Je lis dans la blogosphère
(ici ) que si le PS se déclare féministe dans sa déclaration de principe
cela n'a pas été sans discussion. 16 fédérations sur 100 souhaitaient que ce
terme soit enlevé. Il a fallu préciser que le féminisme ne prétend pas
remplacer la domination des hommes par celle des femmes. que le féminisme n'est
pas l'envers du machisme.
Et cela ne m'étonne pas.
J'ai commencé ce blog il y a 4 mois.
Mon idée était de faire apparaitre le fait que , malgré la loi sur la
parité, les femmes restent exclues de nombreux lieux de pouvoir. Je sais que
les raisons en sont complexes et proviennent des femmes autant que des hommes.
Je voulais dénoncer sans accuser. Je voulais surtout citer des faits
objectifs
Depuis, mon étonnement est chaque jour plus grand devant les réactions
négatives que suscite le seul mot de féminisme. Dénoncer les discrimnations est
politiquement correct et bien vu. Se déclarer féministe est suspect.
J'ai eu quelques commentaires d'hommes (je suppose) sur ce blog, acerbes ou
dubitatifs .
égnimatiques :"C'est beau le féminisme mais il serait temps que les femmes
(certes peu nombreuses selon vos articles) prennent leurs responsabilités et
assume leurs fonctions. A bon entendeur !"
d'autres plus interrogatifs: "votre blog est glacial à la lecture brute pour
un garçon mais légitime car il amène de très bonnes propositions suite à de
brillantes analyses néanmoins avez-vous déjà été militante dans un parti? et/ou
élue? si je peux me permettre votre comparaison entre les jeunes ministres et
celles ci-dessous me semblent d'un discours commun masculin... Michele Alliot
Marie, Roselyne Bachelot, Ségolène Royal ou Martine Aubry. de plus de ces 4
jeunes femmes seule bachelot ne me paraît pseudo-rigide.. sur le plan local et
regional chez moi les femmes ont toutes leur(s) place(s) entre la mairie et
l'agglo ou l'inter' et ne sont plus limitées aux seuls champs de
compétence : famille, social, environnement,...)"
J'ai eu aussi la surprise de voir tous les matins, à la lecture de mes stats
que des visiteurs arrivent de quelques sites qui se revendiquent masculinistes
voire machistes et qui ont mis un lien sur mon "blog de fille".
Jusqu'à là rien de bien inquiétant. Quelques hommes particulièrement
attachés à leur privilèges, qui vivent mal la concurrence des femmes.
Mais là où je m'interroge vraiment c'est quand je lis, en surfant, des
commentaires , assez fréquents de la part d'hommes qui ont l'air d'être
monsieur tout le monde. Qui ne se revendiquent pas machos mais que le seul
concept de féminisme hérisse.
des exemples ?
Les commentaires sur un article du monde :
Le point de vue de Margot Wallsrôme, vice présidente de la Commission
européenne sur la prochaine présidence européenne .
Parmi les 10 commentaires (et je rappelle que seuls les abonnés au Monde .fr
peuvent commenter) on lit ceci
"C'est du niveau d'une fillette de deux ans et demi qui fait des caprices et
veut les jouets des petits copains. Elle est bien représentée l'Europe !
Pourquoi Le Monde publie-t-il un machin pareil ? Mais Le Monde ne fait que
publier des machins pareils !"
"Heureusement que le Monde était là pour publier cet appel historique !
C'est digne du Poblacht na eh Eirean d'avril 1916, lorsque les patriotes
d'Irlande lancèrent l'insurrection "au nom de Dieu et des générations
disparues". Si cette Mme bidule veut devenir chef des commissaire, reine du
Conseil ou grande viziresse de la PESC, peu me chaut. C'est inepte, sans
fondement, anecdotique, tout ce qu'on voudra. Mais pourquoi diable le Monde
publie-t-il un machin pareil, "sans queue ni tête" (Guitry) ?"
ou sur
ce blog qui relate une réunion des assises du numérique organisée par E
Besson à laquelle n'était invitée qu'une seule femme .
"Oh que les poncifs sur les mâles s’accumulent (...) J’en ai par-dessus la
tête du féminisme victimaire. » (dixit un dangereux machiste) C’est
dommage, le fil de commentaires aurait pu parler du SUJET, mais ne s’est
intéressé qu’au DETAIL. Sûrement la faute des nombreux mâles ici présents
!"
les réactions aussi à la chronique de la médiatrice du monde sur le sexisme
rampant :
"Il est aussi possible de se prendre en main et de se plaindre, non??? N'est
ce pas ce qu'on appelle la liberte d'expression..."
"Ras le bol de cette victimisation systématique des femmes, des arabes, des
noirs, des unijambistes et de tout ce qui n'est pas homme blanc marié jeune
cadre dynamique ! A force d'essayer de donner un sens à n'importe quelle
statistique et de vouloir y voir systématiquement une victimisation ou une
discrimination, on arrive a une société qui dérésponsabilise encore un peu plus
tout un chacun. Que chacun se prenne en main, et arrete de se plaindre !
La société ne s'en portera que mieux."
Je distingue plusieurs sortes de réactions .
- ceux qui nous reprochent de nous poser en victimes. Qui pensent qu'il ne
tient qu'à nous de nous présenter aux élections, aux postes importants dans les
entreprises. Il est vrai que les femmes ne se mettent pas en avant et qu'elles
ont tort. Mais accepte-t-on qu'elles le fassent ? On a bien vu à quoi
s'exposaient une Ségolène Royal ou une Hillary Clinton. Les études montrent par exemple qu'une femme
qui demande une augmentation se fait mal voir. Que l'autorité des femmes n'est
pas acceptée comme celle des hommes (je ferais un billet prochainement sur les
chirurgiennes) Surtout les femmes considèrent très majoritairement que la vie
familiale est une priorité et elles préfèrent pour cela sacrifier leur vie
sociale si il le faut. Que faudrait il pour qu'elles n'aient pas à le
faire ? que les hommes considèrent également que la vie familiale est une
priorité, qu'ils passent plus de temps à s'occuper de la maison et des enfants.
Que la société soit organisée en conséquences (modes de gardes, horaires des
réunions ...). Je parlerai dans quelques jours de la campagne Qualitemps sur ce
sujet.
- ceux qui se sentent agressés. Pas grand chose à en dire. Réflexe normal de
celui qui a peur de perdre ses privilèges.
- ceux qui pensent que le féminisme est dépassé et que depuis 68 nous avons
tout obtenu. Ceux-là n'ont qu'a lire les innombrables stats qui prouvent le
contraire et si les femmes sont aujourd'hui reconnues comme des sujets de droit
à part entière il leur reste encore du chemin pour que l'égalité soit réelle
dans les faits.
- ceux qui estiment que la discrimination envers les femmes est une
discrimination parmi d'autres. Quand je remarque qu'un colloque au Sénat ne
fait intervenir que des orateurs masculins on m'objecte qu'il n'y a pas non
plus de noirs ou de beurs ou de handicapés. Lorsque je regrette qu'H Clinton
ait été éliminée de la course à la Maison Blanche j'entends en général ceci
"Mais c'est un noir qui pourrait être élu, c'est une énorme avancée". Je ne
suis pas assez férue de politique internationale pour savoir si Barak Obama est
un meilleur candidat qu'Hillary Clinton mais je sais qu'il y a de par le monde
de nombreux chefs d'état noirs. En fait dans la quasi totalité des pays à
majorité noire. Les femmes chefs d'état se comptent sur les doigts d'une main
et l'élection d'une femme à la présidence des Etats-Unis aurait été une avancée
bien plus importante encore . Les femmes ne sont pas une catégorie sociale,
elle sont la moitié de l'humanité, malheureusement pour elles elles sont la
deuxième moitié !