Olympe et le plafond de verre - blogueuse féministe

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 27 avril 2009

Les féminismes aujourd'hui : 2/ Ce qui a changé dans la vie des femmes depuis les années 60

La vie a bien changé depuis l'époque du MLF, au point que pour beaucoup le féminisme est aujourd'hui dépassé.

N_15_-_LE_RETOUR_DU_PERE_APRES_SA_JOURNEE_DE_TRAVAIL.jpg L'égalité des droits est en France une réalité, mais qui n'est pas si ancienne que ça (détail sur le site du planning familial)

  • - droit de vote pour les femmes : 1944
  • - liberté d'exercer une profession sans avoir à obtenir l'autorisation de l'époux : 1965
  • - liberté de disposer de ses biens propres (réforme des régime matrimoniaux): 1965
  • - l'autorité parentale remplace l'autorité paternelle : 1970

Le contrôle de la fécondité, ce fut l'un des axes majeur des combats féministes des années 60.

  • - La pilule contraceptive a été mise au point au milieu des années 50 mais il a fallut attendre la loi Neuwirth pour qu'elle soit autorisée en France, la publicité pour les moyens contraceptifs restant longtemps interdite (sauf dans les revues médicales ).
  • - loi Veil sur l'IVG 1975

La révolution sexuelle dans les années 60 une fille devait rester vierge jusqu'au mariage sous peine de voir sa réputation, et celle de sa famille, gravement entachée. Celles qui donnaient naissance à un enfant hors mariage étaient qualifiées d'un très péjoratif "filles-mères" . Et celles qui fêtaient Sainte Catherine, c'est à dire qui n'étaient pas mariées à 25 ans devenaient des "vieilles filles". Pour les femmes point de salut hors le mariage. Aujourd'hui les femmes ont une existence sociale en dehors du mariage et la première dame de France peut se vanter de ses 30 amants sans susciter de scandale.

L'acquisition d'une indépendance financière au début des années 60, la plupart des femmes renonçaient à toute activité professionnelle pour se consacrer à leur foyer. C'était la noble mission qui leur était assignée. Toutes ne s'y épanouissaient pas, mais elles se trouvaient surtout complètement dépendantes d'un conjoint et dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins en cas de séparation . Aujourd'hui, il apparait normal qu'une femme, mariée ou non, travaille.

L'élargissement des choix professionnels. Encore dans les années 70 les filles apprenaient la couture et la cuisine à l'école, les garçons la menuiserie ou la soudure et les orientations professionnelles étaient complètement sexuées. Aujourd'hui toutes les études, tous les métiers sont ouverts aux 2 sexes en droit, mais aussi en réalité (sauf curé !)

La prise de parole des femmes. Les femmes se taisaient en présence des hommes. C'est même l'une des raisons de la constitution de groupes féministes dans les universités en mai 68, les filles n'arrivaient pas à en placer une pendant les AG

(Avis aux commentateurs : j'ai peut être oublié des choses merci de compléter. Par contre ne dites pas "oui, mais en réalité etc....." il y aura d'autres billets pour évoquer la réalité d'aujourd'hui).

image

dimanche 26 avril 2009

Les féminismes aujourd'hui : 1/ essentialisme-universalisme

Avant d'ouvrir ce blog j'étais féministe. Point ! ça me semblait aussi simple que le billet que j'ai publié le 8 mars "proclamez-vous féministe".Mais je ne peux pas ignorer que lorsque j'écris que le féminisme des années 60 n'est plus adapté je me fais sévèrement allumer sur d'autres blogs, je ne peux pas ignorer que chaque fois que j'écris un billet qui parle de féminité il fait plus de 50 commentaires souvent acharnés, je ne peux pas ignorer qu'à l'occasion du 8 mars 2 manifestations se sont déroulées à Paris défendant 2 visions qui semblent ne pas pouvoir coïncider vraiment.feministe.jpg

Je me lance donc dans un projet ambitieux : essayer de faire un tour du féminisme, des courants, des associations en France aujourd'hui.

Comme j'ai conscience de la prétention du projet, j'irai doucement, par petites touches . J'ouvre cette rubrique à celles et ceux qui le désirent, vous pouvez m'envoyer vos contributions par mel. Et je ne doute pas une seconde que toutes mes erreurs ou omissions seront corrigées par les commentaires.

Depuis les années 60 le féminisme est divisé en 2 courants majeurs : le courant essentialiste (ou différentialiste) et le courant universaliste. (pour aujourd'hui je fais simple)

- Le courant universaliste dont la figue de proue serait Simone de Beauvoir, proclame, le droit à l’égalité. Pour les universalistes, la différence biologique ne peut expliquer les différences de comportement et la domination. Toutes les différences sont expliquées culturellement. Par exemple, les jeunes filles s’orientent vers des filières faiblement valorisées alors que leurs résultats scolaires sont meilleurs que les garçons. Pour les universalistes, ce phénomène serait le résultat d’une culture intégrée peu à peu durant l’enfance et l’adolescence de ce que sont les métiers féminins et les métiers masculins. Les luttes des universalistes sont donc plutôt tournées vers le droit, et notamment la parité dans toutes les fonctions, et un changement des mentalités.

A la fin des années 1960 est apparut un courant dit "radical" qui voit en l'oppression des femmes au bénéfice des hommes (ou patriarcat) le fondement du système de pouvoir sur lequel les relations humaines dans la société sont organisées. Le féminisme radical se démarque des mouvements féministes qui visent à l'amélioration de la condition féminine par des aménagements de législation (réformisme) sans mettre en cause le système patriarcal.

- Le courant essentialiste , défendu notamment par Antoinette Fouque, proclame le droit à la différence. Pour ces féministes ( et certaines n'hésitent pas à dire qu'elles ne sont pas féministes, voire qu'elles sont anti féministes), il existerait des spécificités féminines complémentaires des spécificités masculines. Par exemple, les femmes seraient naturellement plus enclines à montrer de l'empathie pour les autres. Ce courant prétend à une utilisation harmonieuse des compétences féminines dans la complémentarité des deux sexes pour le plus grand bien de la société. Ces arguments ont notamment été évoqués lors du débat sur la parité politique. La parité, selon les essentialistes, humaniserait l’action publique car les femmes sont naturellement plus douces et plus proches des réalités quotidiennes alors que les hommes ont une aptitude naturelle à l’abstraction et l’idéologie.

un site de référence : Sisyphe

un article déja écrit il y a 1 an par Christine sur le même sujet (beaucoup plus complet que le mien)

un billet que j'ai honteusement copié en partie (avec leur accord).

dimanche 8 mars 2009

8 mars: A compter d'aujourd'hui proclamez vous féministe !

Il n'y a pas qu'en France que le féminisme soit dévalorisé. Voici un appel que je reprends à mon compte. Suffragettes_parading_with_banner.png

"De nos jours il est très mal vu de se dire féministe. Vous êtes automatiquement considérée comme haïssant les hommes et pas du tout féminine. La plupart d'entre vous pensent "je ne suis pas féministe, je suis féminine".

Mais cela est faux ! Etre féministe c'est croire à une égalité entre les sexes, être féminine est une attitude. Je n'arrive pas à comprendre comment les luttes menées par tant de femmes pour nous donner la liberté et l'indépendance dans une société qui traitait les femmes comme des êtres inférieurs et qui nous permet aujourd'hui de faire les choix que nous voulons puissent aujourd'hui être stigmatisées de façon aussi négative.

Même si chaque mouvement a des extrémismes, le point fondamental est que si nous voulons poursuivre la construction d'un monde où les hommes et les femmes seraient libres d'être ce qu'ils veulent être, il n'y a pas de doute que nous le devons aux féministes (femmes et hommes) du passé et nous devrions leur être reconnaissants de ce qu'ils nous ont donné.(...)

Donc, si nous voulons continuer sur la voie de la croissance personnelle pour les femmes et les hommes, nous devons nous déclarer féministes. Rien de moins et rien de plus."

(Traduction approximative car faite par mes soins )

mercredi 4 mars 2009

C'est quoi ce bazar ?

femi70.jpgJ'avais suivi qu'il y aurait 2 manifestations féministes samedi à Paris (peut être même 3), mais je n'avais pas toutes les clés pour comprendre en quoi elles se différenciaient.

Chrstine, qui a l'air de connaitre le sujet par coeur, donne des explications très complètes dans un billet intitulé "les vagues du féminisme".

2 manifs donc :

l'une à l'appel du CNDF, Collectif national pour les droits des femmes et l'autre à l'appel d'un rassemblement d'associations

Christine détaille les points sur lesquels ces 2 collectifs ne sont pas d'accord. Chacun d'entre eux intégre ses revendications féministes dans un corpus beaucoup plus large.

Le premier intervient "dans des domaines aussi variés que la réduction du temps de travail, l’égalité professionnelle, le travail de nuit, les équipements collectifs, la famille, le travail domestique, les violences, la lesbophobie, la place des femmes dans la vie publique, la lutte contre le Front National et ses clônes, la lutte contre le sexisme, l’école, la mondialisation libérale, la solidarité internationale, etc..."

Le second parle de voile, de religion, de prostitution, de sexe, d'anarchisme ou de révolution .

au risque de paraitre naïve, et je ne pense pas l'être tant que ça, je ne me retrouve pas du tout dans le second et le premier me parait bien discret. Depuis un an que je blogue sur le sujet c'est la première fois que j'en entends parler.

Pour moi être féministe c'est 3 ou 4 choses simples pour lesquelles il y a encore beaucoup à faire et si des sujets comme le voile ou la prostitution sont d'importance on ne peut pas demander à ce qu'ils soient dans les fondamentaux du féminisme.

  • que les femmes soient respectées et que cessent les violences qui leurs sont faites.
  • que les pouvoirs, tous les pouvoirs, soient partagés entre les hommes et les femmes
  • que les mentalités évoluent pour que ce que font ou disent les femmes n'ait pas moins de valeur que ce que font ou disent les hommes
  • que le corps des femmes ne soit pas considéré comme un objet de consommation
  • que les femmes, et les hommes puissent choisir leur vie (enfants, pas enfants, conciliation vie privée/autonomie financière...).

j'avais signé, il y a très longtemps le manifeste "encore féministe! et, même si je n'en parle pas sur ce blog que j'ai décidé de réserver à la situation en France (parcequ'il est toujours plus facile d'aller chercher la paille dans l'oeil du voisin), je me sens très solidaire des femmes qui vivent en d'autres endroits de la planète des situations de violences extrêmes.

Par contre si le" système d'oppression économico-théologico- patriarcal" est à renverser, ce n'est pas que l'affaire des femmes. Ce combat là n'est pas exclusivement féministe, il est politique et doit être mené avec les hommes qui prennent conscience eux aussi de ce qu'il a de néfaste pour eux.

dimanche 14 décembre 2008

Les tumul tueuses

Un groupe féministe mixte qui dénonce " ce qu'ils et elles appellent "le contrôle sexiste, normatif et hétérocentriste pesant sur le corps des femmes" plage.jpget les inégalités qui amènent à considérer que " se baigner torse-nu est une tenue décente seulement pour les hommes ". Sur Rue 89 ici et ici

Je trouve ça drôle et sidérant que la police se soit déplacée pour ça. L'argumentation est correcte, pourtant ça ne me passionne pas.

Sur le même sujet, c'est à dire celui de savoir qui est propriétaire du corps des femmes vous pouvez aussi vous interroger sur ce que représente Miss France

dimanche 30 novembre 2008

La Barbe et le Ministre

Les femmes à barbes sont vraiment très très actives. Voici leur dernier communiqué. (Rappel : elles recrutent.)

Ce qui m'étonne le plus quand je regarde la vidéo (et aussi dans ma vraie vie à moi) c'est que tous ces hommes entre eux ne remarquent pas, mais alors pas du tout, l'anomalie que constitue l'absence de femmes. Ils sont tous convaincus d'être là pour la seule et unique raison qu'ils sont les meilleurs.


A la barbe du ministre.mp4

jeudi 27 novembre 2008 -

Les femmes du groupe féministe le plus subversif du moment ont tendu au Ministre du budget, des Comptes publics et de la Fonction publique un miroir dérangeant, ce jeudi, en reproduisant devant lui la cérémonie « d'autocongratulation entre hommes de pouvoir », qu'il présidait ce jour.

C'était au Salon de la Ville et des collectivités locales. Eric Woerth remettait, au nom d'un jury composé de huit hommes et d'une seule femme, trois trophées « de l'achat public » à trois équipes municipales, presque entièrement masculines.

La cérémonie, le panel, le public, le décor, les costumes gris, tout suintait d'ennui, jusqu'à l'irruption barbesque. L'une remit à l'autre un sublime trophée : un buste de Marianne en plâtre… affublée d'une barbe, elle aussi.

« Félicitations du jury à l'UMP et au Nouveau Centre qui affichent 8% de femmes maires dans les villes de 30 000 habitants et un "peut mieux faire" pour le PS qui affiche entre 14 et 16% dans les villes de la même catégorie.

Nos encouragements à la Communauté Urbaine de Lille : son équipe de vice-présidents à 100% masculine aura fort à faire pour calmer les ambitions extravagantes de l'actuelle présidente, Martine Aubry. »

La Barbe poursuit ainsi inlassablement son combat contre la parité « qui menace la France de nos Pères », et rappelle que "9 ans après la réforme constitutionnelle, les partis politiques résistent encore: 91,5% d'hommes maires dans les villes de 3 500 habitants et plus... 86,9% d'hommes conseillers généraux..."

L'action intervient alors que s'organise le démantèlement annoncé des politiques de promotion de l'égalité hommes/femmes : ce qui n'est déjà plus qu'un «service Droit des femmes et de l'Egalité » après avoir été ministère de plein droit puis ministère délégué puis simple secrétariat, risque en effet de disparaître. Quand à la Commission de réforme des institutions présidée par Edouard Balladur, elle ne comporte qu'une seule femme sur 13 membres.

La Barbe!

www.labarbelabarbe.org

jeudi 27 novembre 2008

Dim 50 ans de mode et de liberté

dim.jpg

C'est le titre d'un livre qui vient de sortir. C'est curieux quand même cette conception de la liberté pour les femmes.

mardi 25 novembre 2008

La Barbe félicite les financiers pour leur compétence

Elles rappellent également qu'elles recrutent Leur site

Le 17 novembre 2008, la cérémonie des « BFM Awards » au théatre du Marigny avait l'air d'une mauvaise blague. Il fallait déjà faire preuve d'un grand cynisme pour remettre le prix de du « meilleur placement financier » en cette période de crise. L'irruption d'une quinzaine de femmes à barbe a achevé le ridicule de la scène. Elles se sont alignées fièrement sur l'estrade, présentant au public un miroir accusateur : la composition du jury (six hommes, une femme), la série des nominés (7 hommes), les tristes performances du milieu de la finance ainsi célébré leur donnaient un cadre idéal pour se gausser de la domination masculine dans ce milieu influent.

« Cette année encore, nous apprécions la liste des lauréats. Les membres du jury, Alain, Guillaume, Philippe, Hedwige, Fabrice, Philippe, Emmanuel, Erik, Yves, Philippe et Marc ont su faire preuve de pragmatisme. Il serait en effet périlleux en ces temps de crise, alors que la sensibilité des marchés financiers est à son paroxysme,

palmares_01.jpgpalmares_02.jpgpalmares_05.jpgpalmares_06.jpg de confier les rênes de l'économie à plus de femmes qu'il ne se doit.» Mais enfin ! Pourquoi une femme dans le jury ? Quelle misère a pu justifier qu'on glisse un ver dans ce beau fruit ? BFM Awards est en danger, car la pente est glissante : et si la gangrène gagnait les salles des marchés ! Messieurs, quand la tempête fait rage, il n'est pas temps de lâcher la barre ! Reprenez-vous !

Après la cérémonie, l'élite de la finance et de l'industrie parisienne (quelques centaines de PDG, administrateurs et cadres supérieurs) se retrouva pour un cocktail, là encore infesté de femmes à barbe, coupe de champagne à la main.

Quand au tapis rouge qui les emmenait vers une rangée d'hôtesses chargées de les accompagner jusqu'à leur véhicule, il était lui aussi bordé de part et d'autre d'une rangée de ces femmes – toujours barbues. Aucun n'échappa ce soir-là à la lecture du tract au titre provocateur - « Les hommes à la corbeille » - qui leur était tendu. Le texte et le décor suscitèrent chez certains une minute d'introspection douloureuse.

mardi 18 novembre 2008

le féminisme n'est pas le même partout dans le monde

Dans Sciences Humaines,de décembre 2008, magazine dont je vous recommande vivement la lecture (on le trouve dans tous les kiosques), un article sur la perception différente du féminisme par les femmes des anciens pays communistes.

Les chercheuses féministes issues des Peco rappellent que "certains droits (droit de vote par exemple) avaient été accordés aux femmes beaucoup plus tôt qu’en Occident. Ou encore que des années de fausse démocratie et de domination idéologique pouvaient expliquer une certaine réticence à l’engagement public de leur part… Plus fondamentalement, ce sont les concepts mêmes du féminisme européen et américain qu’ont interrogés les chercheurs de l’Est. Si la famille est perçue, à l’Ouest, comme le lieu fondamental d’élaboration et de reproduction de la domination masculine, elle a pu dans les Peco « fonctionner comme un foyer de résistance devant l’imposition de l’idéologie », la solidarité entre hommes et femmes prenant le pas sur leurs antagonismes. "

Cela renvoie également au livre dont parle Mauvaise herbe (3 fois que je la cite en 15 jours) , écrit par une Marocaine il donne une vision de la situation de la femme au harem bien éloignée de celle que nous en avons.

Personne ne détient la vérité et pour que le féminisme touche un maximum de femmes il doit avant tout refuser d'être dogmatique.

vendredi 7 novembre 2008

Au Québec les jeunes féministes ont reçue des subventions pour créer un blog

"Nous sommes des jeunes féministes dans la vingtaine et la trentaine. Nous sommes absentes des médias : on ne parle du féminisme qu’en montrant des femmes de l’âge de nos mères qui ont accomplit de grandes choses et livré de grands combats. Mais nos combats à nous, qui en parle? Ils n’ont pas la même envergure, peut-être, mais nous avons pourtant souvent l’impression que beaucoup reste à faire. Qui répondra à nos questions? À quels enjeux les féministes de notre âge font-elles face dans le monde?

Nous aimerions leur poser la question.

Nous proposons une correspondance entre jeunes féministes qui écrivent depuis différents points du globe. Un échange sur nos vies et nos valeurs, sur ce qui nous différencie et nous unit. Aurons-nous toutes la même vision de la place des femmes en politique? De la représentation des femmes dans les médias? De la maternité, de la vie de couple, du plafond de verre, de la conciliation famille-travail? De l’omniprésence de la sexualité dans nos sociétés? Tant de thèmes prometteurs à aborder.

Ce projet a emballé les membres du jury de la bourse La vie en rose 2008 qui ont vu dans cette correspondance tous les éléments nécessaires pour créer un blogue. Cette plateforme électronique est toute désignée pour rejoindre ces jeunes féministes qui, comme nous, se sentent un peu isolées. Elle permet une forme de correspondance moderne, de réflexions immédiates, comme une conversation qui aurait lieu par écrit dans un lieu public et ouvert."

Je suis féministe.com

Elles ont, si j'en juge leurs premiers billets, beaucoup à dire sur la maternité et leur refus de ce qu'elles perçoivent comme une obligation sociale à être mère et à allaiter.

Je ne pense pas comme elles, mais discutons. L'important est que chacune puisse vraiment choisir.

mardi 4 novembre 2008

Discussion québecoise sur le féminisme en 2008

une vidéo un peu longue (12mn) mais qui pose parfaitement les problématiques du féminisme aujourd'hui.

- peut-on être féministe à temps partiel?

- y a-t-il un clivage entre les générations ?

- comment repenser la maternité ?

vous remarquerez quand même le titre et les commentaires pour une personne que je trouve tout à fait posée et sensée

lundi 3 novembre 2008

Féministe = hystérique ?

sujet déja abordé, mais il est inépuisable

Je vous assure que je ne ressemble pas à ça, et vous non plus certainement, même si vous êtes une lectrice régulière de ce blog :

hysterie-salpetriere.gif

                                                      (Photo Hystérie-La Salpétrière)

il faut dire que les plus belles spécimens représentaient un sujet d'étude passionnant pour les doctes messieurs de la Faculté

charcot_blanche.jpg

          ( le cours de Charcot à la Salpétrière. (années 1870)

je ne ressemble pas non plus à ça :

harpie.jpg

pourtant j'entends, je lis en permanence ces mots "Hystérique" ou "Harpie" accolés à "Féministe".

Faites vous même l'expérience, il suffit de mettre sur n'importe quel site ou presque un commentaire défendant la place des femmes pour se faire traiter d'hystérique.

Alors il me semble que ce serait une priorité de revaloriser l'idée de féminisme.

Etre anti-raciste cela va de soi et ce sont les antiracistes qui se font huer, mais être antisexiste et donc, d'abord féministe puisque le sexisme s'exerce massivement à l'encontre des femmes plutôt que des hommes, c'est suspect. On est tout de suite taxée d'agressivité, accusée de vouloir se débarrasser des hommes (et même de fantasmer sur la procréation sans mâle, il y a eu tout au début de mon blog un com là dessus).

Au cours des siècles passés les femmes qui ont lutté pour l'égalité des droits ont employés des méthodes quelquefois radicales (voir plus bas la vidéo sur la mort d' Emily Davison) pourtant le féminisme est l'un des mouvements les moins violents qui ait été. Mais toute colère venant d'une femme est socialement inacceptable

Et ceux qui ne voulaient pas que les femmes aient les mêmes droits que les hommes ont utilisé les méthodes que l'on utilise habituellement envers les femmes : le dénigrement et le mépris. Voyez les images de propagande (dans la colonne de gauche) .

Commençons donc par changer cela, le mot féministe doit devenir respecté, valorisé. Les féministes sont des femmes (et des hommes) normales : grandes, petites, mariées, pacsées, célibataires, caissières, avocates, au foyer ...pas des hystériques ni des harpies.

mercredi 22 octobre 2008

La fin du féminisme selon ELLE

En couverture de ELLE "la Fin du féminisme ? Ces superwomen qui veulent rentrer à la maison".

Un article qui défend la thèse selon laquelle les femmes en ont assez de jouer aux superwomen et veulent se réapproprier leur féminité et notamment la maternité. A priori j'applaudis des 2 mains moi qui ai 5 enfants, qui les ai allaités longtemps (2 ans les dernières), qui suis convaincue que les jeunes enfants ont un intense besoin de leur mère je ne peux qu'approuver que "revendiquer ses droits sur un modèle masculin comme pendant les années 70 c'est fini. Aujourd'hui les femmes profitent des acquis féministes mais veulent encore plus. Elles luttent maintenant en cohérence avec leurs envies profondes" ou cette phrase "elles n'ont pas envie d'être des hommes comme les autres".

Alors pourquoi ce malaise à la lecture de cet article ?

C'est qu'en réalité, sous une apparence de modernité il véhicule plusieurs présupposés idéologiques qui méritent d'être examinés.desperate.jpg

1 - les jeunes femmes d'aujourd'hui veulent rentrer à la maison, ce serait un scoop. En réalité, en 1978 une dénommée Christiane Collange avait publié un livre avec ce titre "je veux rentrer à la maison". Livre qui avait fait un peu de bruit à l'époque. Déja on entendait ce même discours: les femmes veulent revenir à des activités importantes pour elles, s'occuper avec amour de leur famille de leur maison et donc laisser les hommes gérer le reste.

2 - on est féministe comme on était, à une certaine époque communiste. Non seulement c'est parfaitement dépassé mais il s'agit d'une façon partisane de voir le monde. Globalement les attributs du féminisme sont plutôt guerriers on parle du "front féministe", du "combat féministe", "de dictature féministe" et on le réduit à quelques clichés "amies féministes(...) vous qui avez brûlé gaiement vos soutiens-gorges" ou "je ne me suis jamais retrouvée dans le féminisme. Il y a des différences fondamentales entre les hommes et les femmes " et une conclusion "les féministes doivent changer leurs méthodes". Il y a même ça d'écrit "Catherine Millet, une femme libérée, tu parles! Se faire baiser dans des partouzes sans jamais jouir, c'est ça la liberté ?". Allez clamer que vous êtes féministe après ça !

3 - les femmes ont le choix : être de superwomen ou se consacrer à leur famille. Sauf que la plupart n'ont en réalité pas le choix. Pour pouvoir rester à la maison il faut soit travailler à la maison soit disposer d'un autre revenu suffisant. Alors toutes les femmes qui élèvent des enfants seules, toutes celles qui arrivent à peine à joindre les 2 bouts avec 2 salaires n'ont pas le choix. Il leur faut rester de superwomen.

4 - le motif essentiel de cette envie de cocooner est la maternité, donc il ne concerne que les femmes, donc "on ne compte plus chez les filles les plus diplômées celles qui choisissent de lâcher leur boulot" ou "qui se mettent à mi-temps, refusent une promotion ou acceptent un emploi sous dimensionné". CQFD ! étonnez-vous, indignez-vous que les femmes gagnent moins que les hommes, qu'elles ne se retrouvent pas aux manettes des entreprises, au parlement. ELLE a l'explication, c'est parce qu'elles préfèrent s'épanouir chez elle. Moderne en effet !

L'article est complété d'une interview d'Elisabeth Badinter. Brillante, comme toujours, elle regrette amérement ce qu'elle considère comme une régression et met en garde les jeunes générations qui "sont nées avec des droits chèrement acquis par leurs mère." Qui disent : "on veut encore plus, on veut du bonheur ! "Or "le modèle égalitaire et émancipateur des féministes n'est pas une source de bonheur. Le bonheur est une affaire individuelle et non collective". Par contre je ne suis pas d'accord avec elle lorsqu'elle parle "du modèle oppressif de la maternité" ou se scandalise que "toute femme qui accouche dans une maternité publique fait face à une pression stupéfiante pour allaiter". De nombreuses femmes, et j'en suis, trouvent un épanouissement certain dans la maternité sans pour autant se réduire à n'être qu'une mère.

femme_au_foyer.jpg Alors après avoir lu ça j'ai envie de dire pourquoi je suis encore féministe.

J'ai également envie de redonner mon point de vue sur la problématique travail/maternité. En réalité, si elle n'est pas prise en compte c'est parce qu'il s'agit d'une problématique qui n'a jusqu'à présent été portée que par les femmes. Ce sont bien sûr les femmes qui s'arrêtent de travailler pour mettre au monde les enfants, ce sont elles ensuite qui jonglent avec leurs horaires pour aller les chercher à la crèche puis à l'école, elles qui sacrifient leurs carrières pour se rendre plus disponibles.

Pendant ce temps les hommes dirigent et construisent le monde.

Le jour où toute la société trouvera normal que les 2 parents s'arrêtent un temps assez long pour s'occuper alternativement de leurs enfants, que les hommes refuseront les réunions tardives parcequ'ils veulent eux aussi aller chercher leurs enfants à l'école ou les garder lorsqu'ils sont malades, qu'ils demanderont à ne pas travailler le mercredi et qu'en plus ils assumeront leur part de tâches domestiques.

Ce jour là, les entreprises et les partis politiques modifieront leurs habitudes, les femmes n'auront plus besoin d'être de superwomen , les hommes s'apercevront qu'il n'y a pas que le boulot dans la vie. Les femmes pourront accéder au pouvoir et le monde n'en ira que mieux.

Utopique ?

mardi 21 octobre 2008

Mary Poppins

Pour Marion qui ne se souvenait plus que la mère dans Mary Poppins est une suffragette sympathique mais fofolle et surtout irresponsable par rapport à ses enfants


Sister Suffragette Sing Along

et en cherchant "suffragette" sur youtube j'ai aussi trouvé ça.

"Emily Davison (1872-1913) est une suffragette rendue célèbre par sa protestation en faveur du vote des femmes dans le Royaume-Uni qui prit la forme d'une tentative d'arrêter le cheval du roi George V, qui participait à un derby, en 1913. Elle fut alors mortellement blessée. " (Wikipédia)

Le tout filmé en direct


Emily Davison. Muerte en el Derby de Epsom.

vendredi 10 octobre 2008

Les malheurs du féminisme

A lire dans le Monde d'aujourd'hui un billet de Caroline Fourest intitulé "le féminisme pour les nuls"

"Une douce OPA s'opère sur le Mouvement de libération des femmes. La semaine dernière, Le Parisien et Ouest-France annonçaient "les quarante ans du MLF"... Avec deux ans d'avance. Stupeur chez les féministes. Seraient-elles guettées par la maladie d'Alzheimer ? Serions-nous déjà en 2010 ? De l'avis des historiennes comme des militantes, les "années mouvement" remontent à 1970. Des féministes étaient bien à l'oeuvre parmi les activistes de Mai-68, mais leurs préoccupations, n'était la priorité du mois de mai, surtout pas celles de leurs camarades garçons. Il faut attendre 1970 pour assister à un mouvement revendiquant la libération des femmes à travers une série de temps forts collectifs : réunion à la faculté de Vincennes, dépôt de gerbe à la femme du "soldat inconnu" et numéro de la revue de Partisan proclamant "Féminisme : année zéro". Mais alors pourquoi cette précipitation et pourquoi certains médias datent subitement l'acte fondateur du MLF un 1er octobre 1968 ? Cette date ne correspond à rien... si ce n'est à l'anniversaire d'Antoinette Fouque. Aussi comique que cela puisse paraître, cette ancienne députée européenne, fondatrice des Editions des femmes, croit se souvenir avoir abordé la question avec deux amies le jour de son anniversaire en 1968... Ce qui en ferait l'une des "fondatrices" du MLF. Son service de presse ne ménage pas ses efforts pour le faire savoir. Ouest-France l'annonce donc : "Il y a quarante ans, Antoinette Fouque créait le MLF." L'époque est décidément propice aux impostures. Et pas seulement sur Internet. Le seul fait que ce canular médiatique fonctionne en dit long sur la méconnaissance, voire le mépris envers l'histoire du féminisme, jugée secondaire"

Je n'étais pas dans la rue en 68 et je n'ai pas d'avis sur la question, mais je sais qu'il manque aujourd'hui un grand mouvement fédérateur des femmes et de tous les féminismes. Qui serait reconnu et ferait qu'être féministe ne serait pas une tare. J'en ai marre d'être traitée d'extrémiste parceque je dénonce le fait qu'il n'y ait que 18% de femmes à l'assemblée nationale ou que de nombreuses publicités nous traitent soit comme des objets sexuels soit comme des ménagères.

samedi 21 juin 2008

féministe

Je lis dans la blogosphère (ici ) que si le PS se déclare féministe dans sa déclaration de principe cela n'a pas été sans discussion. 16 fédérations sur 100 souhaitaient que ce terme soit enlevé. Il a fallu préciser que le féminisme ne prétend pas remplacer la domination des hommes par celle des femmes. que le féminisme n'est pas l'envers du machisme.

Et cela ne m'étonne pas.

J'ai commencé ce blog il y a 4 mois.

Mon idée était de faire apparaitre le fait que , malgré la loi sur la parité, les femmes restent exclues de nombreux lieux de pouvoir. Je sais que les raisons en sont complexes et proviennent des femmes autant que des hommes. Je voulais dénoncer sans accuser. Je voulais surtout citer des faits objectifs

Depuis, mon étonnement est chaque jour plus grand devant les réactions négatives que suscite le seul mot de féminisme. Dénoncer les discrimnations est politiquement correct et bien vu. Se déclarer féministe est suspect.

J'ai eu quelques commentaires d'hommes (je suppose) sur ce blog, acerbes ou dubitatifs .

égnimatiques :"C'est beau le féminisme mais il serait temps que les femmes (certes peu nombreuses selon vos articles) prennent leurs responsabilités et assume leurs fonctions. A bon entendeur !"

d'autres plus interrogatifs: "votre blog est glacial à la lecture brute pour un garçon mais légitime car il amène de très bonnes propositions suite à de brillantes analyses néanmoins avez-vous déjà été militante dans un parti? et/ou élue? si je peux me permettre votre comparaison entre les jeunes ministres et celles ci-dessous me semblent d'un discours commun masculin... Michele Alliot Marie, Roselyne Bachelot, Ségolène Royal ou Martine Aubry. de plus de ces 4 jeunes femmes seule bachelot ne me paraît pseudo-rigide.. sur le plan local et regional chez moi les femmes ont toutes leur(s) place(s) entre la mairie et l'agglo ou l'inter' et ne sont plus limitées aux seuls champs de compétence : famille, social, environnement,...)"

J'ai eu aussi la surprise de voir tous les matins, à la lecture de mes stats que des visiteurs arrivent de quelques sites qui se revendiquent masculinistes voire machistes et qui ont mis un lien sur mon "blog de fille".

Jusqu'à là rien de bien inquiétant. Quelques hommes particulièrement attachés à leur privilèges, qui vivent mal la concurrence des femmes.

Mais là où je m'interroge vraiment c'est quand je lis, en surfant, des commentaires , assez fréquents de la part d'hommes qui ont l'air d'être monsieur tout le monde. Qui ne se revendiquent pas machos mais que le seul concept de féminisme hérisse.

des exemples ?

Les commentaires sur un article du monde : Le point de vue de Margot Wallsrôme, vice présidente de la Commission européenne sur la prochaine présidence européenne .

Parmi les 10 commentaires (et je rappelle que seuls les abonnés au Monde .fr peuvent commenter) on lit ceci

"C'est du niveau d'une fillette de deux ans et demi qui fait des caprices et veut les jouets des petits copains. Elle est bien représentée l'Europe ! Pourquoi Le Monde publie-t-il un machin pareil ? Mais Le Monde ne fait que publier des machins pareils !"

"Heureusement que le Monde était là pour publier cet appel historique ! C'est digne du Poblacht na eh Eirean d'avril 1916, lorsque les patriotes d'Irlande lancèrent l'insurrection "au nom de Dieu et des générations disparues". Si cette Mme bidule veut devenir chef des commissaire, reine du Conseil ou grande viziresse de la PESC, peu me chaut. C'est inepte, sans fondement, anecdotique, tout ce qu'on voudra. Mais pourquoi diable le Monde publie-t-il un machin pareil, "sans queue ni tête" (Guitry) ?"

ou sur ce blog qui relate une réunion des assises du numérique organisée par E Besson à laquelle n'était invitée qu'une seule femme .

"Oh que les poncifs sur les mâles s’accumulent (...) J’en ai par-dessus la tête du féminisme victimaire. » (dixit un dangereux machiste) C’est dommage, le fil de commentaires aurait pu parler du SUJET, mais ne s’est intéressé qu’au DETAIL. Sûrement la faute des nombreux mâles ici présents !"

les réactions aussi à la chronique de la médiatrice du monde sur le sexisme rampant :

"Il est aussi possible de se prendre en main et de se plaindre, non??? N'est ce pas ce qu'on appelle la liberte d'expression..."

"Ras le bol de cette victimisation systématique des femmes, des arabes, des noirs, des unijambistes et de tout ce qui n'est pas homme blanc marié jeune cadre dynamique ! A force d'essayer de donner un sens à n'importe quelle statistique et de vouloir y voir systématiquement une victimisation ou une discrimination, on arrive a une société qui dérésponsabilise encore un peu plus tout un chacun. Que chacun se prenne en main, et arrete de se plaindre ! La société ne s'en portera que mieux."

Je distingue plusieurs sortes de réactions .

- ceux qui nous reprochent de nous poser en victimes. Qui pensent qu'il ne tient qu'à nous de nous présenter aux élections, aux postes importants dans les entreprises. Il est vrai que les femmes ne se mettent pas en avant et qu'elles ont tort. Mais accepte-t-on qu'elles le fassent ? On a bien vu à quoi s'exposaient une Ségolène Royal ou une Hillary Clinton. Les études montrent par exemple qu'une femme qui demande une augmentation se fait mal voir. Que l'autorité des femmes n'est pas acceptée comme celle des hommes (je ferais un billet prochainement sur les chirurgiennes) Surtout les femmes considèrent très majoritairement que la vie familiale est une priorité et elles préfèrent pour cela sacrifier leur vie sociale si il le faut. Que faudrait il pour qu'elles n'aient pas à le faire ? que les hommes considèrent également que la vie familiale est une priorité, qu'ils passent plus de temps à s'occuper de la maison et des enfants. Que la société soit organisée en conséquences (modes de gardes, horaires des réunions ...). Je parlerai dans quelques jours de la campagne Qualitemps sur ce sujet.

- ceux qui se sentent agressés. Pas grand chose à en dire. Réflexe normal de celui qui a peur de perdre ses privilèges.

- ceux qui pensent que le féminisme est dépassé et que depuis 68 nous avons tout obtenu. Ceux-là n'ont qu'a lire les innombrables stats qui prouvent le contraire et si les femmes sont aujourd'hui reconnues comme des sujets de droit à part entière il leur reste encore du chemin pour que l'égalité soit réelle dans les faits.

- ceux qui estiment que la discrimination envers les femmes est une discrimination parmi d'autres. Quand je remarque qu'un colloque au Sénat ne fait intervenir que des orateurs masculins on m'objecte qu'il n'y a pas non plus de noirs ou de beurs ou de handicapés. Lorsque je regrette qu'H Clinton ait été éliminée de la course à la Maison Blanche j'entends en général ceci "Mais c'est un noir qui pourrait être élu, c'est une énorme avancée". Je ne suis pas assez férue de politique internationale pour savoir si Barak Obama est un meilleur candidat qu'Hillary Clinton mais je sais qu'il y a de par le monde de nombreux chefs d'état noirs. En fait dans la quasi totalité des pays à majorité noire. Les femmes chefs d'état se comptent sur les doigts d'une main et l'élection d'une femme à la présidence des Etats-Unis aurait été une avancée bien plus importante encore . Les femmes ne sont pas une catégorie sociale, elle sont la moitié de l'humanité, malheureusement pour elles elles sont la deuxième moitié !

vendredi 30 mai 2008

la barbe, encore elles !

Je trouve ces actions très pertinentes. D'une part elles sont suffisamment spectaculaires. J'ai entendu parler de la dernière sur France Inter. D'autre part elles obligent les personnes présentes à prendre conscience de l'anormalité de la situation. Après Auchan donc, Casino.... du souci à se faire pour les autres

regarder la vidéo :

Jeudi 29 mai 2008 – Le groupe d’action féministe LA BARBE s’attaque aux entreprises de la grande distribution pour la troisième fois en deux mois. Cette fois-ci ce sont les actionnaires du groupe Casino, Guichard-Perrachon que La BARBE accueille à la Bourse de Paris à l’occasion de son Assemblée Générale annuelle. Le secteur de la grande distribution est une cible de choix pour ce jeune groupe d’action féministe, qui couvre ses victimes de ridicule en leur présentant un miroir déformant :15 femmes portant barbe ont constitué une haie d’honneur à l’entrée du Palais Brongniart. Ces Messieurs du Conseil d’Administration (15 hommes, 1 femme) et du Directoire (10 hommes,1 femme) eurent droit à l’escorte d’une groom poilue couvrant leur chef d’un parapluie noir pour les protéger de la pluie.

"Nous nous réjouissons bien évidemment de cette suprématie des hommes dans les plus hautes instances de décision, gage de stabilité pour l’entreprise. Pour autant la présence d’une représentante de la gent féminine est une menace qu’il faut prendre au sérieux. Il importe de garder le sens de la mesure : il ne faudrait pas, sous prétexte de diversité, que d’autres femmes s’introduisent aux commandes à nos corps défendant !

Nous félicitons néanmoins la Direction. Voici, n’en doutons pas, une entreprise qui saura résister à l’application de cet amendement aberrant de la constitution. Nous appelons Messieurs du Sénat et de l’Assemblée à une plus grande vigilance. L’égalité Homme/Femme est le fléau des temps modernes !" conclue le tract distribué aux actionnaires.

samedi 17 mai 2008

Bravo !!!

Voici donc ce qui est arrivée à ces messieurs du Sénat.(voir 4 post plus bas)

Je recopie le communiqué des Barbes.

Miroir, miroir, suis-je toujours la plus belle? Le 15 mai 2008, le groupe d’action féministe a investi un colloque organisé par le Sénat avec le Comité d’Histoire Parlementaire et Politique (CHPP) ayant pour titre « La Ve République au Parlement ».

A l’annonce de la table ronde présidée par Mr E. Balladur et pompeusement intitulée « L’Assemblée Nationale, miroir de la Société Française », 20 femmes à barbes se sont levées devant l’estrade. Drôle de reflet pour une assemblée en l’occurrence exclusivement masculine, qui se trouva prise d’un malaise palpable.

Dans la Salle Clémenceau, au cadre prestigieux, le programme du jour prévoyait en effet que se succèdent à la tribune de nombreux énarques et anciens ministres … tous des hommes. Une femme, Mme Catherine Proaccia, fut rajoutée in extremis sans qu’elle puisse figurer sur le programme, suite aux protestations de Laurence Rossignol, secrétaire nationale du Parti socialiste, chargée du droit des femmes, dans une lettre ouverte à Christian Poncelet, le président du Sénat. Au côté de M. Edouard Balladur, ancien premier ministre, M. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, M. Claude Estier, ancien président du groupe socialiste du Sénat, M. Gérard Longuet, ancien ministre, sénateur de la Meuse, n’ont pu que subir passivement l’initiative. Difficile de trouver la réplique qui s’impose face à un banc de postiches impassible, qui pris garde de rester digne tout au long des deux heures d’intervention des énarques. Aux questions de l’assistance, le tract diffusé à l’occasion répondait par l’ironie :

« L’Assemblée Nationale compte déjà 18% de femmes en 2008, les menaces sont réelles de voir les lieux de pouvoir contaminés par une féminisation rampante de la société. Les défis aux institutions politiques françaises sont nombreux, et nous sommes rassérénées de voir que nos hommes politiques savent créer les conditions d’une réflexion sur notre Histoire qui ne s’embarrasse pas de froufrou. Les rênes d’une société bien gouvernée doivent être tenues dans la main d’hommes, sûrs et entiers ; eux seuls sont à même de porter et transmettre les valeurs qui nous sont chères – Justice, Egalité, Universalisme».

Le groupe La Barbe a déclaré vouloir ainsi investir chaque mois un des hémicycles du pouvoir patriarcal en France – fut-il industriel, médiatique, culturel ou politique. Le 8 mars, les femmes de La Barbe avaient posé sous la statue de la République à Paris, qu’elles avaient pour l’occasion affublée d’une barbe postiche. Elles sont également intervenues à plusieurs reprises dans les conseils d’administration d’entreprises de la grande distribution pour dénoncer la quasi-éviction des femmes dans la direction d’un secteur dont la main d’oeuvre est presque exclusivement féminine.

En introduction du Colloque, avant l’action de la Barbe, Pierre Mazeaud se permettait de regretter que la Constitution évoque dans son préambule la nécessaire représentation égalitaire des femmes dans les Assemblées de la République. Cet ancien président du Conseil Constitutionnel alla jusqu’à suggérer “pour le bien des femmes elles-mêmes” qu’une telle ambition qui relevait du “communautarisme” constituerait, si elle était applicable, une “dangereuse brèche dans laquelle d’autres pourraient vouloir s’engouffrer”. J.P. Raffarin quant à lui se félicita sans vergogne de la quantité de femmes présentes... dans l’auditoire. Mais la barbe d’or fut décernée à M. Gérard Longuet, qui se défendit de l’attaque féministes en clamant “je suis marié, avec une femme, ce qui est encore assez fréquent, j’ai quatre filles, une mère, et quand j’ai un chien c’est une chienne.” Mais que voulait-t-il dire par là?

L’invitée de dernière minute eu finalement l’occasion d’un long plaidoyer en faveur de la place des femmes dans les institutions républicaines. “Nous avons eu une femme Premier Ministre, Edith Cresson, aucune autre depuis lors. Et on pensera ce que l’on voudra, mais la première chose qui lui fut reprochée fut d’être une femme. Nombre de femmes ont été humiliées, avec l’affaire des “jupettes” à l’époque. Les sénateurs comme les députés ne veulent pas laisser leurs places à des femmes. Est-ce que notre Parlement est véritablement démocratique ?” En France, après les dernières élections municipales, on ne trouve que 9% de femmes Maires des villes de plus de 35 000 habitants. Au Sénat, les femmes représentent 16, 9% des élus. Le pourcentage des femmes à l'assemblée est 18,2% et la France en 62e position dans le monde pour les femmes dans son Parlement.

www.labarbelabarbe.org

voir la vidéo

page 2 de 2 -