Olympe et le plafond de verre

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jeudi 7 octobre 2010

On a assez étiré l'élastique

A l'occasion de la Marche Mondiale des femmes, les féministes québéquoises ont lancé des capsules sur le web.

Autrement dit une série de petites vidéos, que vous trouverez ici et qui illustrent leur position sur différents sujets comme la guerre en Afghanistan, la réduction des inégalités, les Droits des Autochtones etc...

La capsule N°4 évoque le contrôle sur le corps des femmes (si lavidéo ne s'affiche pas elle est ici)

dimanche 29 août 2010

Le féminisme 2.0 selon Be

Quand j'ai lu chez Anaismisfits que le Be de cette semaine consacrait un article aux féministes 2.0 j'ai d'abord été d'être très vexée. 

Quoi !? on parle des féministes sur le web et je n'ai pas reçu la moindre demande d'interview ?! Moi qui me croyais influente ! :((

Ensuite j'ai couru acheter ce magazine qui ne fait pas partie, vous vous en doutez de mes lectures habituelles. Déja je ne suis clairement pas dans la bonne tranche d'âge et puis payer, même un prix modique, pour des pages de pubs ....

En lisant on apprend que les jeunes adhérentes d'Osez le féminisme sollicitées "se sont dégonflées à l'idée d'apparaitre dans une presse trop sexiste". Je comprends ce point de vue, c'est la même ambiguité qui a été soulevée lorsque ELLE a organisé les états généraux de la femme et la même question : comment ces magazines peuvent ils défendre l'égalité alors qu'ils contribuent largement à diffuser une image des femmes uniquement fondée sur l'apparence et la futilité ?

Je ne suis pas certaine qu'elles aient eu raison. Ces magazines existent parceque des femmes les achètent (et on sait même que c'est l'un des secteurs de la presse qui est le plus florissant), tant mieux donc si entre les pubs elles lisent des propos intelligents sur l'égalité hommes/femmes.

Du coup la journaliste s'en donne à coeur joie et n'hésite pas à forcer le trait , opposant les "néoféministes"  à la vieille garde pleine de préjugés et qui pense qu'on ne peut s'intéresser "à la fois à la cause des femmes et aux derniers défilés de mode. "

Après cette entrée en matière la phrase de Maïa Mazurette ( dont je lis bien sûr avec grand plaisir et grand interet la prose tous les jours ) " loin du cliché de la lesbienne frustrée et pas épilée, je suis l'exemple qu'on peut être féminine et féministe" sonne comme une condamnation sans appel du féminisme tendance vieille garde.

Et je retrouve au passage le sujet de mon billet précédent : impossible de ne pas être féminine et sexy dans ce monde sans être clouée au pilori du ringardisme et rangée dans la catégorie des mal baisées.

L'article se poursuit avec les propos de Sophie Bramly du site secondsexe.com et cette phrase "Je suis convaincue que le sexe est fondamental et que l'émancipation féminine se passe d'abord au lit, quand la femme cesse d'être un simple objet de désir et devient à son tour désirante".

Certes, ce qui se passe dans cette intimité là est importante mais de là à en faire un combat prioritaire... ne serait ce que parceque pour se permettre d'être désirante il faut au préalable être dégagée de toute dépendance financière. 

Et c'est bien grâce aux mouvements féministes traditionnels que la question des écarts de salaires revient enfin de façon bruyante sur le devant de la scène.

Sont également cités un site américain qui a l'air intéressant mais en anglais feministing.com , terrafemina.fr et quand même viedemeuf.

Je partage par contre la conclusion de Maia Mazurette (qui a infiniment plus de lecteurs que moi et dont je vous conseille l'entretien avec Agnes Giard, sur secondsexe justement)) "avec mon blog, je sais que je suis lue par des gens qui n'étaient pas du tout sensibles à ces questions là, mais qui le sont devenus. Si après m'avoir lue ils s'autorisent à se dire féministes ce sera ma plus grande victoire"

mardi 17 août 2010

hymnes féministes

Sandrine a recensé les chansons féministes sur youtube.
Des bijoux que vous pouvez écouter sur son blog

dimanche 11 juillet 2010

En vrai je ne suis pas blonde

Lundi j'ai participé à un atelier de réflexion organisé par le Centre Hubertine Auclert "Faire entendre le discours égalitaire".

j'étais avec

- La Barbe ( j'ai enfin pu récupérer un badge de barbue),

- l'association "femmes et mathématiques" , j'ai appris que si cela faisait plusieurs années qu'elles essayent d'obtenir  l'accès des internats de prépas aux fillles, c'est cette année avec le collectif "Ouvrons les portes" et qu'elles ont réussi à faire bouger les choses grace à l'utilisation des réseaux sociaux sur le net, 

- le planning familial, 

- Nathalie Boucher-Petrivic, Docteur en sciences de l'information et de la communication.

Je suppose que le Centre fera un compte rendu, mais disons que nous étions d'accord pour trouver que "quand plein de gens disent en même temps la même chose sur internet on peut mieux se faire entendre"  (le principe même du buzz quoi !)

Catherine Beaunez dessinatrice nous a bien faites rire en illustrant les débats.

Elle m'a autorisé à reproduire ici ce dessin.

C'est presque tout à fait moi , je me demande comment elle sait que je blogue souvent de mon lit  !

(et je précise aussi  que je suis loin de faire mon quota de tâches ménagères et nous avons ni femme ni homme de ménage). 

(reproduction interdite ©Catherine Beaunez)

jeudi 1 juillet 2010

Centre Hubertine Auclert

Lundi je  serai là

 

 Une après-midi de réflexion et un forum des associations proposés par

 

Le Centre Hubertine Auclert

Centre francilien de ressources pour l’égalité femmes – hommes

 

Lundi 5 juillet de 13h à 20h

Maison des associations de solidarité, 10/18 rue des terres au curé - 75013 PARIS

 

pour s'inscrire : contact@hubertine.fr ou tél. 01 75 00 04 41

 

Programme ici

Promouvoir une culture de l’égalité entre les femmes et les hommes, c’est questionner notre culture et nos représentations, mettre en place des actions susceptibles d’enrayer les mécanismes de reproduction des discriminations.

Promouvoir une culture de l’égalité est nécessairement un travail de longue haleine qui se conçoit dans le temps.

Au moment où le mouvement de libération des femmes fête ses quarante ans, la question de la continuité et de la transmission des valeurs et des luttes égalitaires se pose avec d’autant plus d’acuité.

Pour initier sa contribution à cette entreprise de détricotage des inégalités femmes – hommes, le Centre Hubertine Auclert a choisi d’interroger prioritairement deux dimensions stratégiques de la transmission : l’éducation et les modes de communication.

 


dimanche 13 juin 2010

Marche mondiale des femmes

Ce week end Marche mondiale des femmes, je n'en parle pas parceque je ne suis pas à Paris, vous pouvez trouver les infos chez Emelire qui nous dit qu'il y avait plusieurs milliers de personnes hier et des photos chez Sandrine.

samedi 5 juin 2010

Merci les filles !

J'ai reçu ce sympathique petit livre. Dont le sous titre est "Tout ce qu'il faut savoir sur le féminisme pour être ravissante et pas idiote"

En fait plutôt qu'un livre on dirait un blog couché sur papier. Il se présente comme une série de billets qui retracent 40 ans de féminisme. L'écriture est alerte et les illustrations originales de Virginie Berthemet originales.

On y trouve des dates clés comme par exemple

- 1945 : le droit de vote,

- 1968 : une révolution de garçons 

- 1971 : le manifeste des 343

chaque fois des faits et le point de vue qu'on peut en avoir aujourd'hui.

On y trouve aussi des thèmes plus inattendus, comme celui sur la mère Denis dont voici l'histoire

 "un jour de 1972, un publicitaire en week-end dans sa maison de campagne normande accoste sa voisine, Jeanne Denis, une ancienne lavandière et lui demande si elle accepterait de participer à un petit film. Elle aurait répondu du tac au tac : "Pourquoi pas, mais ça va me couter combien ?" (..) Avant la découverte de cette nouvelle égérie, c'est un homme que Vedette mettait en scène dans sa campagne de 1971. Assis dans sa cuisine, les pieds sur la table, il présentait un lave-vaisselle : "Ma femme s'abimait les mains avec la vaisselle, la pauvre gosse, je lui ai offert un lave vaisselle Vedette" . Le slogan " Finalement la vaisselle c'est une affaire d'homme" est instantanément détrôné par le cultissime "ça c'est ben vrai, ça" de la mère Denis"

Un tour d'horizon enfin des mouvements féministes, de leurs scissions et déchirements (ah ces "MLF marque déposée" et "MLF marque non déposé" de 1979 !) qu'on paye encore aujourd'hui et de leur actualité : La Barbe, Osez le féminisme. Elles donnent même leur avis sur le livre d'Elisabeth Badinter.

Et si elles m'y autorisent je vais conserver cette image  :

Merci les filles. 1970-2010. Valérie Ganne, Juliette Joste, Virginie Berthemet.Ed : Hors collection

jeudi 3 juin 2010

Osez le féminisme au grand jour

Après La Barbe c'est aux militantes d'Osez le féminisme de passer à l'activisme. 

Ce matin très tôt elles ont placardées leurs affiches dans les rues de Paris afin que personne n'ignore ce que tout le monde sait très bien.


Il y  avait aussi ça :

et ça 

Si ça vous dit de les rejoindre elles ont un groupe Facebook sur lequel sont annoncées leurs réunions.

Photo : Vogelsong

dimanche 9 mai 2010

Les Etats généraux de la femme : L'OREAL applique la loi

Mme Valérie Aveline DRH de l'OReal a présenté les actions mises en place par le groupe pour favoriser l'égalité hommes/femmes.

Une attention particulière est portée aux parents (et pas seulement aux mères elle a insisté là dessus) pour qu'ils puissent concilier vie familiale et vie privée selon leurs désirs. L'Oréal fait partie des entreprises qui ont signé la charte de la parentalité.

Et tout est fait pour que le congé maternité ne contribue pas à accentuer les inégalités . 

La dernière mesure a déclenché les applaudissements de la salle et a ensuite été largement encensée par la représentante de ELLE qui l'a qualifiée de vertueuse. L'Oréal garantit aux femmes, l'année de leur congé maternité une progression de rémunération automatiquement égale à la moyenne des augmentations individuelles de leurs collègues. Ce qui n'exclut pas une augmentation individuelle en fonction de leurs performance.

Elle est donc en bonne place au menu de la 5eme proposition.  Sauf que ...

Sauf que c'est juste que l'Oréal applique la loi et l'article L1225-26 du Code du travail. Cet article date de 2006 et faisait partie de ce qu'on a appelé la loi Ameline.

J'en suis restée songeuse. Je suppose que les entreprises appliquent la loi mais qui informe les gens de leurs droits ? Significatif en tout cas d'une certaine façon de fonctionner : accumuler des textes plutôt que de veiller à l'application de ceux qui existent.

Et je ne suis pas certaine que tous les Comités d'entreprises mettent beaucoup d'énergie à analyser le rapport sur l'égalité hommes/femmes (obligatoire dans les grandes entreprises) et à exiger des mesures. 

EDIT : on me dit qu'il n'est plus fait mention de cette proposition sur le site de ELLE.  Mais elle est bien en toutes lettres dans le livre blanc et en page 191 du ELLE de cette semaine 

samedi 8 mai 2010

Les Etats généraux de la femme : la légitimité d'ELLE

J'étais très sceptique sur la démarche lancée par ELLE.

Le seul fait de parler de LA femme contribue à faire des femmes une catégorie spécifique tout en niant nos diversités. Vous pouvez d'ailleurs remarquer que ce n'est pas le cas pour l'homme. Lorsqu'on dit "l'homme a marché sur la lune" on ne parle pas de la catégorie masculine, on pense à l'humanité (bien qu'il n'y ait que des hommes qui aient marché sur la lune) .

J'ai cependant suivi avec attention.

- le blog des vigilantes

- les tables rondes à Lyon, Marseille, Lille, Paris, Bondy et leurs compte-rendus

y trouvant beaucoup d'intérêt.

A l'issue de ces rencontres un Livre blanc a été élaboré, il comprend  24 propositions pour transformer la vie des femmes.... et celles des hommes. Rien de très nouveau dans ces 24 propositions qui reprennent des sujets déjà très débattus, si ce n'est que désormais on dispose d'une synthèse.

Hier j'ai assisté à la journée de clôture qui se tenait à Paris et au cours de laquelle ce Livre blanc a été remis au premier ministre.

Il faut reconnaitre que les choses n'étaient pas faites à moitié.

Ont  défilé à la tribune du grand amphi de Sciences Po (plein à craquer) Simone Veil (standing ovation), François Fillon, Nathalie Kosciusko-Moriet, Cécile Duflot, Laurence Parisot, Eric Woerth, Gisèle Halimi,  de très nombreuses spécialistes toutes très renommées et des femmes qui ont partagé leur expérience.

J'ai eu le sentiment que les politiques étaient ravis d'une telle tribune et personnellement je trouve suspect l'enthousisame de l'UMP envers les propositions du Livre blanc.

Valérie Toranian directrice de la rédaction n'a d'ailleurs pas raté le coche. A Eric Woerth, qui rappelait que des études ont montré que la féminisation du travail était un bien pour la société et que les entreprises qui avaient davantage de femmes parmi leurs instances dirigeantes étaient plus performantes, elle a lancé un scud : "votre gouvernement pourrait donc devenir plus performant si il était plus paritaire". Réponse embrouillée du ministre qui a dit que c'était déja pas mal, et qu'il y avait des femmes à la tête de ministères importants.

Les sujets abordés étaient ceux que j'évoque ici, vus sous sous plusieurs angles ou décortiqués par des expertes.

J'ai de quoi écrire des billets pour plusieurs mois

Je vais commencer par la question que continue de me poser l'organisation d'une telle manifestation par ELLE, elle a d'ailleurs été clairement abordée lorsque de la salle quelqu'une a demandé si ELLE qui contribue à diffuser la dictature de la minceur était légitime pour organiser ces Etats Généraux. Valérie Toranian,  pas du tout prise de court, a répondu que "effectivement, comme tous les magazines féminins ELLE véhicule des archétypes. Mais la mode correspond a une vraie envie pour les femmes de voir des choses belles et c'est structurant pour elles (pour l'envie ce doit être vrai puisque la presse destinée aux femmes est parmi celle qui résiste le mieux, pour le reste joker ). Le problème étant plutôt que les créateurs aiment les femmes minces. Mais dans ELLE nous essayons de montrer qu'il y a 1000 autres façons de s'exprimer. ELLE montre aussi chaque semaine comment déconstruire les stéréotypes et comment les femmes peuvent être elles-mêmes en étant artistes, femmes de pouvoir etc..." Elle considère que la presse a le choix entre se faire subventionner par l'Etat ou être financée par la publicité et si j'ai bien compris elle est plus à l'aise avec la seconde formule. En tout cas le positionnement est clairement assumé. 

La couverture du N° de cette semaine est bien le reflet de cette ambiguité : gros titre sur les états généraux, mais en dessous c'est d"anti-kilos" qu'on parle. A l'intérieur on commence à montrer des maillots de bains et les corps qui sont dedans .

Difficile effectivement d'être à la fois un média qui contribue autant à la construction et la diffusion des stéréotypes et de se prétendre à la pointe de la réflexion sur les femmes. 

En même temps je dois reconnaitre que le fait qu'un hebdomadaire a si grand tirage évoque les questions relatives à l'équilibre des temps, aux violences envers les femmes, aux inégalités, aux stéréotypes contribue à leur donner une audience qu'elles n'ont pas actuellement hormis peut être le sujet de la violence.  

Et ça c'est plutôt positif.

(à suivre)

les citations ne sont pas du verbatim mais sont faites à partir de mes notes. J'ai enregistré beaucoup de choses j'espère pouvoir être plus précise dans les billets suivants

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