incitation à la domination

- trop de femmes sont tombées au champ de ce qu'on appelle encore le déshonneur


mercredi 10 novembre 2010

Viol : la honte doit changer de camp

Le Collectif Féministe contre le Viol, Mix-Cité Paris et Osez le féminisme lancent une campagne contre le viol à l'occasion de la journée mondiale contre les violences faites aux femmes.

"Le nombre de femmes violées en France est très élevé et méconnu. 198 000 femmes sont victimes d’agressions sexuelles et 75 000 sont violées. Peu de gens en parlent, les femmes n’osent pas porter plainte et la société minimise ces crimes. Cette campagne doit permettre de faire du viol un sujet de société. Le viol est un fait social qui montre à quel point les inégalités femmes - hommes sont encore très fortes. Les hommes ne sont pas plus que les femmes régis par des « pulsions sexuelles irrépressibles ». Le viol n’a rien à voir avec un désir soi-disant incontrôlable ; il est une humiliation, une marque de domination.

Les actions seront nombreuses  et vous pouvez participer : pose d'affiches, distribution de flyers, pétition etc..."

Pour en savoir plus c'est ICI et pour participer ICI

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