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05/01/2010

Modification du titre

Hop ! nouvelle année, je modifie le titre de ce blog.

C'est toujours bien sûr "Olympe et le plafond de verre", même si le sujet s'est notablement élargi. Je suis bien habituée désormais à ce que nombre de personnes m'appellent Olympe (qui est je trouve un très joli prénom).

J'avais ajouté "blog féministe" pour bien marquer, que c'est un qualificatif que non seulement j'assume mais que je revendique puisque ce n'est pas toujours facile (voir à ce sujet l'article de Backchich : "Qu’une femme se déclare féministe et elle s’exclut du genre des vraies femmes : celles qui bénéficient des quelques avancées arrachées au prix de deux siècles de luttes opiniâtres, tout en proclamant haut et fort leur dégoût du féminisme.")

Mais je m'aperçois que ce sous titre, outre son caractère un peu institutionnel alors que je ne fais rien d'autre qu'exprimer mes réflexions personnelles, génère des attentes que je ne suis pas en mesure de combler, et que je ne souhaite d'ailleurs pas combler. Depuis quelques mois déjà je songeais à l'enlever, mais je ne m'y suis pas résolue.

Récemment  je me suis contentée, comme je le fais de temps en temps, de mettre quelques liens, dont un vers un blog de cuisine que j'apprécie. J'ai immédiatement eu droit à ça, que j'ai trouvé d'une violence inappropriée compte tenu du sujet.


De quoi à mon avis détourner du féminisme toutes celles et tous ceux qui sont passés après ! si être féministe c'est théoriser l'enrichissement de Messieurs William Saurin et Picard je n'en suis pas non plus.
Chacun e.st libre de cliquer ou non et je ne vois pas en quoi l'envie de trouver de nouvelles recettes de cuisine serait le signe d'une incurable aliénation. Et il y a des hommes aussi qui lisent ce blog.

Par contre, je ne voudrais pas qu'il y ait tromperie sur la marchandise. Quand j'achète Sciences Humaines je ne m'attends pas à y trouver une recette de cuisine ou les résultats des matchs de foot, je conçois donc que quand on lit un blog qui se dit féministe on ne cherche pas des recettes. Avec cependant des différences notables, la principale étant que je paye pour lire ma revue préférée.
 
Bref, désormais au lieu de "blog féministe" , ce sera "blogueuse féministe". Et pour moi ce n'est pas un détail, je vais me sentir beaucoup plus libre aussi bien dans mes positions que dans la possibilité de parler d'autres choses à l'occasion, même si je n'ai pas vraiment l'intention de changer de ligne éditoriale.

03/01/2010

Les états généraux de la femme selon ELLE.

Je crois bien qu'avant d'avoir un blog je n'avais jamais acheté ELLE. Je le feuilletais quelquefois chez le médecin ou le coiffeur, mais préférant nettement, si j'avais le choix, Voici ou Paris-Match.

Depuis il m'est arrivé de l'acheter, pour y chercher de l'inspiration ou parceque je m'étais rendue à la soirée de remise des prix des "reines du net" et que je voulais lire le compte rendu et voir la photo des copines.

Et je ne manque pas la rétrospective du lundi de Doucement le matin...

En fait je n'ai jamais été déçue : peu de choses à lire et une quantité incroyable de publicités avec des filles maigres et peu vêtues. Qu'un tel journal prétende "réfléchir à la condition féminine en 2009 et proposer des pistes pour l’améliorer" n'est pas cohérent.

Il suffit pour s'en convaincre de répondre aux questions des sondages pompeusement titrés "les femmes reprennent la parole".  Il sont confondants de stéréotypes. Soit ELLE a fait dans le pas cher et les questionnaires ont été concoctés par des stagiaires en communication, soit il s'agit d'un parti pris idéologique. Je pense en fait que ELLE a utilisé les mêmes outils que d'habitude lorsqu'il s'agit de savoir par exemple "de quel acrro aux régimes " nous sommes.

Aucun des thèmes n'est traité en profondeur. Et ils répondent à des questions sur lesquels les études statistiques et sociologiques sont déjé nombreuses.
Je reconnais qu'il sera peut être intéressant, de connaitre la perception qu'ont les lectrices de ELLE de l'évolution de la place des femmes en politiques ou des limites qu'elles ressentent dans leur vie professionnelle.

Au pire ils  ne proposent  que des réponses limitées et très orientées.  Celui sur la famille par exemple part du présupposé qu'une famille est constitué d'un père, d'une mère et des enfants. Celles qui l'envisagent autrement, ou qui ne l'envisagent pas sont priées de passer leur chemin. Du coup on ne connaitra jamais leur point de vue.

Le thème "C'est quoi être une fille ?"  est un véritable monument. En tout cas il  montre crûment l'inanité de l'initiative.

Voici quelques questions, mais je vous conseille d'aller voir par vous même, toutes sont du même acabit.

Question N°1 :
Etre une fille c’est…
 
 

 


Question N°2 :  Parmi ces mots, lequel associez-vous au statut féminin ?
 
 



Question N°3 : L’accessoire associé aux filles en 2009 ?
 
Le rouge à lèvres
 
ne

Péniblement le débat s'élève un peu de temps en temps

Côté travail, elles…
 
 

 


Mais c'est pour mieux retomber un peu plus loin, avec cette question qui, comme vous le voyez, nous ramène effectivement 40 ans en arrière.

Dans votre esprit, vous associez la féminité à…
 
 

 


L'ensemble se termine par l'essentiel, c'est à dire des questions pour savoir si vous lisez ELLE et à quelle fréquence.

Difficile de comprendre comment Simone Veil et des ministres ont accepté de cautionner la démarche. Certainement dans l'espoir de fédérer un maximum de femmes autour de cette initiative. J'aimerai y croire moi aussi.  Mais l'amélioration de la condition des  femmes passe entre autres, et ce n'est pas un point mineur, par l'image qu'a la société des femmes et de leurs corps. En ce sens ELLE est bien le véhicule d'une certaine image, mais de celle qu'il serait utile de changer justement.
Tout à fait incompatible avec le financement du journal par ses annonceurs.





30/12/2009

Les bonnes résolutions d'Osez le féminisme

Une revue qui en est déja à son N°4 et qui a trouvé son ton : Osez le féminisme, à lire en ligne mais vous pouvez aussi vous abonner.

Leurs bonnes résolutions pour 2010


osez_le_feminisme_resolutions_2010.JPG

18/10/2009

Women's forum

Verom_womens_forum.JPG

Hier j'ai quitté Deauville très joyeuse. La tête pleine des rencontres que j'y ai faites, et dont je sais que certaines auront une suite.

J'ai mesuré au cours de ces 3 jours combien les femmes présentes étaient déterminées à prendre leur place dans la construction du monde, combien le fait d'être ensemble nous rendait fortes. Il y a été question de développement durable, de nouvelles technologies, de management, les femmes font désormais entendre leur voix à coté de celles des hommes, juste parcequ'il n'y a pas de raison qu'il en soit autrement.

Vous pouvez retrouver des  extrait de l'intervention de Brigitte Grésy sur le blog Chroniques de ma banlieue, et encore plus de vidéos (en anglais) sur  Les nouvelles news

Et comme sur le chemin du retour, j'ai entendu à la radio que la manif pour les droits des femmes réunissait plusieurs milliers de personnes, que la plupart des médias en ont fait un compte rendu à la hauteur de l'importance qu'elle mérite j'ai pensé que décidément quelque chose bougeait.

Premières photos chez Emelire,  je suppose qu'il y en aura d'autres


(Dessin Verom)

16/10/2009

Women's forum J2

Entendu aujourd'hui au cours d'une table ronde à laquelle participaient Beth Brooks USA, Brigitte Grésy France, Ndidi Nwuneli Nigeria, Melanne Verveer USA

-  de toute façon, partout, nous représentons la moitié des votants

- en réalité l'accès aux postes élevés se fait par cooptation, et la cooptation est une politique de quotas qui ne dit pas son nom. Remplaçons la cooptation par des quotas transparents et provisoires

- le prochain combat sera de faire venir les hommes sur notre terrain. Il est important de travailler sur la perception qu'ont les hommes du monde du travail

- les hommes commencent à se dire que l'investissement dans la vie privée est aussi une valeur.

- une femme qui a de l'empathie est considérée comme trop douce pour être manager, une femme qui a de la force est considérée comme arrogante.

- la Norvège est passé de 7% de femmes dans les conseils d'administration des entreprises en 2003 à 40% en 2008, avec une loi qui prévoyait la dissolution des entreprises qui ne la respecteraient pas. Mais tout n'est pas réglé car aujourd'hui certaines femmes ont 10 mandats, il reste à faire progresser un vivier.

Women's forum en direct

Vérom est une jeune dessinatrice dont le métier consiste à mettre en image les réunions, les séminaires auxquels elle assiste. Les entreprises la payent pour cela : donner une autre vision des choses.

Ici elle dessine une grande fresque, qu'elle complète au fur et à mesure

C'est pertinent et drôle

Women's forum J1

La première chose qui m'a frappée en entrant c'est la diversité des âges et des tenues. Habituellement dans ce genre de palais des congrés on ne croise que des clones : costumes sombres, cheveux courts (ou pas de cheveux), seule touche de couleur : les cravates. Ici aussi le sombre domine, les vêtements d'été ont réintégrés les placards, mais on voit des jupes, des pantalons, des pulls, des chemisiers, des vestes, des cheveux longs, courts. La seconde chose que j'ai  remarquée  en me frayant un passage dans la foule ce sont les parfums .

Difficile de faire un compte rendu, les interventions se succèdent, entrecoupées de "networking break" des moments pendant lesquel ont lieu des présentations mais qui sont surtout réservés aux rencontres.

Quelques moments choisis :

-Le PDG de Renault Nissan m'a agacée en disant que "chaque homme a une mère, peut être une femme, des filles, des soeurs . En fait on est dominé par les femmes(sic).(...) Alors si vous voulez participer au changement ne laissez pas vos filles se rendre victimes de ségrégation."

mais allez savoir pourquoi j'ai applaudi quand Fadela Amara nous a parlé d'une des ses amis qui se plaignait de devoir  toujours faire le ménage " parceque son homme ne sait pas le faire". Fadela ça l'énerve ce genre de remarque, et elle connait la solution qui est simple : son amie n'a qu'à rien faire et aller se promener. Le monsieur finira bien par ranger ses chaussettes. Elle a raison.

- la Ministre des affaires étrangères du Libéria, pays qui a vécu une période de violents conflits nous a raconté que, sous l'égide de l'ONU, plusieurs pays avait installé des unités militaires pour aider  la transition vers la démocratie. L'Inde avait envoyé une unité composée de femmes. Elle nous dit combien ce fut important, pour les femmes du Liberia qui, comme toujours dans les conflits, avaient connu les viols massifs. Elles se sentaient davantage rassurées par des femmes. Surtout cela  donné envie à certaines d'entrer dans la police et les a toutes  aidées à comprendre qu'elles ne devaient pas rester victimes de la situation politique mais devenir actrices du changement..

- en fin de soirée une chairwoman  d'Afrique du Sud, qui dirige une entreprise de plus de 2 000 salariés, avec laquelle j'avais échangé quelques phrases, m'a donné sa carte de visite. J'ai hésité du coup à lui donner la mienne, parceque blogueuse....

Pour un compte rendu plus complet, en image et en musique vous pouvez voir sur Maviepro

10/10/2009

17 octobre, manifestation pour les droits des femmes

Toutes les infos ici.

Pour une fois, il s'agit d'une manif de rentrée, ce n'est pas le 8 mars et il semble que la presse s'y intéresse davantage. Ce serait une bonne nouvelle que le combat des femmes pour l'égalité revienne sur le devant de la scène.

La liste des organisations appelant à défiler est impressionnante.

03/09/2009

Ce n'est pas VDM mais vous pouvez témoigner du sexisme ordinaire

"Centre hospitalo-universitaire en région parisienne

Je connais mon métier par cœur. Vingt-cinq ans de salle d’opération, qui dit mieux ? En tant qu’infirmière de bloc opératoire circulante, je suis garante du bon fonctionnement de l’intervention et j’ai pensé hier que c’était le moment d’associer une jeune étudiante infirmière de première année qui est là depuis trois semaines et qui apprend à la vitesse grand V.

Pourtant quand le patron est arrivé, il s’est mis à hurler : « Tu es irresponsable ! Pourquoi cette fille ? C’est une petite opération, mais quand même ! » Et j’ai vu la jeune fille se liquéfier sur place, morte de honte d’être là où on ne l’attendait pas, morte de honte d’être rejetée ainsi avec fracas. « Mais, monsieur, ai-je tenté de répliquer, vous acceptez bien des internes qui ont trois jours de présence dans le service. Peut-être, mais ce sont des médecins.»

Je me suis sentie profondément humiliée. Je sais ce que je fais et la présence de cette jeune infirmière n’aurait en rien menacé le bon déroulement de l’opération. Jamais il n’aurait ainsi mis en doute le professionnalisme d’un infirmier.

C’est quand même un bon médecin. Peut-être doit-il évacuer son stress de cette façon ? Et puis après, il se rattrape. En sortant du bloc, il m’a dit : « Alors, ma grand-mère, comment vas-tu ? » et il a mis ses mains sur mes deux seins, en les pinçant gentiment. C’est comme pour Sylvie à qui il a demandé si elle avait ses règles quand elle tirait la gueule..... lire la suite

Brigitte Gresy vient de publier un "Petit traité contre sexisme" et elle va plus loin en invitant chacun-e à réagir et témoigner sur son site au sujet des lieux communs du sexisme ordinaire, tellement banals qu'on n'y prête pas toujours attention.

31/07/2009

La femme, la pub et la haine.

J'avais lancé, il y a quelques semaines, un appel pour retrouver un article de Simone de Beauvoir paru dans le Monde du 4 mai 1983. Il n'a pas fallu très longtemps pour qu'une lectrice m'envoie ce texte, et je l'en remercie.

Je rappelle que cet article a été écrit suite à une campagne visant à dénoncer un projet de loi anti sexiste présenté par Yvette Roudy. Ce projet calqué sur la loi anti raciste de 1972 qui autorisait notamment les poursuites pour toute atteinte à l'image de la femme et de sa dignité n'a au final jamais été présenté à l'Assemblée nationale. (voir mon précédent billet sur le sujet)

Ce texte a vieilli par certains cotés, mais reste d'une actualité confondante par d'autres et quelques uns de ses paragraphes pourraient être repris tels quels aujourd'hui, 26 ans après . Jugez en.

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S'il n'était si consternant, le déferlement de misogynie soulevé par la loi anti-sexiste de Mme Yvette Roudy mériterait de déchainer des fous rires. Ces messieurs – et dames – qui reprochent aux féministes de manquer d'humour s'en montrent regrettablement dépourvus. Avec quelle pompe ils font appel à leur sens des responsabilité, à leur conscience professionnelle pour revendiquer le droit d'afficher sur les murs les images qui – à leur idée – rempliront le mieux leurs poches ! Ils n'hésitent pas à invoquer les plus hautes valeurs culturelles : d'après eux la publicité nous abreuverait de beauté, et ce serait manquer de tout sens esthétique que de ne pas assimiler ses créations aux plus célèbres tableaux du Louvre, ses « messages » aux grandes œuvres de la littérature française.

Tant de lourde prétention confond ! Mais avant tout, ils sont inspirés, disent-ils, par le respect de la sacro-sainte liberté : laquelle ? La loi qui permet aux femmes de choisir librement leur maternité serait « une interférence dans la vie personnelle » et donc une atteinte à la liberté. (Il est vrai que il y a cent ans, quand s'ouvrit à Rouen le premier lycée de filles, il se trouva des hommes pour déclarer que c'était là une atteinte à la liberté.)

Liberté ! Que d'imbécilités on profère en ton nom ! On s'en autorise, par exemple, pour comparer Yvette Roudy à un ayatollah ; je ne sache pas qu'elle ait demandé à ses compatriotes de porter le tchador, ni incité à la lapidation des femmes adultères. Et quel rapport entre la reine Victoria et la femme qui a fait voter la gratuité de l'IVG ? Je ne vois rien d'humoristique ni de finement spirituel dans ces gros sarcasmes haineux.

Certains préfèrent des arguments qui leur semblent plus sérieux. La Croix, dont on connait l'effort soutenu en faveur de la libération sexuelle, accuse Yvette Roudy de vouloir interdire l'amour et le plaisir. Mme Giroud – entre autres – lui reproche de brimer « le droit aux fantasmes ». Les gens ne pourraient donc inventer leurs rêves qu'à partir des plates images publicitaires ? Il n'est pas besoin d'être grand psychologue pour savoir que les fantasmes ont de tout autres origines.

Cependant pour répondre à ces attaques, le « clin d'œil ironique », le « coup de coude » complice ne suffisent pas. Car cette petite minorité de profiteurs, enragés comme des chiens à qui on menacerait de retirer leur os, risque de nuire, tant leur campagne est solidement orchestrée : ils sont soutenus par de nombreux journalistes car les journaux – sauf le Canard enchainé qui, justement, n'a guère pris part à cette opération – vivent en grande partie de la publicité. Il faut donc dénoncer plus précisément la mauvaise foi des arguments invoqués.

D'abord, l'amalgame. La loi ne concerne ni les livres, ni les films, ni les tableaux, ni aucune création artistique ; elle ne s'en prend pas non plus aux revues, aux magazines. Seul la pub est visée, car elle seule, au lieu de se proposer à des libertés, s'impose aux regards qui, bon gré, mal gré, la subissent. Personne ne s'indigne qu'on réprime la liberté des exhibitionnistes : certaines exhibitions publicitaires ne sont pas moins choquantes ; il me paraît logique d'en protéger les passants. Cette protection est d'ailleurs fort discrètes : on brandit le mot de censure : mais il ne s'agit rien de tel : la loi accorde seulement aux femmes qui se sentent agressées un pouvoir de contestation, un contre-pouvoir de régulation démocratique. En fin de compte, ce seront les juges qui décideront du bien-fond de leur protestation.

Pourquoi les femmes ? Parce que ce sont elles qui sont en question ; ce sont elles dont la pub, pour vendre ses produits, propose des images avilissantes. Jamais un homme. Sauf autrefois, des Noirs. Mais la loi anti-raciste a rendu impossible les « Banania-y'a bon «  de mon enfance. On nous dit que les lois ne peuvent rien, que le racisme est demeuré aussi vivace depuis la loi anti-raciste. Il y a mille raisons pour qu'il n'ait pas désarmé. Du moins, ne s'exprime-t-il plus tout à fait impunément. Certaines affiches ont disparu de nos murs. A la suite de quelques procès, les cafetiers n'osent plus refuser de servir des « bicots » ou des « nègres. Une loi ne change pas du jour au lendemain les mentalités, d'accord. Mais elle contribue à les former. Une sotte demandait dans Le Nouvel Observateur : « Suffit-il de brûler les images pour libérer les femmes ? » Non, bien sûr, ce serait trop simple. Mais il n'est pas inutile d'agir sur les images. Les enfants aussi ont des yeux, les images s'impriment en eux. Éviter qu'elles ne leur inspirent le mépris de la femme serait déjà une victoire.

Il paraît inconcevable à ces messieurs qu'un corps de femme puisse être utilisé comme « support publicitaire » sans qu'on lui inflige une attitude dégradante. Refuser cet avilissement serait interdire toute image de femme et, par extrapolation tout image. Un monde sans images ? C'est l'austérité tyrannique des pays de l'Est ! Le goulag n'est pas loin... Ces insinuations absurdes trouvent des oreilles complaisantes chez les ennemis du régime, car il ne faut pas oublier que cette campagne – et peut-être essentiellement – politique.

Cependant, cet aspect est plus ou moins masqué. Ce qu'on dénonce bruyamment, ce sont les excès auxquels, forte de la loi Roudy, vont se livrer les féministes. Les publicistes répètent à cor et à cri qu'il faut faire confiance aux femmes. Alors ? Alors, les féministes ne sont pas des femmes. On reprend contre elles les arguments les plus éculés. Elles sont « torturées, mal dans leur sexe « , déclare M J-F Fabry, éminent inventeur de la femme ligotée, portant des jeans Buffalo. « Ce sont des intellectuelles qui n'ont pas de contact avec la réalité «  diagnostique un autre. Je connais des féministes médecins, avocates, ingénieurs, mères de famille : il ne me semble pas que le directeur d'une agence publicitaire ait, à priori, de meilleurs contacts avec la réalité ; à moins que « réalité » ne signifie pour lui le fric dont il a certainement une expérience plus enrichissante. Quoi qu'il en soit, il faut le répéter, ce ne sont pas les associations qui trancheront, mais des juges. Tout ce que nous espérons c'est que la perspective d'un procès puisse avoir -comme dans le cas du racisme – un effet dissuasif.

Ce qu'il y a de consternant dans toute cette affaire, c'est la vraie raison d'une telle levée de boucliers.

Contraints et forcés, les hommes renoncent à se targuer ouvertement de leur supériorité dans le domaine économique : contre l'égalité des salaires, contre la non discrimination des emplois, ils mènent des luttes plus sournoises. Mais ils demeurent profondément convaincus que la femme est un objet à manipuler, qu'ils sont les maitres de cette manipulation. On ne les changera pas de sitôt. Mais toute démarche qui met obstacle à leur prétention dominatrice devrait être accueillie avec reconnaissance non seulement par les féministes, mais par toutes les femmes, du moins par celles qui refusent de se laisser mener à la baguette, fût elle ornée d'un diamant.

29/06/2009

Jamais les féministes n'ont brûlé leurs soutiens-gorge

Sur Evène, un article sur la lingerie féminine "Porter la culotte".

On y apprend plein de choses intéressantes et notamment que " l'autodafé de lingerie n'eut en réalité jamais lieu. bruler_les_soutien-gorges.jpg

En septembre 1968, un groupe de féministes new-yorkaises avait en effet prévu de brûler des soutiens-gorge pour protester contre l'élection, qu'elles jugent rétrograde, de Miss America. N'ayant pas l'autorisation de faire un feu sur la voie publique, les demoiselles se contentent finalement de jeter leur soutien-gorge dans des poubelles. Les journalistes auraient par la suite recréé l'événement, le mélangeant avec les manifestions contre la guerre du Vietnam où des ordres d'incorporation étaient, cette fois, réellement brûlés.

Au-delà de cette légende urbaine, dans les années 1970, les piquets de grève devant les magasins de lingerie, eux, sont bien réels. Le soutien-gorge est perçu comme un symbole d'une oppression subie par les femmes sans même qu'elles ne s'en rendent compte. Le signe qu'elles ont été "séduites par des rituels esthétiques et contraintes de se conformer à l'idéal imposé par la société."

28/05/2009

1983-2009 Quand l'histoire se répète

Un article de Chloé Leprince sur Rue 89 m'a amenée à faire quelques recherches. Non pas sur la campagne contre le viol qui en est le sujet principal mais sur une loi antisexiste qui aurait été votée en 1983.

A l'époque, au journal de 20H Yvette Roudy faisait preuve d'un bel optimisme en annonçant que son projet de loi antisexiste ( point par point calqué sur la loi anti raciste de 1972) qui autorisait notamment les poursuites pour toute atteinte à l'image de la femme et de sa dignité aurait un fort effet dissuasif, comme cela avait été le cas pour la loi antiraciste.

Mais que se passa-t-il réellement ?

En réalité cette loi n'a jamais été présentée à l'Assemblée nationale. .

Parceque, cela va vous étonner ,

(je reprends ici le texte de Gisèle Halimi)

" une levée de boucliers d’une extrême violence met les féministes en accusation. Accusations de censure, de puritanisme, de retour à l’ordre moral. Vous l’avez compris, la publicité, principalement, qui entend déployer en toute impunité ses panneaux indignes, a mal au fric. Donc elle se bat, vitupère, diffame, créé un barrage rendu insurmontable par l’adhésion quasi unanime des médias. Tout est bien lié. La ministre des Droits des femmes, dénoncée comme « l’ayatollah Roudy » voudrait instaurer une « police des fantasmes » « tuer l’érotisme ».

(...)

Simone de Beauvoir ne s’y est pas trompée. Elle monte au créneau. Dans son article La femme, la pub et la haine, elle dénonce « cette petite minorité de profiteurs, enragés comme des chiens à qui on menacerait de retirer leur os : ils sont soutenus par de nombreux journaux car ils vivent en grande partie de la publicité ». Elle explique très justement qu’une telle loi accorderait aux femmes qui se sentiraient agressées « un pouvoir de contestation » et non de censure. Et comme en toute démocratie, les juges trancheraient.

La loi antiraciste a proscrit les affiches du Noir débonnaire s’extasiant sur son « Y’a bon Banania ». Pourquoi pas celle de la femme chienne vantant les collants Dim ?

(...)

Le pouvoir politique, toujours masculin à 90%, refuse le débat pour une nouvelle loi antisexiste.(...) Donc après l’enregistrement sous le numéro 1383 à l’Assemblée Nationale du projet de loi antisexiste, il restait à l’inscrire à l’ordre du jour pour qu’il fût débattu et soumis au vote.

Que croyez-vous qu’il arriva ? François Mitterrand torpilla. En catimini, bien sûr. Il fit savoir qu’aucune urgence n’exigeait que les parlementaires s’attelassent à l’œuvre. Qui décide de l’ordre du jour à l’Assemblée Nationale ? La conférence des Présidents. Majorité absolue : celle du gouvernement et de l’Elysée. Donc, en 1983, François Mitterrand parle à François Mitterrand. Et obtient gain de cause. Le projet ne fut donc jamais discuté à l’Assemblée Nationale."

PS : Si quelqu'un dispose de l'article de Simone de Beauvoir (Le monde 4 mai 1983) je suis preneuse..

25/05/2009

Engagez-vous, rengagez-vous

Il y aurait comme un frémissement, les associations féminismes semblent enregistrer de nouvelles adhésions ces derniers temps et Circé nous signale par exemple qu'une réunion organisée à Orléans sur le thème du féminisme a rassemblée une vingtaine de personne ce qui compte tenu de la date lui semble tout à fait positif.

Alors si vous voulez voir plus d'égalité c'est le moment de vous investir.

Le CNDF prépare une grande manif pour l'automne. C'est plutôt exceptionnel, ce n'est ni à l'occasion du 8 mars, ni de la journée du 25 novembre contre les violences, c'est pour dire le ras le bol des femmes et réaffirmez ses revendications..

Voici leur tract. Apparemment ça réunionne pas mal pour préparer cette manif, et comme elle m'ont demandé de relayer je le fais bien volontiers. Vous avez en bas une adresse pour les rejoindre.

A titre personnel j'y rajouterai d'ores et déja plusieurs points :

- le plus important la revendication d'un congé paternité obligatoire (comme le sont les 8 semaines pour les femme) d'une durée au moins égale à la moitié de celui des femmes. Cela rétablirait l'équilibre dans les carrières professionnelles, permettrait aux hommes de s'investir dès le début dans le paternage et les tâches domestiques. FONDAMENTAL

- la revalorisation des métiers traditionnellement féminin. C'est bien d'encourager les femmes à devenir maçonnes ou électriciennes, mais je ne vois pas pourquoi on n'encourage pas dans le même temps les hommes à devenir caissière ou aide ménager. Ces tâches seraient -elles trop basses pour eux ?

- mettre la pression sur les médias pour qu'ils traitent les femmes autrement qu'ils ne le font (voir à ce sujet le rapport Reiser).

- que les pouvoirs publics, les instances officielles n'utilisent plus un vocabulaire androcentré : je ne voudrais plus entendre par exemple parler de la déclaration des droits de l'Homme.

si vous n'arrivez pas à lire le tract le texte est ici

Tract_1er_mai.jpg

19/05/2009

« Femmes affiches, femmes potiches, on en a plein les miches ! »

C'est le slogan du collectif contre le publi sexisme qui a occupé les locaux d'une agence de pub.collectif_contre_le_publisexisme.JPG

18/05/2009

On ne nait pas homme, ce que ce texte m'inspire

Suite du précédent billet

Beau texte, vraiment. Nancy Huston est écrivaine et ça se voit.

De quoi parle-t-il en fait ? Et bien me semble-t-il de féminisme. Nancy Huston, c'est une interprétation toute personnelle, appelle à un féminisme plus essentialiste (voir mon billet sur le sujet), et ce n'est certainement pas un hasard si elle commence par critiquer Simone de Beauvoir figure de proue du féminisme universaliste. Plus loin elle enfonce le clou "certaines théoriciennes de l'Occident se voilent les yeux ; elles refusent de voir ce qui crève les yeux de tout le monde, à savoir que les hommes et les femmes ce n'est pas pareil." , elle précise, ce qu'elle même pense de l'instinct maternel, à savoir qu'il serait une réalité et elle affirme avec conviction tout ce qu'il contient de positif.

Cet article est très significatif des lignes qui sont en train de bouger dans le féminisme actuellement. Celui-ci s'est construit sur l'idée que les femmes devaient être l'égales des hommes, qu'elles pouvaient faire pareil et que rien ne devait les entraver.

Aujourd'hui beaucoup de femmes (la majorité des femmes ?) refusent de se reconnaitre comme féministes parceque si elles trouvent évidente l'égalité des droits, elles n'ont pas envie de renoncer à leurs personnalités de femmes qu'elles ressentent comme différente de celles des hommes.

En plus, Nancy Houston en abordant le sujet des différences non pas du point de vue des femmes, mais de celui des hommes ouvre une perspective dont il convient de s'emparer.Plutôt que de se poser la question de la spécificité du féminin posons celle de la spécificité du masculin. En quoi les hommes deviennent-ils des hommes ? Comment la société les fabrique-elle ? Sa conclusion du coup est formidable " L'un n'aurait vraiment rien à apprendre de l'autre, l'autre devrait se rapprocher toujours et exclusivement de l'un ?" (pour mémoire c'est le titre d'un livre d'E Badinter (féministe universaliste) : L'un et l'autre : des relations entre hommes et femmes )

La réflexion est ouverte, c'est aujourd'hui qu'elle se mène. Une chose est certaine, il faut sortir du débat sur l'innée et l'acquis.

J'ai une admiration sans borne pour Simone de Beauvoir, et une reconnaissance infinie pour toutes les femmes qui ont permis de faire avance les choses, mais c'est aujourd'hui le féminisme du 21eme siècle qu'il faut penser (oui, moi aussi je peux être lyrique).

Moins intéressante à mon sens, même si c'est celle qui frappe l'esprit au premier abord la partie du texte sur les violences masculines. Elle est d'un lyrisme absolu mais ne correspond pas vraiment à la situation actuelle en France. Certes la plupart des violences contre les personnes y sont le fait des hommes, mais la plupart des hommes,qui ont effectivement joué à la guerre quand ils étaient petits, n'ont pas commis de violences physiques et n'en commettront pas.

Même chose à propos de son hypothèse sur le désir des petits garçons de savoir d'où ils viennent. Elle n'est que pure spéculation psychanalytique.Laissons les sociologues, ethnologues et psy de toutes sortes nous apporter des explications mieux étayées.

vous pouvez lire le billet d'ELLY dont l'avis est différent du mien

08/05/2009

Mon conseil pour lundi soir....

regardez (si vous l'avez) Canal + qui diffuse à 20H45 un documentaire intitulé "Bienvenue dans la vraie vie des femmes ".

bienvenue_vraie_vie_femmes.jpg

J'avais été contactée il y a quelques mois par Agnés Poirier, une journaliste qui préparait ce film . Elle souhaitait m'interviewer. J'ai refusé, parce que d'une part je préfère encore (pour combien de temps ?) conserver mon anonymat, et d'autre part j'ai toujours une certaine méfiance envers les journalistes à qui vous parlez pendant 20 mn et qui n'en retiennent que 2, qui ne sont généralement pas du tout selon vous les 2 meilleures minutes.

Je l'ai un peu regretté quand j'ai vu le film lors de la soirée de présentation en avant première à laquelle j'étais invitée.

Il est excellent. On y retrouve tous les thèmes que j'aborde ici sur la place et l'image des femmes. Avec des données objectives, des illustrations très éclairantes comme ce petit garçon qui annonce fièrement à l'école que "ça va bien", alors que la petite fille, qui a une meilleure moyenne que lui considère "que ce n'est pas encore tout à fait ça" !, des chiffres et des faits bien sûr, mais aussi un panel de scientifiques qui apportent des éclairages intéressants sur la manière dont les choses se jouent.

Un film qui devrait redonner envie de devenir féministe.

Je me suis même demandée un instant si il était encore utile que je blogue puisque ce film fait un tour très complet de la question.

Vous pouvez voir ici les premières minutes du film (après avoir passé la pub Silhouette active !)

Cela a été aussi pour moi l'occasion de rencontrer 2 blogueuses Corinne que je connaissais déjà et Sandrine très impliquée dans le combat des femmes, et plus particulièrement des femmes noires.

06/05/2009

Les féminismes aujourd'hui : 3/ Le revers de la médaille

mai_68.jpgDonc, la vie des femmes a bien changé depuis les années 60. Personnellement je pense que c'est plutôt en mieux.

Mais il reste encore du chemin à parcourir et ces évolutions ont même amené ce qu'on pourrait appeler des effets pervers.

La révolution sexuelle (liée au contrôle de la fécondité puisque désormais les femmes peuvent faire ce qu'elles veulent sans avoir comme leurs mères la hantise d'une grossesse non désirée), a entrainé des mutations profondes. Dont les jeunes filles aujourd'hui semblent ne pas avoir conscience.

  • La société très pudibonde encore au début des années 60 a fait exploser les normes morales. Le corps et le sexe n'ont plus grand chose de tabou. En contrepartie les corps très dénudés s'affichent un peu partout, et il se trouve que ce sont généralement des corps féminins. Et malheur à celles qui se déclarent choquées, humiliées, elles ont vite fait d'être traitées comme des censeurs (au mieux) ou des mal baisées (au pire).
  • Ces corps exposés sont directement soumis à la contrainte de nouvelles normes : être bronzée lorsqu'est apparu le bikini, être mince, être très mince... Les pressions subies par les hommes existent aussi mais à un degré bien moindre. Dans l'inconscient collectif l'homme reste le chasseur.

L'acquisition d'une indépendance financière la majorité des femmes travaillent aujourd'hui.

  • Mais dans le même temps les taches ménagères n'ont pas été partagées, (les hommes eux non pas changé leurs activités), les gains en temps sont dus aux appareils électroménagers ou aux aliments déjà préparés. Résultat : pour beaucoup de femmes la charge de travail a augmenté. Les hommes eux n'ont pas fait leur révolution e
  • Le fait de travailler a été considéré par les féministes universalistes comme une condition sine qua non de l'égalité. "Tout ce que les hommes font, on peut le faire" et une revendication importante est, aujourd'hui encore, celle d'une multiplication des places de crèches. C'est évidemment une bonne chose, mais dans le même temps celles qui préfèrent passer du temps avec leurs petits enfants sont stigmatisées, car éloignées du marché du travail. Il est vrai qu'elles ont bien du mal pour certaines à le rejoindre ensuite. Or, il se trouve que des femmes (j'ignore dans quelles proportions, mais j'en ai fait partie) s'épanouissent aussi dans la grossesse et le maternage et que la problématique qui se présente à elle n'est pas tant celle des modes de garde que celle de pouvoir retrouver sa place dans le monde du travail si elles choisissent de s'arrêter ou d'arriver à dégager davantage de temps pour leurs enfants si elles décident de travailler. Problématiques non prises en compte actuellement et qui concernent également les hommes.

L'élargissement des choix professionnels

  • Toutes les professions sont aujourd'hui ouvertes aux femmes et les gouvernements ou les organisations professionnelles font des campagnes pour qu'elles n'hésitent pas à se lancer dans des métiers traditionnellement masculins.
  • Mais je n'ai jamais vu de campagne visant à revaloriser les métiers traditionnellement féminins pour y attirer des hommes. De façon générale tout ce qui est réalisé par les femmes n'est pas considéré. Qu'on se rappelle avec quel mépris Xavier Darcos avait jugé l'activité qui consiste à faire faire la sieste à des enfants et à changer leurs couches, ou celui d'un Destrem lorsqu'il parle de sa femme de ménage. Et comme vous le savez tout ce qui n'est pas valorisé est mal payé.
  • Le plafond de verre est une réalité bien concrète (là je vous laisse relire ce blog).

Or, j'ai quelquefois l'impression que les mouvements féministes en sont restés à la consolidation des revendications des années 60/70.

27/04/2009

Les féminismes aujourd'hui : 2/ Ce qui a changé dans la vie des femmes depuis les années 60

La vie a bien changé depuis l'époque du MLF, au point que pour beaucoup le féminisme est aujourd'hui dépassé.

N_15_-_LE_RETOUR_DU_PERE_APRES_SA_JOURNEE_DE_TRAVAIL.jpg L'égalité des droits est en France une réalité, mais qui n'est pas si ancienne que ça (détail sur le site du planning familial)

  • - droit de vote pour les femmes : 1944
  • - liberté d'exercer une profession sans avoir à obtenir l'autorisation de l'époux : 1965
  • - liberté de disposer de ses biens propres (réforme des régime matrimoniaux): 1965
  • - l'autorité parentale remplace l'autorité paternelle : 1970

Le contrôle de la fécondité, ce fut l'un des axes majeur des combats féministes des années 60.

  • - La pilule contraceptive a été mise au point au milieu des années 50 mais il a fallut attendre la loi Neuwirth pour qu'elle soit autorisée en France, la publicité pour les moyens contraceptifs restant longtemps interdite (sauf dans les revues médicales ).
  • - loi Veil sur l'IVG 1975

La révolution sexuelle dans les années 60 une fille devait rester vierge jusqu'au mariage sous peine de voir sa réputation, et celle de sa famille, gravement entachée. Celles qui donnaient naissance à un enfant hors mariage étaient qualifiées d'un très péjoratif "filles-mères" . Et celles qui fêtaient Sainte Catherine, c'est à dire qui n'étaient pas mariées à 25 ans devenaient des "vieilles filles". Pour les femmes point de salut hors le mariage. Aujourd'hui les femmes ont une existence sociale en dehors du mariage et la première dame de France peut se vanter de ses 30 amants sans susciter de scandale.

L'acquisition d'une indépendance financière au début des années 60, la plupart des femmes renonçaient à toute activité professionnelle pour se consacrer à leur foyer. C'était la noble mission qui leur était assignée. Toutes ne s'y épanouissaient pas, mais elles se trouvaient surtout complètement dépendantes d'un conjoint et dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins en cas de séparation . Aujourd'hui, il apparait normal qu'une femme, mariée ou non, travaille.

L'élargissement des choix professionnels. Encore dans les années 70 les filles apprenaient la couture et la cuisine à l'école, les garçons la menuiserie ou la soudure et les orientations professionnelles étaient complètement sexuées. Aujourd'hui toutes les études, tous les métiers sont ouverts aux 2 sexes en droit, mais aussi en réalité (sauf curé !)

La prise de parole des femmes. Les femmes se taisaient en présence des hommes. C'est même l'une des raisons de la constitution de groupes féministes dans les universités en mai 68, les filles n'arrivaient pas à en placer une pendant les AG

(Avis aux commentateurs : j'ai peut être oublié des choses merci de compléter. Par contre ne dites pas "oui, mais en réalité etc....." il y aura d'autres billets pour évoquer la réalité d'aujourd'hui).

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26/04/2009

Les féminismes aujourd'hui : 1/ essentialisme-universalisme

Avant d'ouvrir ce blog j'étais féministe. Point ! ça me semblait aussi simple que le billet que j'ai publié le 8 mars "proclamez-vous féministe".Mais je ne peux pas ignorer que lorsque j'écris que le féminisme des années 60 n'est plus adapté je me fais sévèrement allumer sur d'autres blogs, je ne peux pas ignorer que chaque fois que j'écris un billet qui parle de féminité il fait plus de 50 commentaires souvent acharnés, je ne peux pas ignorer qu'à l'occasion du 8 mars 2 manifestations se sont déroulées à Paris défendant 2 visions qui semblent ne pas pouvoir coïncider vraiment.feministe.jpg

Je me lance donc dans un projet ambitieux : essayer de faire un tour du féminisme, des courants, des associations en France aujourd'hui.

Comme j'ai conscience de la prétention du projet, j'irai doucement, par petites touches . J'ouvre cette rubrique à celles et ceux qui le désirent, vous pouvez m'envoyer vos contributions par mel. Et je ne doute pas une seconde que toutes mes erreurs ou omissions seront corrigées par les commentaires.

Depuis les années 60 le féminisme est divisé en 2 courants majeurs : le courant essentialiste (ou différentialiste) et le courant universaliste. (pour aujourd'hui je fais simple)

- Le courant universaliste dont la figue de proue serait Simone de Beauvoir, proclame, le droit à l’égalité. Pour les universalistes, la différence biologique ne peut expliquer les différences de comportement et la domination. Toutes les différences sont expliquées culturellement. Par exemple, les jeunes filles s’orientent vers des filières faiblement valorisées alors que leurs résultats scolaires sont meilleurs que les garçons. Pour les universalistes, ce phénomène serait le résultat d’une culture intégrée peu à peu durant l’enfance et l’adolescence de ce que sont les métiers féminins et les métiers masculins. Les luttes des universalistes sont donc plutôt tournées vers le droit, et notamment la parité dans toutes les fonctions, et un changement des mentalités.

A la fin des années 1960 est apparut un courant dit "radical" qui voit en l'oppression des femmes au bénéfice des hommes (ou patriarcat) le fondement du système de pouvoir sur lequel les relations humaines dans la société sont organisées. Le féminisme radical se démarque des mouvements féministes qui visent à l'amélioration de la condition féminine par des aménagements de législation (réformisme) sans mettre en cause le système patriarcal.

- Le courant essentialiste , défendu notamment par Antoinette Fouque, proclame le droit à la différence. Pour ces féministes ( et certaines n'hésitent pas à dire qu'elles ne sont pas féministes, voire qu'elles sont anti féministes), il existerait des spécificités féminines complémentaires des spécificités masculines. Par exemple, les femmes seraient naturellement plus enclines à montrer de l'empathie pour les autres. Ce courant prétend à une utilisation harmonieuse des compétences féminines dans la complémentarité des deux sexes pour le plus grand bien de la société. Ces arguments ont notamment été évoqués lors du débat sur la parité politique. La parité, selon les essentialistes, humaniserait l’action publique car les femmes sont naturellement plus douces et plus proches des réalités quotidiennes alors que les hommes ont une aptitude naturelle à l’abstraction et l’idéologie.

un site de référence : Sisyphe

un article déja écrit il y a 1 an par Christine sur le même sujet (beaucoup plus complet que le mien)

un billet que j'ai honteusement copié en partie (avec leur accord).

08/03/2009

8 mars: A compter d'aujourd'hui proclamez vous féministe !

Il n'y a pas qu'en France que le féminisme soit dévalorisé. Voici un appel que je reprends à mon compte. Suffragettes_parading_with_banner.png

"De nos jours il est très mal vu de se dire féministe. Vous êtes automatiquement considérée comme haïssant les hommes et pas du tout féminine. La plupart d'entre vous pensent "je ne suis pas féministe, je suis féminine".

Mais cela est faux ! Etre féministe c'est croire à une égalité entre les sexes, être féminine est une attitude. Je n'arrive pas à comprendre comment les luttes menées par tant de femmes pour nous donner la liberté et l'indépendance dans une société qui traitait les femmes comme des êtres inférieurs et qui nous permet aujourd'hui de faire les choix que nous voulons puissent aujourd'hui être stigmatisées de façon aussi négative.

Même si chaque mouvement a des extrémismes, le point fondamental est que si nous voulons poursuivre la construction d'un monde où les hommes et les femmes seraient libres d'être ce qu'ils veulent être, il n'y a pas de doute que nous le devons aux féministes (femmes et hommes) du passé et nous devrions leur être reconnaissants de ce qu'ils nous ont donné.(...)

Donc, si nous voulons continuer sur la voie de la croissance personnelle pour les femmes et les hommes, nous devons nous déclarer féministes. Rien de moins et rien de plus."

(Traduction approximative car faite par mes soins )

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