Olympe et le plafond de verre - blogueuse féministe

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samedi 15 mai 2010

Derrières les caméras

Billet que j'aurais du intituler "Le festival du film masculin à Cannes"

Une lectrice qui vit en Allemagne m'a envoyé cet article (en Allemand).

On voit tellement de jolies actrices sur les plateaux de télés en ce moment que je n'avais pas pensé à vérifier.

Grave erreur : sur 19 films en compétition au Festival de Cannes AUCUN n'est réalisé par une femme. 

On en trouve 1 dans la sélection "un certain regard", et, si j'ai bien compté, 4 pour les longs métrages "Quinzaine des réalisateurs"

Interrogé sur les raisons de cette absence Tim Burton, le président du jury, dit: "Je ne sais pas comment la sélection a été faite." Il indique "qu'il y a un grand nombre de dirigeantes dans les studios américains, et que le sexe et l'origine n'ont pas d'importance. "  . En réalité le sexe est une donnée essentielle de la sélection sinon on retrouverait à peu près la même proportion hommes/femmes que dans la population . Je suppose que la discrimination commence très en amont . Il doit être beaucoup plus difficile pour une femme d'obtenir les financements nécessaires à la réalisation d'un film, et elles doivent  donc moins les solliciter.

Le réalisateur et producteur Shekhar Kapur considère lui que  "Qui n'a pas accès à ses côtés masculin comme féminin est de toutes facons condammé à l'échec en tant que cinéaste. ". Ouf ! ces messieurs ont donc travaillé aussi avec leurs cotés féminins ! 

Cela ne devrait pas poser de problème au jury, que voici


Par acquis de conscience j'ai jeté un oeil sur le Palmarès depuis l'origine : j'ai trouvé 2 réalisatrices : Bodil Ipsen en 1947 et Jane Campion en 1993.

En fait ce que Cannes aime surtout chez les femmes ce sont leurs robes .


photos


dimanche 9 mai 2010

Les Etats généraux de la femme : L'OREAL applique la loi

Mme Valérie Aveline DRH de l'OReal a présenté les actions mises en place par le groupe pour favoriser l'égalité hommes/femmes.

Une attention particulière est portée aux parents (et pas seulement aux mères elle a insisté là dessus) pour qu'ils puissent concilier vie familiale et vie privée selon leurs désirs. L'Oréal fait partie des entreprises qui ont signé la charte de la parentalité.

Et tout est fait pour que le congé maternité ne contribue pas à accentuer les inégalités . 

La dernière mesure a déclenché les applaudissements de la salle et a ensuite été largement encensée par la représentante de ELLE qui l'a qualifiée de vertueuse. L'Oréal garantit aux femmes, l'année de leur congé maternité une progression de rémunération automatiquement égale à la moyenne des augmentations individuelles de leurs collègues. Ce qui n'exclut pas une augmentation individuelle en fonction de leurs performance.

Elle est donc en bonne place au menu de la 5eme proposition.  Sauf que ...

Sauf que c'est juste que l'Oréal applique la loi et l'article L1225-26 du Code du travail. Cet article date de 2006 et faisait partie de ce qu'on a appelé la loi Ameline.

J'en suis restée songeuse. Je suppose que les entreprises appliquent la loi mais qui informe les gens de leurs droits ? Significatif en tout cas d'une certaine façon de fonctionner : accumuler des textes plutôt que de veiller à l'application de ceux qui existent.

Et je ne suis pas certaine que tous les Comités d'entreprises mettent beaucoup d'énergie à analyser le rapport sur l'égalité hommes/femmes (obligatoire dans les grandes entreprises) et à exiger des mesures. 

EDIT : on me dit qu'il n'est plus fait mention de cette proposition sur le site de ELLE.  Mais elle est bien en toutes lettres dans le livre blanc et en page 191 du ELLE de cette semaine 

samedi 8 mai 2010

Les Etats généraux de la femme : la légitimité d'ELLE

J'étais très sceptique sur la démarche lancée par ELLE.

Le seul fait de parler de LA femme contribue à faire des femmes une catégorie spécifique tout en niant nos diversités. Vous pouvez d'ailleurs remarquer que ce n'est pas le cas pour l'homme. Lorsqu'on dit "l'homme a marché sur la lune" on ne parle pas de la catégorie masculine, on pense à l'humanité (bien qu'il n'y ait que des hommes qui aient marché sur la lune) .

J'ai cependant suivi avec attention.

- le blog des vigilantes

- les tables rondes à Lyon, Marseille, Lille, Paris, Bondy et leurs compte-rendus

y trouvant beaucoup d'intérêt.

A l'issue de ces rencontres un Livre blanc a été élaboré, il comprend  24 propositions pour transformer la vie des femmes.... et celles des hommes. Rien de très nouveau dans ces 24 propositions qui reprennent des sujets déjà très débattus, si ce n'est que désormais on dispose d'une synthèse.

Hier j'ai assisté à la journée de clôture qui se tenait à Paris et au cours de laquelle ce Livre blanc a été remis au premier ministre.

Il faut reconnaitre que les choses n'étaient pas faites à moitié.

Ont  défilé à la tribune du grand amphi de Sciences Po (plein à craquer) Simone Veil (standing ovation), François Fillon, Nathalie Kosciusko-Moriet, Cécile Duflot, Laurence Parisot, Eric Woerth, Gisèle Halimi,  de très nombreuses spécialistes toutes très renommées et des femmes qui ont partagé leur expérience.

J'ai eu le sentiment que les politiques étaient ravis d'une telle tribune et personnellement je trouve suspect l'enthousisame de l'UMP envers les propositions du Livre blanc.

Valérie Toranian directrice de la rédaction n'a d'ailleurs pas raté le coche. A Eric Woerth, qui rappelait que des études ont montré que la féminisation du travail était un bien pour la société et que les entreprises qui avaient davantage de femmes parmi leurs instances dirigeantes étaient plus performantes, elle a lancé un scud : "votre gouvernement pourrait donc devenir plus performant si il était plus paritaire". Réponse embrouillée du ministre qui a dit que c'était déja pas mal, et qu'il y avait des femmes à la tête de ministères importants.

Les sujets abordés étaient ceux que j'évoque ici, vus sous sous plusieurs angles ou décortiqués par des expertes.

J'ai de quoi écrire des billets pour plusieurs mois

Je vais commencer par la question que continue de me poser l'organisation d'une telle manifestation par ELLE, elle a d'ailleurs été clairement abordée lorsque de la salle quelqu'une a demandé si ELLE qui contribue à diffuser la dictature de la minceur était légitime pour organiser ces Etats Généraux. Valérie Toranian,  pas du tout prise de court, a répondu que "effectivement, comme tous les magazines féminins ELLE véhicule des archétypes. Mais la mode correspond a une vraie envie pour les femmes de voir des choses belles et c'est structurant pour elles (pour l'envie ce doit être vrai puisque la presse destinée aux femmes est parmi celle qui résiste le mieux, pour le reste joker ). Le problème étant plutôt que les créateurs aiment les femmes minces. Mais dans ELLE nous essayons de montrer qu'il y a 1000 autres façons de s'exprimer. ELLE montre aussi chaque semaine comment déconstruire les stéréotypes et comment les femmes peuvent être elles-mêmes en étant artistes, femmes de pouvoir etc..." Elle considère que la presse a le choix entre se faire subventionner par l'Etat ou être financée par la publicité et si j'ai bien compris elle est plus à l'aise avec la seconde formule. En tout cas le positionnement est clairement assumé. 

La couverture du N° de cette semaine est bien le reflet de cette ambiguité : gros titre sur les états généraux, mais en dessous c'est d"anti-kilos" qu'on parle. A l'intérieur on commence à montrer des maillots de bains et les corps qui sont dedans .

Difficile effectivement d'être à la fois un média qui contribue autant à la construction et la diffusion des stéréotypes et de se prétendre à la pointe de la réflexion sur les femmes. 

En même temps je dois reconnaitre que le fait qu'un hebdomadaire a si grand tirage évoque les questions relatives à l'équilibre des temps, aux violences envers les femmes, aux inégalités, aux stéréotypes contribue à leur donner une audience qu'elles n'ont pas actuellement hormis peut être le sujet de la violence.  

Et ça c'est plutôt positif.

(à suivre)

les citations ne sont pas du verbatim mais sont faites à partir de mes notes. J'ai enregistré beaucoup de choses j'espère pouvoir être plus précise dans les billets suivants

lundi 29 mars 2010

Les maternelles : Elisabeth Badinter

Parmi l'avalanche d'articles et d'émissions consacrées à Elisabeth Badinter et son dernier livre Les Maternelles de France 3 (vidéo intégrale) m'apparait comme l'une des seules qui ne se contente pas de l'encenser mais lui apporte une vrai contradiction.

Invitées 1 homme et 9 femmes qui ne sont pas toutes d'accord avec ses thèses. Résultat au lieu de tourner comme d'habitude autour des couches lavables ou la stigmatisation de la leache league le débat aborde les vraies questions.

Personne sur le plateau ne remet en cause le droit des femmes à choisir et les invités le démontrent par leur diversité (allaitement, biberon, femme au foyer, femmes qui travaillent en dehors, à la maison, papa au foyer) par contre, toutes ou presque on fait valoir les difficultés à concilier travail et enfants.

La question est en effet bien celle-là puisque ni la société ni les entreprises ne prennent en compte cette problématique.

Et   pourquoi toujours poser ces questions du point de vue des femmes alors que le sujet devrait être celui de la parentalité ? (à ce sujet je vous conseille la lecture de cet interview de Brigitte Grésy, je suis d'accord à 100% avec ses propos)

D'ailleurs un journaliste papa, constatant que le livre ne parle quasiment pas des pères, suggère  d'écrire  "Le conflit, l'homme, le père ".

Une discussion d'une très bonne tenue en 3 partie : la dictature de la mère parfaite, la difficile équation entre maman et travail, le partage des tâches.

Très en vrac, quelques phrases :

- un lit pour les papas dans les maternités

- des congés spéciaux pour les parents (papas et mamans) solos

- un allongement du congé maternité (oui même Elisabeth Badinter est pour) et surtout paternité

- une revalorisation des pensions alimentaires pour que celles qui se sont arrêtées de travailler ne se retrouvent pas démunies en cas de divorce

- des crèches ouvertes 24H/24H

- des cours d'économie ménagères dans les écoles

Ont participé à ce débat 2 blogueuses : Marlène de Maman travaille et Ségolène de Mamanana

mercredi 6 janvier 2010

Cécile Duflot : démonstration du sexisme ordinaire

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts a été interviewée par Jean-Pierre Elkabbach. Interview qui a fait un peu de bruit surtout parcequ'il y a été question de ses vacances aux Maldives.

Personnellement je ne la défendrai pas sur ce point, quand on est en campagne électorale il importe de tout prendre en compte et les politiques savent que désormais le moindre de leur geste, la moindre de leur parole peuvent être rapportés. 

Elle a été beaucoup critiqué pour cet interview, c'est évidemment le jeu politique et certains sont bien contents de pouvoir taper sur une concurrente.

Pourtant il est des façons de faire qui ne sont utilisées qu'avec les femmes.

Regardez et écoutez cet entretien. J'ai aussi, pour comparer, écouté l'interview de Brice Hortefeux par le même journaliste. Il y a clairement 2 poids 2 mesures, certes Jean Pierre Elkabbach a une proximité politique avec B Hortefeux qui l'incite a le ménager bien davantage que Cécile Duflot qu'il cherche à déstabiliser.

Mais je ne suis pas sûre qu'il oserait en faire autant avec un homme (qu'on me montre les vidéos dans ce cas).

- d'emblée au lieu du ton professionnel et sérieux qu'il utilise avec Brice Hortefeux il lui parle sur un ton de connivence moqueur , il est faussement compatissant en lui demandant si la réaction des internautes ne l'a pas affectée (parcequ'une femme ça s'affecte facilement c'est bien connu), et très condescendant de façon générale.

- il l'interroge longuement sur sa vie privée. Admettons que la question des vacances aux Maldives soit politique, mais il en rajoute sur son voyage à Copenhague et il va jusqu'à lui parler du nombre d'enfants qu'elle a eu. Depuis quand pose-t-on cette question aux personnalités politiques ?

- il lui pose cette question incroyable "vous vous imaginez Présidente de la région Ile de France ?", ben oui Coco elle s'imagine ! sinon elle ferait autre chose. Mais ce genre de question insidieuse est tout à fait propre à jeter le doute chez les auditeurs, ce que Brigitte Grésy* appelle de "la déligitimation subtile"* il n'est pas question de savoir si le programme d'Europe Ecologie leur parait le meilleur, il est question de douter de l'envergure de la personne pourtant choisie par son parti donc légitime .

- il lui demande pourquoi elle est sévère ou méchante avec le PS. Parceque c'est bien connu les hommes  femmes politiques sont méchantes. Les hommes eux sont durs ou féroces et solides dans l'adversité.

- et pour finir, dès que la conversation aborde un sujet de fond : la taxe carbone, il lui coupe la parole à plusieurs reprises ce qui fait qu'on a bien du mal à comprendre sa position.

et la jeune femme fait ce que font souvent les femmes et c'est dans ce cas une erreur : elle se justifie.

Elle se laisse piéger par les questions privées et en rajoute même : des vacances dont elle rêvait, une surprise de son amoureux etc..elle prend la peine de réexpliquer en détail comment elle s'est rendu à Copenhague.

Une fois n'est pas coutume mais je ne suis pas loin de penser comme Aimée Joubert et ce macho de Marc Cohen que" la seule réponse digne aurait été de demander à son intervieweur si lui-même passait toutes ses vacances dans le Pas-de-Calais et quelle était la couleur de son slip."

Résultat : les vrais questions, Copenhague, la taxe carbone, le projet pour la région Ile de France sont passés à la trappe.


Après ça, il se trouve des journalistes pour s'engouffrer dans la brèche. Le pire se trouvant, comme c'est souvent le cas, sur Le Post.

Un billet de Bruno Roger-Petit d'un machisme primaire  qui a un peu buzzé.

Le titre déja "Cécile Duflot : quand Zézette épouse X veut présider la région Ile de France".

Passons sur le Zézette en admettant que les hommes aussi ont droit à des diminutif peu valorisants . Le épouse X me fait évidemment bondir, moi qui ait fait un billet il y a quelques jours sur mes difficultés à me débarasser de ce nom d'épouse qui n'est pas le mien. Indécent qu'en 2010 on puisse oser une telle déligitimation d'une candidature féminine.

Et les conclusions de l'article la rabaisse avec des arguments classiquement utilisés pour rabaisser les femmes.

- "Elle affiche un niveau de culture générale semblable à celui de Félix" (toujours le doute sur la compétence et les capacités intellectuelle des femmes alors que Cécile Duflot est diplomée de l'ESSEC et titulaire d'un DEA de Géographie).

- Elle "ambitionne des congés payés pour secrétaire de direction inculte sur une plage de rêve comme Thérèse",  secrétaire de direction ! une place qui pour BRP convient certainement mieux aux femmes

- elle "arbore la même permanente troublée que Katia", parceque comme le dit Brigitte Grésy les femmes au lieu de les écouter on les regarde.

Alors quand je constate que cet article a pas mal circulé sur twitter sans que personne relève ce qu'il avait de scandaleusement sexiste, je me dis qu'on n' est pas au bout de nos peines.

Brigitte Gresy . petit traité contre le sexisme ordinaire.

dimanche 3 janvier 2010

Les états généraux de la femme selon ELLE.

Je crois bien qu'avant d'avoir un blog je n'avais jamais acheté ELLE. Je le feuilletais quelquefois chez le médecin ou le coiffeur, mais préférant nettement, si j'avais le choix, Voici ou Paris-Match.

Depuis il m'est arrivé de l'acheter, pour y chercher de l'inspiration ou parceque je m'étais rendue à la soirée de remise des prix des "reines du net" et que je voulais lire le compte rendu et voir la photo des copines.

Et je ne manque pas la rétrospective du lundi de Doucement le matin...

En fait je n'ai jamais été déçue : peu de choses à lire et une quantité incroyable de publicités avec des filles maigres et peu vêtues. Qu'un tel journal prétende "réfléchir à la condition féminine en 2009 et proposer des pistes pour l’améliorer" n'est pas cohérent.

Il suffit pour s'en convaincre de répondre aux questions des sondages pompeusement titrés "les femmes reprennent la parole".  Il sont confondants de stéréotypes. Soit ELLE a fait dans le pas cher et les questionnaires ont été concoctés par des stagiaires en communication, soit il s'agit d'un parti pris idéologique. Je pense en fait que ELLE a utilisé les mêmes outils que d'habitude lorsqu'il s'agit de savoir par exemple "de quel acrro aux régimes " nous sommes.

Aucun des thèmes n'est traité en profondeur. Et ils répondent à des questions sur lesquels les études statistiques et sociologiques sont déjé nombreuses.
Je reconnais qu'il sera peut être intéressant, de connaitre la perception qu'ont les lectrices de ELLE de l'évolution de la place des femmes en politiques ou des limites qu'elles ressentent dans leur vie professionnelle.

Au pire ils  ne proposent  que des réponses limitées et très orientées.  Celui sur la famille par exemple part du présupposé qu'une famille est constitué d'un père, d'une mère et des enfants. Celles qui l'envisagent autrement, ou qui ne l'envisagent pas sont priées de passer leur chemin. Du coup on ne connaitra jamais leur point de vue.

Le thème "C'est quoi être une fille ?"  est un véritable monument. En tout cas il  montre crûment l'inanité de l'initiative.

Voici quelques questions, mais je vous conseille d'aller voir par vous même, toutes sont du même acabit.

Question N°1 :
Etre une fille c’est…
 
 

 


Question N°2 :  Parmi ces mots, lequel associez-vous au statut féminin ?
 
 



Question N°3 : L’accessoire associé aux filles en 2009 ?
 
Le rouge à lèvres
 
ne

Péniblement le débat s'élève un peu de temps en temps

Côté travail, elles…
 
 

 


Mais c'est pour mieux retomber un peu plus loin, avec cette question qui, comme vous le voyez, nous ramène effectivement 40 ans en arrière.

Dans votre esprit, vous associez la féminité à…
 
 

 


L'ensemble se termine par l'essentiel, c'est à dire des questions pour savoir si vous lisez ELLE et à quelle fréquence.

Difficile de comprendre comment Simone Veil et des ministres ont accepté de cautionner la démarche. Certainement dans l'espoir de fédérer un maximum de femmes autour de cette initiative. J'aimerai y croire moi aussi.  Mais l'amélioration de la condition des  femmes passe entre autres, et ce n'est pas un point mineur, par l'image qu'a la société des femmes et de leurs corps. En ce sens ELLE est bien le véhicule d'une certaine image, mais de celle qu'il serait utile de changer justement.
Tout à fait incompatible avec le financement du journal par ses annonceurs.





mardi 22 décembre 2009

Des femmes utiliseraient-elles des armes déloyales en politique ?

Le Monde titrerait-il  "comment François Bayrou ensorcelle ses allies " ou "comment Nicolas Sarkozy ensorcelle ses troupes" ?

ça sonne étrange non ?

Par contre "comment Segolene Royal ensorcelle ses allies en ses terres de poitou charentes", pas de problème.

C'est qu'il y un peu de sorcière en chacune de nous non ? 

Et elle a bien de la chance qu'on ne brûle plus le sorcières aujourd'hui.

vendredi 18 décembre 2009

Dirait-on d'une homme politique qu'il est broyé par les conflits d'intêrets ?

Les hommes et les femmes politiques ne sont pas traités de la même façon, c'est une évidence.

Mais il est très difficile de déterminer dans quelle mesure le sexisme intervient.

Prenez Rachida Dati, suite à la diffusion d'une conversation privée par M6 elle s'est plainte, notamment en invoquant cet argument. "Je trouve qu’on n’aurait pas fait ça à un homme. C’est aussi une organisation pour une femme d’avoir son activité familiale et son activité professionnelle".

Et là, je dois dire que je ne la suis pas sur ce terrain. Je ne pense pas qu'il soit à l'honneur des journalistes de la chaine d'avoir procédé à cette diffusion, mais ils se seraient probablement comportés de la même façon avec un homme. Mme Dati ne peut s'en prendre qu'à elle même, il est rare que des personnalités politiques fassent ouvertement preuve de tant de désinvolture à propos d'un mandat électif.

Sa défense est du même ordre que celle d'un Bernanrd Kouchner évoquant l'antisémitisme après avoir été mis en cause par l'écrivain Pierre Péan. On aurait préféré une défense qui démente ou explique les faits.

L'éviction de Connie Hedegaard  ministre danoise qui présidait, depuis le 7 décembre, la Conférence de Copenhague m'interroge bien davantage.

La tache était rude, la mission apparemment impossible et avec l’arrivée de dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement, elle a dû passer le relais à son "patron", le Premier ministre Lars Lokke Rasmussen.

D'après l'article de Courrier International, elle aurait voulu "trop bien faire", "son expérience ne faisait aucun doute. Mais la confiance entre les pays ne s’improvise pas."

Je me demande si un homme aurait été traité de la même façon, et si Mme Hedegaard n'a pas pâti des préjugés habituels envers les femmes au pouvoir : " trop de rigidité, pas assez de doigté pour les négociations difficiles" ou  "manque d'autorité, pas assez de charisme"

Et est ce le hasard si on en conclut qu'il lui restera à animer " la suite des discussions ministérielles, soit un peu l’arrière-cuisine" ?

(partenariat avec Courrier international)

mardi 20 octobre 2009

Une action pour les profs

Trouvé chez Stedransky  qui déniche toujours des sites intéressants : les Olympes de la parole

Il s'agit d'un concours scolaire qui permet d'aborder en classe l'éducation au respect filles et garçons.
Le concours est organisé par L'Affdu en partenariat avec l'Education Nationale.
Avant le mois de mars, les élèves doivent  réaliser  un dossier papier et une intervention orale de 15 minutes.


Cette année, le sujet est le suivant

En 2010, comment les médias peuvent-ils améliorer l’image de la femme dans une perspective d’égalité, entre les filles et les garçons, entre les femmes et les hommes ?

Tous les niveaux peuvent être inscrits, il existe des catégories école, collège, lycée, lycée pro et enseignement adapté


Je me demande ce qu'en pensent CC, les privilégiés, Marie-Georges, Chrystelle Membrey et SOS.SES

mercredi 16 septembre 2009

“Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne”

Enregistré  hier à la Présidence de l’Assemblée nationale le 15 septembre 2009, une  proposition de loi relative aux photographies d'images corporelles retouchées .

L'article est ainsi rédigé 

« Art. L. 2133-2. – Les photographies publicitaires de personnes dont l’apparence corporelle a été modifiée par un logiciel de traitement d’image doivent être accompagnées de la mention : “Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne”.

« Le non-respect du présent article est puni d’une amende de 37 500 €, le montant de cette amende pouvant être porté à 50 % des dépenses consacrées à la publicité. »

Il s'agit de lutter contre la diffusion d’une « représentation erronée de l’image du corps dans notre société » et notamment celle qui vise à faire croire que les mannequins n'ont ni ventre, ni bourrelets, ni rides.
On pourra bien continuer à nous les montrer photoshopées, mais il faudra que ce soit avoué.

Il ne semble pas par contre que soient concernées les photos des stars interviewées ou faisant l'objet d'un reportage. Genre," je ne comprends pas celles qui se font des injections de botox  parcequ'à 50 ans , moi qui ai l'air d'en avoir 25 sur les photos, je préfère assumer  mon âge ! "

vendredi 4 septembre 2009

Suite du billet sur l'Epididyme de rentrée

Vous voyez un nom de femme dans cet article ?

Nikos Aliagas contre Marc-Olivier Fogiel. Guillaume Durand face à Jean-Jacques Bourdin, Nicolas Demorand pour faire pièce à Vincent Parizot. Cette saison encore, les radios ont décidé de livrer bataille dès les premières heures du matin.

Lire la suite de cet article du Monde

mardi 1 septembre 2009

L'épididyme d'Or de la rentrée

epididymes.jpg Ce mois ci il est attribué à France inter pour sa grille de rentrée. Grille qui n'est d'ailleurs pas vraiment différente de la précédente. J'écoute habituellement France inter (ou France info si j'ai peu de temps). Je n'avais jamais remarqué à quel point ce sont des hommes qu'on entend. N'y aurait-il pas de femmes journalistes de talent à France inter ?

  • De 5 à 7 vous pourrez entendre Patricia Martin ou Olivia Gesbert
  • De 7 à 10 Nicolas Demorand, et à l'intérieur même de cette tranche horaire vous entendrez quand même nettement plus de voix masculines, surtout quand il s'agit de choses sérieuses comme la politique ou l'économie
  • 7h le Journal par Mickaël Thébault
  • 7h15 Reporter – La rédaction
  • 7h20 L'édito éco - Dominique Seux
  • 7h23 Tous azimuts - Nicolas Demorand
  • 7h30 Journal - Laurence Thomas
  • 7h44 L'édito politique - Thomas Legrand
  • 7h48 L’éco du jour – Philippe Lefébure
  • 7h51 Cartier libre - Caroline Cartier
  • 7h55 L’humeur de… Stéphane Guillon / Didier Porte / François Morel
  • 8h Le Grand Journal - Fabrice Drouelle
  • 8h16 Géopolitique - Bernard Guetta
  • 8h20 L'invité d'Inter - Nicolas Demorand
  • 8h30 La revue de presse – Bruno Duvic
  • 8h40 Inter-activ’ - Nicolas Demorand
  • 9h Journal - Mickaël Thébault
  • 9h10 - Esprit critique Vincent Josse
  • 9h35 - Comme on nous parle Pascale Clark

10h - Service public Isabelle Giordano

11H le fou du roi Stéphane Bern

12H30 carnets de campagnes de Philippe Bertrand

12H45 Le jeu des 1 000 Euros Nicolas Stoufflet

13H30 2000 ans d'histoire Patrice Gélinet

14h - La tête au carré Mathieu Vidard

15H là bas si j'y suis Daniel Mermet

16h - Carrefour de l'Odéon Frédéric Lodéon

17h - Nonobstant Yves Calvi à qui on peut faire confiance pour inviter majoritairement des hommes puisqu'il a déja été primé de 2 épididymes d'or

17h50 - Un temps de Pauchon Hervé Pauchon

18h15 - Et pourtant elle tourne Jean Marc Four

19h20 - Le téléphone sonne Alain Bedouet

19h20 - Les questions du mercredi Jean-François Achilli

20h - L'Humeur Vagabonde Kathleen Evin

21h - Sur la route Laurent Lavige

22h - C'est Lenoir Bernard Lenoir

23h - Allô la planète Eric Lange

1h - Sous les étoiles exactement Serge Le Vaillant

patricia_martin_olivia_gesbert.jpgnicolas_demorand.jpgisabelle_giordano.jpgstephane_Berne.jpgphilippe_bertrand.jpgnicolas_stoufflet.jpgpatrice_Gelinet.jpgmathieu_vidard.jpgdaniel_mermet.jpgfrederic_lodeon.jpgyves_calvi.jpgherve_pauchon.jpgjean_marc_four.jpgalain_bedouet.jpgjean_francois_achilli.jpgkathleen_evin.jpglaurent_lavige.jpgbernard_lenoir.jpgeric_lange.jpg

Je rappelle que l'épididyme est "une partie du système reproducteur de l'homme. C'est un petit organe accolé au testicule contenant un tube glandulaire pelotonné transportant les spermatozoïdes" . Le prix est décerné chaque mois à un média ou une manifestation ayant dépassé le taux admissible de testostérone.

Qui a déjà reçu un épididyme d'or ? .

lundi 31 août 2009

Le ventre des femmes

Il y a quelques jours j'ai très mal dormi dans un hôtel parisien.

A tel point qu'à 4H j'ai allumé la télé.

Je suis tombée sur la chaine de l'Assemblée nationale, rediffusion d'une émission "ça vous regarde" sur la gestation pour autrui. 4 spécialistes pour en parler.

J'ai pris une photo.

 l'émission sur internet

Il y avait donc sur ce plateau 5 hommes pour parler du ventre des femmes. Que diraient-ils si on n'invitait que des femmes pour parler du don de sperme ?.

En rentrant j'ai regardé l'émission complète sur internet en fait 2 citoyens interviennent (un peu) dans le débat. Un homme et une femme. Et quelle n'a pas été ma surprise de reconnaitre Jocelyne que j'ai rencontrée cet été ! Et je me suis souvenue qu'elle avait fait un billet à propos de cette émission.

mercredi 26 août 2009

50 ans et toutes ses dents...

Si vous étiez en France début août vous n'avez pas pu ne pas remarquer cette couverture de Paris Match.

les_seins_de_sharon_stone.jpg

Bien entendu, comme d'habitude on se moque de nous.

Sharon Stones n'hésite pas à déclarer "Regardez Jeanne Moreau la beauté est une question d'âme, pas d'âge. Un homme m'a dit un jour que les rides de chaque côté de ma bouche étaient comme des parenthèses entourant les belles choses que j'avais à dire.... Je ne comprends pas ces femmes qui veulent se ressembler et qui se font tirer la peau jusqu'à perdre toute expression."

Vous remarquerez que les fameuses parenthèses sont bien discrètes et je serais heureuse qu'elle nous livre ses secrets.

sharon_stone.jpg.

Secrets qu'elle n'est d'ailleurs pas la seule à connaitre d'après Frieda qui a eu la même réaction que moi, il y a aussi Demi Moore qui prétend dans Marie Claire ne pas essayer par tous les moyens de paraître 30 ans.

Mais nous sommes désormais habituées à tout cela, d'ailleurs le marchand, auquel je ne demandais rien, m'a prévenue en me tendant le magazine " ces photos sont truquées !".

En réalité ce qui me dérange le plus dans cet article c'est l'insistance avec laquelle l'actrice et son interviewer (Marc Lévy ) insistent sur le fait que ces photos expriment la liberté d'une femme "qui n'a plus le besoin d'être autrement qu'elle même", "la féminité saine", "la force et la joie", .

Alors je m'inquiète, faut-il se montrer en tenue de cuir, à moitié nue pour prouver qu'on est une femme libre, maitre de sa vie ?

A-t-on déja vu un homme avoir besoin de faire cela ?

Marc Lévy conclue "Elle est belle, épanouie, apaisée" .

En résumé "Quand on est un homme pour avoir réussi sa vie à 50 il faut avoir une rollex, quand on est une femme il faut pouvoir exhiber ses seins ."

Et si vous avez besoin de vous remonter le moral je vous conseille le billet de Manu qui vient d'avoir 50 ans (même si j'ai bien peur qu'elle rate sa vie vu qu'elle a toujours refusé de montrer autre chose que ses cheveux ou ses chaussures)

Si vous avez Canal plus regardez la télé ce soir

Séance de rattrapage...

Ce soir, mercredi 26 Août à 22h15, Canal plus rediffuse "Bienvenue dans la vraie vie des femmes"

Un documentaire intelligent à voir si vous ne l'avez pas déja vu lorsqu'il a été diffusé en mai

bienvenue_vraie_vie_femmes.jpg

Pour celles et ceux qui n'ont pas Canal, il existe un DVD mais qui n'a pas été mis en vente, l'achèteriez vous si il l'était ?

vendredi 31 juillet 2009

La femme, la pub et la haine.

J'avais lancé, il y a quelques semaines, un appel pour retrouver un article de Simone de Beauvoir paru dans le Monde du 4 mai 1983. Il n'a pas fallu très longtemps pour qu'une lectrice m'envoie ce texte, et je l'en remercie.

Je rappelle que cet article a été écrit suite à une campagne visant à dénoncer un projet de loi anti sexiste présenté par Yvette Roudy. Ce projet calqué sur la loi anti raciste de 1972 qui autorisait notamment les poursuites pour toute atteinte à l'image de la femme et de sa dignité n'a au final jamais été présenté à l'Assemblée nationale. (voir mon précédent billet sur le sujet)

Ce texte a vieilli par certains cotés, mais reste d'une actualité confondante par d'autres et quelques uns de ses paragraphes pourraient être repris tels quels aujourd'hui, 26 ans après . Jugez en.

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S'il n'était si consternant, le déferlement de misogynie soulevé par la loi anti-sexiste de Mme Yvette Roudy mériterait de déchainer des fous rires. Ces messieurs – et dames – qui reprochent aux féministes de manquer d'humour s'en montrent regrettablement dépourvus. Avec quelle pompe ils font appel à leur sens des responsabilité, à leur conscience professionnelle pour revendiquer le droit d'afficher sur les murs les images qui – à leur idée – rempliront le mieux leurs poches ! Ils n'hésitent pas à invoquer les plus hautes valeurs culturelles : d'après eux la publicité nous abreuverait de beauté, et ce serait manquer de tout sens esthétique que de ne pas assimiler ses créations aux plus célèbres tableaux du Louvre, ses « messages » aux grandes œuvres de la littérature française.

Tant de lourde prétention confond ! Mais avant tout, ils sont inspirés, disent-ils, par le respect de la sacro-sainte liberté : laquelle ? La loi qui permet aux femmes de choisir librement leur maternité serait « une interférence dans la vie personnelle » et donc une atteinte à la liberté. (Il est vrai que il y a cent ans, quand s'ouvrit à Rouen le premier lycée de filles, il se trouva des hommes pour déclarer que c'était là une atteinte à la liberté.)

Liberté ! Que d'imbécilités on profère en ton nom ! On s'en autorise, par exemple, pour comparer Yvette Roudy à un ayatollah ; je ne sache pas qu'elle ait demandé à ses compatriotes de porter le tchador, ni incité à la lapidation des femmes adultères. Et quel rapport entre la reine Victoria et la femme qui a fait voter la gratuité de l'IVG ? Je ne vois rien d'humoristique ni de finement spirituel dans ces gros sarcasmes haineux.

Certains préfèrent des arguments qui leur semblent plus sérieux. La Croix, dont on connait l'effort soutenu en faveur de la libération sexuelle, accuse Yvette Roudy de vouloir interdire l'amour et le plaisir. Mme Giroud – entre autres – lui reproche de brimer « le droit aux fantasmes ». Les gens ne pourraient donc inventer leurs rêves qu'à partir des plates images publicitaires ? Il n'est pas besoin d'être grand psychologue pour savoir que les fantasmes ont de tout autres origines.

Cependant pour répondre à ces attaques, le « clin d'œil ironique », le « coup de coude » complice ne suffisent pas. Car cette petite minorité de profiteurs, enragés comme des chiens à qui on menacerait de retirer leur os, risque de nuire, tant leur campagne est solidement orchestrée : ils sont soutenus par de nombreux journalistes car les journaux – sauf le Canard enchainé qui, justement, n'a guère pris part à cette opération – vivent en grande partie de la publicité. Il faut donc dénoncer plus précisément la mauvaise foi des arguments invoqués.

D'abord, l'amalgame. La loi ne concerne ni les livres, ni les films, ni les tableaux, ni aucune création artistique ; elle ne s'en prend pas non plus aux revues, aux magazines. Seul la pub est visée, car elle seule, au lieu de se proposer à des libertés, s'impose aux regards qui, bon gré, mal gré, la subissent. Personne ne s'indigne qu'on réprime la liberté des exhibitionnistes : certaines exhibitions publicitaires ne sont pas moins choquantes ; il me paraît logique d'en protéger les passants. Cette protection est d'ailleurs fort discrètes : on brandit le mot de censure : mais il ne s'agit rien de tel : la loi accorde seulement aux femmes qui se sentent agressées un pouvoir de contestation, un contre-pouvoir de régulation démocratique. En fin de compte, ce seront les juges qui décideront du bien-fond de leur protestation.

Pourquoi les femmes ? Parce que ce sont elles qui sont en question ; ce sont elles dont la pub, pour vendre ses produits, propose des images avilissantes. Jamais un homme. Sauf autrefois, des Noirs. Mais la loi anti-raciste a rendu impossible les « Banania-y'a bon «  de mon enfance. On nous dit que les lois ne peuvent rien, que le racisme est demeuré aussi vivace depuis la loi anti-raciste. Il y a mille raisons pour qu'il n'ait pas désarmé. Du moins, ne s'exprime-t-il plus tout à fait impunément. Certaines affiches ont disparu de nos murs. A la suite de quelques procès, les cafetiers n'osent plus refuser de servir des « bicots » ou des « nègres. Une loi ne change pas du jour au lendemain les mentalités, d'accord. Mais elle contribue à les former. Une sotte demandait dans Le Nouvel Observateur : « Suffit-il de brûler les images pour libérer les femmes ? » Non, bien sûr, ce serait trop simple. Mais il n'est pas inutile d'agir sur les images. Les enfants aussi ont des yeux, les images s'impriment en eux. Éviter qu'elles ne leur inspirent le mépris de la femme serait déjà une victoire.

Il paraît inconcevable à ces messieurs qu'un corps de femme puisse être utilisé comme « support publicitaire » sans qu'on lui inflige une attitude dégradante. Refuser cet avilissement serait interdire toute image de femme et, par extrapolation tout image. Un monde sans images ? C'est l'austérité tyrannique des pays de l'Est ! Le goulag n'est pas loin... Ces insinuations absurdes trouvent des oreilles complaisantes chez les ennemis du régime, car il ne faut pas oublier que cette campagne – et peut-être essentiellement – politique.

Cependant, cet aspect est plus ou moins masqué. Ce qu'on dénonce bruyamment, ce sont les excès auxquels, forte de la loi Roudy, vont se livrer les féministes. Les publicistes répètent à cor et à cri qu'il faut faire confiance aux femmes. Alors ? Alors, les féministes ne sont pas des femmes. On reprend contre elles les arguments les plus éculés. Elles sont « torturées, mal dans leur sexe « , déclare M J-F Fabry, éminent inventeur de la femme ligotée, portant des jeans Buffalo. « Ce sont des intellectuelles qui n'ont pas de contact avec la réalité «  diagnostique un autre. Je connais des féministes médecins, avocates, ingénieurs, mères de famille : il ne me semble pas que le directeur d'une agence publicitaire ait, à priori, de meilleurs contacts avec la réalité ; à moins que « réalité » ne signifie pour lui le fric dont il a certainement une expérience plus enrichissante. Quoi qu'il en soit, il faut le répéter, ce ne sont pas les associations qui trancheront, mais des juges. Tout ce que nous espérons c'est que la perspective d'un procès puisse avoir -comme dans le cas du racisme – un effet dissuasif.

Ce qu'il y a de consternant dans toute cette affaire, c'est la vraie raison d'une telle levée de boucliers.

Contraints et forcés, les hommes renoncent à se targuer ouvertement de leur supériorité dans le domaine économique : contre l'égalité des salaires, contre la non discrimination des emplois, ils mènent des luttes plus sournoises. Mais ils demeurent profondément convaincus que la femme est un objet à manipuler, qu'ils sont les maitres de cette manipulation. On ne les changera pas de sitôt. Mais toute démarche qui met obstacle à leur prétention dominatrice devrait être accueillie avec reconnaissance non seulement par les féministes, mais par toutes les femmes, du moins par celles qui refusent de se laisser mener à la baguette, fût elle ornée d'un diamant.

dimanche 26 juillet 2009

La France qui entreprend

30% des créateurs d'entreprises sont des femmes, mais ça a échappé au magazine Capital qui fait sa une sur le sujet.

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La photo n'est guère visible, je vous laisse regarder en kiosque .

De toute façon, je ne vois pas ce qu'on peut attendre d'un magazine qui présente en une de son site web ces 6 interviews.

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dimanche 28 juin 2009

La Barbe "Ce soir ou jamais"

C'était le 16 juin , La Barbe s'est invitée sur le plateau de "Ce soir ou jamais"

Leur texte :

"La télévision est un sanctuaire, et Frédéric Taddei en est l'un des gardiens les plus zélés.

Oui, chers téléspectateurs, dans une société où les femmes prétendent se faire entendre et briguent les postes les plus élevés, il faut des hommes de cette trempe pour défendre l'éternel masculin et protéger les espaces de parole des excès de ces ambitieuses.

Et pour nous parler du bonheur? Qui de mieux qu'un homme sinon "des" hommes? "Car le bonheur est fait de trois choses sur terre. qui sont : un beau soleil, une femme, un cheval !" (Eugène Fromentin, Dominique)

Bienvenue donc à Laurent, Michel, Jean-Didier, Frédéric et Christian. Nous invitons par contre Christine et Claudia à rester sur les bords du plateau, et garder ce rôle de muse qui leur sied si bien. Et oui, les plus vertueux d’entre les hommes ne sont pas à l'abri de la tentation, et trop de femmes ont déjà foulé les plateaux de "Ce soir ou jamais". Le lobby féministe est-il donc si puissant que vous vous sentiez obligés d'inviter une femme sur six experts, pratiquement à chaque émission, en gage de bonne volonté ? Et fallait- il tant de femmes pour parler de mères porteuses ou – pire encore, de virilité ? L'auditoire, indulgent, a certainement déjà oublié ce qu'elles étaient venues dire pour ne retenir que les pensées profondes des quelques 300 grands hommes de ce plateau. Courage, messieurs, des centaines de milliers d'âmes inquiètes, devant leur écran, comptent sur vous, directeurs, journalistes et présentateurs, pour que se perpétuent les traditions millénaires qui ont toujours écarté les femmes du débat public."

vendredi 8 mai 2009

Mon conseil pour lundi soir....

regardez (si vous l'avez) Canal + qui diffuse à 20H45 un documentaire intitulé "Bienvenue dans la vraie vie des femmes ".

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J'avais été contactée il y a quelques mois par Agnés Poirier, une journaliste qui préparait ce film . Elle souhaitait m'interviewer. J'ai refusé, parce que d'une part je préfère encore (pour combien de temps ?) conserver mon anonymat, et d'autre part j'ai toujours une certaine méfiance envers les journalistes à qui vous parlez pendant 20 mn et qui n'en retiennent que 2, qui ne sont généralement pas du tout selon vous les 2 meilleures minutes.

Je l'ai un peu regretté quand j'ai vu le film lors de la soirée de présentation en avant première à laquelle j'étais invitée.

Il est excellent. On y retrouve tous les thèmes que j'aborde ici sur la place et l'image des femmes. Avec des données objectives, des illustrations très éclairantes comme ce petit garçon qui annonce fièrement à l'école que "ça va bien", alors que la petite fille, qui a une meilleure moyenne que lui considère "que ce n'est pas encore tout à fait ça" !, des chiffres et des faits bien sûr, mais aussi un panel de scientifiques qui apportent des éclairages intéressants sur la manière dont les choses se jouent.

Un film qui devrait redonner envie de devenir féministe.

Je me suis même demandée un instant si il était encore utile que je blogue puisque ce film fait un tour très complet de la question.

Vous pouvez voir ici les premières minutes du film (après avoir passé la pub Silhouette active !)

Cela a été aussi pour moi l'occasion de rencontrer 2 blogueuses Corinne que je connaissais déjà et Sandrine très impliquée dans le combat des femmes, et plus particulièrement des femmes noires.

vendredi 24 avril 2009

Celles qui font du 40 s'insurgent....

C'est le buzz de la semaine sur les blogs féminins.

ELLE (dire qu'avant de tenir ce blog je ne le lisais que chez le dentiste ) a fait un article sur le retour des rondes. Enfin ! finit l'ère de l'anorexie. D'après ELLE "les garçons adorent. Quelque chose a changé au royaume de la silhouette ! Aujourd’hui, être ronde est dans l’air du temps. Et profiter de la vie et de ses plaisirs hautement recommandé. Les people qui assument leurs courbes, de Lily Allen à Beyoncé, nous ont libérées.".

Sauf que pour ELLE, une ronde c'est ça :

sexy_et_ronde_ELLE.jpg

Une fille normale quoi !

Tollé dans la blogosphère féminine qui s'insurge de constater que désormais celles qui font du 40-42 et qui apparaissent encore comme "normales" entrent désormais dans la catégorie des rondes.

Le buzz semble parti d'un magazine Madmoizelle (un concurrent ou une filiale de ELLE qui cherche à faire parler du magazine ? peu importe).

Il me semble à moi aussi que définir les rondes comme le fait ELLE n'est pas sans conséquence. Parceque si certaines assument plus que bien et défendent joliment leurs rondeurs ( et le site vive les rondes enregistre 50 000 visites par jour), force est de constater que la plupart des femmes n'apprécient pas de se retrouver classer dans cette catégorie (ajout : lire à ce sujet le 1er commentaire de Gabrielle)

Petit florilège des réactions.

"Alors ça y est, on essaye encore de complexer les demoiselles. Du moins, Elle (le magazine pour femelle) essaye de nous faire croire que faire du 40/42 est être une femme ronde." Eliott,

"Bref, merci ELLE de me plomber ma journée en m'annonçant comme ça de but en blanc que je suis grosse ! (et non, le fait de savoir que mes rondeurs ne m'empêchent pas d'être fashion ne me console pas vraiment... :(" cotcot et cot,

"Mesdemoiselles et mesdames, si votre garde-robe est constituée de vêtements au-delà de la taille 38 vous êtes ronde ! La nouvelle sort tout droit d'un dossier du magazine ELLE consacré aux rondes "ultra fashion". Enfin, c'est ce qu'on nous fait comprendre : il n'y a qu'à voir les jolies jeunes filles "rondes" photographiées... " mes gouts et mes couleurs

"Mais pour vous, la rondeur, ça commence à un taille 38 ou quoi ? Parce que ces filles sont NORMALES. Etre ronde, c’est à partir du 42-44, et encore, tout dépend de la taille ! Ce ne sont pas les filles ici qui sont rondes, c’est la rédaction de Elle qui a un cure-dent à la place du cerveau. " Princesse Audrey

"Et "ronde" ? C'est simple, à vue d'oeil, ces filles font du 38... elles sont obèses, c'est clair.Encore plus clair, l'immoralité de ce magazine, son inconscience criminelle, son irrespect de son lectorat " Geek et chic

"Maintenant arrêtez de dire qu'on est ronde a du 40/42, une grande partie de la population porte cette taille et non elle n'est pas grosse. Les magazines véhiculent se message puis on s'étonne que toutes les filles veulent faire des régimes ,qu'elles se sentent mal dans leur peau, qu'elles se trouvent moche en 40." Letilor

"quand ELLE nous parle de “filles bien en chair” et publie des témoignages de filles ni trop minces ni trop rondes … juste normales comme on peut en croiser tous les jours, on peut se demander dans quel monde vit ELLE … Anorexie City ? et quelle est la normalité pour ce magazine… la taille 32 ?" princesseuh

et aussi vie de cruche , une chambre à moi et Caro qui ne pouvait pas laisser passer ça.

Pénélope en a fait un dessin éloquent

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