Olympe et le plafond de verre

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dimanche 29 août 2010

Le féminisme 2.0 selon Be

Quand j'ai lu chez Anaismisfits que le Be de cette semaine consacrait un article aux féministes 2.0 j'ai d'abord été d'être très vexée. 

Quoi !? on parle des féministes sur le web et je n'ai pas reçu la moindre demande d'interview ?! Moi qui me croyais influente ! :((

Ensuite j'ai couru acheter ce magazine qui ne fait pas partie, vous vous en doutez de mes lectures habituelles. Déja je ne suis clairement pas dans la bonne tranche d'âge et puis payer, même un prix modique, pour des pages de pubs ....

En lisant on apprend que les jeunes adhérentes d'Osez le féminisme sollicitées "se sont dégonflées à l'idée d'apparaitre dans une presse trop sexiste". Je comprends ce point de vue, c'est la même ambiguité qui a été soulevée lorsque ELLE a organisé les états généraux de la femme et la même question : comment ces magazines peuvent ils défendre l'égalité alors qu'ils contribuent largement à diffuser une image des femmes uniquement fondée sur l'apparence et la futilité ?

Je ne suis pas certaine qu'elles aient eu raison. Ces magazines existent parceque des femmes les achètent (et on sait même que c'est l'un des secteurs de la presse qui est le plus florissant), tant mieux donc si entre les pubs elles lisent des propos intelligents sur l'égalité hommes/femmes.

Du coup la journaliste s'en donne à coeur joie et n'hésite pas à forcer le trait , opposant les "néoféministes"  à la vieille garde pleine de préjugés et qui pense qu'on ne peut s'intéresser "à la fois à la cause des femmes et aux derniers défilés de mode. "

Après cette entrée en matière la phrase de Maïa Mazurette ( dont je lis bien sûr avec grand plaisir et grand interet la prose tous les jours ) " loin du cliché de la lesbienne frustrée et pas épilée, je suis l'exemple qu'on peut être féminine et féministe" sonne comme une condamnation sans appel du féminisme tendance vieille garde.

Et je retrouve au passage le sujet de mon billet précédent : impossible de ne pas être féminine et sexy dans ce monde sans être clouée au pilori du ringardisme et rangée dans la catégorie des mal baisées.

L'article se poursuit avec les propos de Sophie Bramly du site secondsexe.com et cette phrase "Je suis convaincue que le sexe est fondamental et que l'émancipation féminine se passe d'abord au lit, quand la femme cesse d'être un simple objet de désir et devient à son tour désirante".

Certes, ce qui se passe dans cette intimité là est importante mais de là à en faire un combat prioritaire... ne serait ce que parceque pour se permettre d'être désirante il faut au préalable être dégagée de toute dépendance financière. 

Et c'est bien grâce aux mouvements féministes traditionnels que la question des écarts de salaires revient enfin de façon bruyante sur le devant de la scène.

Sont également cités un site américain qui a l'air intéressant mais en anglais feministing.com , terrafemina.fr et quand même viedemeuf.

Je partage par contre la conclusion de Maia Mazurette (qui a infiniment plus de lecteurs que moi et dont je vous conseille l'entretien avec Agnes Giard, sur secondsexe justement)) "avec mon blog, je sais que je suis lue par des gens qui n'étaient pas du tout sensibles à ces questions là, mais qui le sont devenus. Si après m'avoir lue ils s'autorisent à se dire féministes ce sera ma plus grande victoire"

vendredi 27 août 2010

Belle toute nue

J'ai regardé "Belle toute nue", émission que mes filles apprécient. 

je me suis assise à leurs cotés et nous avons commenté ensemble.

L'idée est sympathique : une femme qui se trouve moche, qui ne supporte pas de se regarder dans la glace est prise en charge par le très charmant William Carnimolla  , professionnel de la mode. En quelques jours il va les relooker mais surtout les réconcilier avec leur apparence et leur faire prendre conscience de leurs atouts. Pour finir elles seront fières de voir leur silhouette affichée sur un mur de Paris et de poser nues.

Lorsqu'on regarde le site de M6 il semble que la quasi totalité de ces femmes focalisent sur leur poids, elles ont toutes plus de ventre, plus de cuisses, plus de hanches, plus de poitrine (plus de tout quoi) que les modèle que leur présente en permanence la presse féminine.

Et elles le vivent très mal.

Pour les aider William leur présente 5 ou 6 jeunes femmes, rondes, voires très rondes . Elles sont toutes rayonnantes et si elles sont différentes des anorexiques habituelles elles n'en sont pas moins belles. De quoi se réconcilier avec ses rondeurs.

Il les accompagne ensuite dans l'essayage de nouveaux sous-vêtements et de nouveaux vêtements. L'idée générale étant qu'au lieu de chercher à cacher son corps comme le font toutes les candidates il faut au contraire découvrir et mettre en valeur ses formes. Grace notamment à quelques incontournables : talons haut et un conseil de base "décolleté, taille ou jambes, il faut toujours mettre en valeur l'une de ces parties du corps".

J'ai trouvé ce William vraiment très fin, très psychologue, très compétent  et une émission qui met en valeur le physique de femmes "normales" est intéressante en nous permettant à toutes de faire la différence entre une femme et une photo de mannequin.

J'aurais pourtant un bémol à formuler:

j'ai entendu un nombre considérable de fois le mot "féminine". Pour toutes ces femmes il s'agit de "redevenir une femme", de "retrouver sa féminité", "d'être sexy","retrouver une allure féminine" etc...

On oppose souvent féministe et féminité et les "néo féministes" seraient celles qui souhaitent réconcilier les 2, c'est à dire obtenir l'égalité hommes/femmes tout en restant féminines (les autres féministes étant c'est bien connu des boudins poilues).

Il me semble que le débat ainsi posé est une impasse. La question n'est pas d'être féminine ou pas. Bien sûr qu'on peut y prendre beaucoup de plaisir, la question est celle de cette injonction qui nous est désormais faite d'être féminine en permanence.

D'une part notre physique est ce qu'on donne à voir en premier, vouloir se présenter très féminine et sexy c'est mettre l'accent sur notre corps et accepter de faire passer en second plan d'autres aspects de notre personnalité.

D'autre part 

- toutes les femmesne se sentent pas féminine, n'ont pas envie de le paraitre, ni de porter des talons hauts, de mettre en valeur leurs jambes ou leur décolleté et d'être sexys. Certaines s'en moquent et attachent de l'importance à  montrer leur force parceque ce sont par exemple de grandes sportives, ou leur intellect (ou tout autre qualité je vous laisse compléter).

- toutes les femmes n'ont pas envie d'être féminine en permanence. Etre féminine signifie entrer dans un jeu de séduction, qui peut être léger et sans conséquence, qui peut être très plaisant.

Mais

*On n'a pas toujours envie de séduire et ça peut même être préjudiciable notamment dans les situations professionnelles où il vaut mieux miser sur d'autres critères. 

*On n'est pas toujours en capacité de séduire parceque trop fatiguée ou préoccupée par autre chose. 

*On peut préférer son confort à une tenue contraignante, une jupe trop serrée et des talons trop hauts.

* On peut préférer que nos amis nous apprécient pour la qualité de notre conversation

Je me suis également interrogé sur ces femmes qui s'inquiètent de l'avis de leur mari (dont la masculinité ne semble une question pour personne), l'une d'elle dit même "il ne me mérite pas" (parce qu'elle se trouve trop grosses). Les maris en question avaient pourtant l'air de trouver leur compagne à leur gout. 

Mais pourquoi aime-t-on une autre personne au point de vouloir vivre avec ?

 

samedi 15 mai 2010

Derrières les caméras

Billet que j'aurais du intituler "Le festival du film masculin à Cannes"

Une lectrice qui vit en Allemagne m'a envoyé cet article (en Allemand).

On voit tellement de jolies actrices sur les plateaux de télés en ce moment que je n'avais pas pensé à vérifier.

Grave erreur : sur 19 films en compétition au Festival de Cannes AUCUN n'est réalisé par une femme. 

On en trouve 1 dans la sélection "un certain regard", et, si j'ai bien compté, 4 pour les longs métrages "Quinzaine des réalisateurs"

Interrogé sur les raisons de cette absence Tim Burton, le président du jury, dit: "Je ne sais pas comment la sélection a été faite." Il indique "qu'il y a un grand nombre de dirigeantes dans les studios américains, et que le sexe et l'origine n'ont pas d'importance. "  . En réalité le sexe est une donnée essentielle de la sélection sinon on retrouverait à peu près la même proportion hommes/femmes que dans la population . Je suppose que la discrimination commence très en amont . Il doit être beaucoup plus difficile pour une femme d'obtenir les financements nécessaires à la réalisation d'un film, et elles doivent  donc moins les solliciter.

Le réalisateur et producteur Shekhar Kapur considère lui que  "Qui n'a pas accès à ses côtés masculin comme féminin est de toutes facons condammé à l'échec en tant que cinéaste. ". Ouf ! ces messieurs ont donc travaillé aussi avec leurs cotés féminins ! 

Cela ne devrait pas poser de problème au jury, que voici


Par acquis de conscience j'ai jeté un oeil sur le Palmarès depuis l'origine : j'ai trouvé 2 réalisatrices : Bodil Ipsen en 1947 et Jane Campion en 1993.

En fait ce que Cannes aime surtout chez les femmes ce sont leurs robes .


photos


dimanche 9 mai 2010

Les Etats généraux de la femme : L'OREAL applique la loi

Mme Valérie Aveline DRH de l'OReal a présenté les actions mises en place par le groupe pour favoriser l'égalité hommes/femmes.

Une attention particulière est portée aux parents (et pas seulement aux mères elle a insisté là dessus) pour qu'ils puissent concilier vie familiale et vie privée selon leurs désirs. L'Oréal fait partie des entreprises qui ont signé la charte de la parentalité.

Et tout est fait pour que le congé maternité ne contribue pas à accentuer les inégalités . 

La dernière mesure a déclenché les applaudissements de la salle et a ensuite été largement encensée par la représentante de ELLE qui l'a qualifiée de vertueuse. L'Oréal garantit aux femmes, l'année de leur congé maternité une progression de rémunération automatiquement égale à la moyenne des augmentations individuelles de leurs collègues. Ce qui n'exclut pas une augmentation individuelle en fonction de leurs performance.

Elle est donc en bonne place au menu de la 5eme proposition.  Sauf que ...

Sauf que c'est juste que l'Oréal applique la loi et l'article L1225-26 du Code du travail. Cet article date de 2006 et faisait partie de ce qu'on a appelé la loi Ameline.

J'en suis restée songeuse. Je suppose que les entreprises appliquent la loi mais qui informe les gens de leurs droits ? Significatif en tout cas d'une certaine façon de fonctionner : accumuler des textes plutôt que de veiller à l'application de ceux qui existent.

Et je ne suis pas certaine que tous les Comités d'entreprises mettent beaucoup d'énergie à analyser le rapport sur l'égalité hommes/femmes (obligatoire dans les grandes entreprises) et à exiger des mesures. 

EDIT : on me dit qu'il n'est plus fait mention de cette proposition sur le site de ELLE.  Mais elle est bien en toutes lettres dans le livre blanc et en page 191 du ELLE de cette semaine 

samedi 8 mai 2010

Les Etats généraux de la femme : la légitimité d'ELLE

J'étais très sceptique sur la démarche lancée par ELLE.

Le seul fait de parler de LA femme contribue à faire des femmes une catégorie spécifique tout en niant nos diversités. Vous pouvez d'ailleurs remarquer que ce n'est pas le cas pour l'homme. Lorsqu'on dit "l'homme a marché sur la lune" on ne parle pas de la catégorie masculine, on pense à l'humanité (bien qu'il n'y ait que des hommes qui aient marché sur la lune) .

J'ai cependant suivi avec attention.

- le blog des vigilantes

- les tables rondes à Lyon, Marseille, Lille, Paris, Bondy et leurs compte-rendus

y trouvant beaucoup d'intérêt.

A l'issue de ces rencontres un Livre blanc a été élaboré, il comprend  24 propositions pour transformer la vie des femmes.... et celles des hommes. Rien de très nouveau dans ces 24 propositions qui reprennent des sujets déjà très débattus, si ce n'est que désormais on dispose d'une synthèse.

Hier j'ai assisté à la journée de clôture qui se tenait à Paris et au cours de laquelle ce Livre blanc a été remis au premier ministre.

Il faut reconnaitre que les choses n'étaient pas faites à moitié.

Ont  défilé à la tribune du grand amphi de Sciences Po (plein à craquer) Simone Veil (standing ovation), François Fillon, Nathalie Kosciusko-Moriet, Cécile Duflot, Laurence Parisot, Eric Woerth, Gisèle Halimi,  de très nombreuses spécialistes toutes très renommées et des femmes qui ont partagé leur expérience.

J'ai eu le sentiment que les politiques étaient ravis d'une telle tribune et personnellement je trouve suspect l'enthousisame de l'UMP envers les propositions du Livre blanc.

Valérie Toranian directrice de la rédaction n'a d'ailleurs pas raté le coche. A Eric Woerth, qui rappelait que des études ont montré que la féminisation du travail était un bien pour la société et que les entreprises qui avaient davantage de femmes parmi leurs instances dirigeantes étaient plus performantes, elle a lancé un scud : "votre gouvernement pourrait donc devenir plus performant si il était plus paritaire". Réponse embrouillée du ministre qui a dit que c'était déja pas mal, et qu'il y avait des femmes à la tête de ministères importants.

Les sujets abordés étaient ceux que j'évoque ici, vus sous sous plusieurs angles ou décortiqués par des expertes.

J'ai de quoi écrire des billets pour plusieurs mois

Je vais commencer par la question que continue de me poser l'organisation d'une telle manifestation par ELLE, elle a d'ailleurs été clairement abordée lorsque de la salle quelqu'une a demandé si ELLE qui contribue à diffuser la dictature de la minceur était légitime pour organiser ces Etats Généraux. Valérie Toranian,  pas du tout prise de court, a répondu que "effectivement, comme tous les magazines féminins ELLE véhicule des archétypes. Mais la mode correspond a une vraie envie pour les femmes de voir des choses belles et c'est structurant pour elles (pour l'envie ce doit être vrai puisque la presse destinée aux femmes est parmi celle qui résiste le mieux, pour le reste joker ). Le problème étant plutôt que les créateurs aiment les femmes minces. Mais dans ELLE nous essayons de montrer qu'il y a 1000 autres façons de s'exprimer. ELLE montre aussi chaque semaine comment déconstruire les stéréotypes et comment les femmes peuvent être elles-mêmes en étant artistes, femmes de pouvoir etc..." Elle considère que la presse a le choix entre se faire subventionner par l'Etat ou être financée par la publicité et si j'ai bien compris elle est plus à l'aise avec la seconde formule. En tout cas le positionnement est clairement assumé. 

La couverture du N° de cette semaine est bien le reflet de cette ambiguité : gros titre sur les états généraux, mais en dessous c'est d"anti-kilos" qu'on parle. A l'intérieur on commence à montrer des maillots de bains et les corps qui sont dedans .

Difficile effectivement d'être à la fois un média qui contribue autant à la construction et la diffusion des stéréotypes et de se prétendre à la pointe de la réflexion sur les femmes. 

En même temps je dois reconnaitre que le fait qu'un hebdomadaire a si grand tirage évoque les questions relatives à l'équilibre des temps, aux violences envers les femmes, aux inégalités, aux stéréotypes contribue à leur donner une audience qu'elles n'ont pas actuellement hormis peut être le sujet de la violence.  

Et ça c'est plutôt positif.

(à suivre)

les citations ne sont pas du verbatim mais sont faites à partir de mes notes. J'ai enregistré beaucoup de choses j'espère pouvoir être plus précise dans les billets suivants

lundi 29 mars 2010

Les maternelles : Elisabeth Badinter

Parmi l'avalanche d'articles et d'émissions consacrées à Elisabeth Badinter et son dernier livre Les Maternelles de France 3 (vidéo intégrale) m'apparait comme l'une des seules qui ne se contente pas de l'encenser mais lui apporte une vrai contradiction.

Invitées 1 homme et 9 femmes qui ne sont pas toutes d'accord avec ses thèses. Résultat au lieu de tourner comme d'habitude autour des couches lavables ou la stigmatisation de la leache league le débat aborde les vraies questions.

Personne sur le plateau ne remet en cause le droit des femmes à choisir et les invités le démontrent par leur diversité (allaitement, biberon, femme au foyer, femmes qui travaillent en dehors, à la maison, papa au foyer) par contre, toutes ou presque on fait valoir les difficultés à concilier travail et enfants.

La question est en effet bien celle-là puisque ni la société ni les entreprises ne prennent en compte cette problématique.

Et   pourquoi toujours poser ces questions du point de vue des femmes alors que le sujet devrait être celui de la parentalité ? (à ce sujet je vous conseille la lecture de cet interview de Brigitte Grésy, je suis d'accord à 100% avec ses propos)

D'ailleurs un journaliste papa, constatant que le livre ne parle quasiment pas des pères, suggère  d'écrire  "Le conflit, l'homme, le père ".

Une discussion d'une très bonne tenue en 3 partie : la dictature de la mère parfaite, la difficile équation entre maman et travail, le partage des tâches.

Très en vrac, quelques phrases :

- un lit pour les papas dans les maternités

- des congés spéciaux pour les parents (papas et mamans) solos

- un allongement du congé maternité (oui même Elisabeth Badinter est pour) et surtout paternité

- une revalorisation des pensions alimentaires pour que celles qui se sont arrêtées de travailler ne se retrouvent pas démunies en cas de divorce

- des crèches ouvertes 24H/24H

- des cours d'économie ménagères dans les écoles

Ont participé à ce débat 2 blogueuses : Marlène de Maman travaille et Ségolène de Mamanana

mercredi 6 janvier 2010

Cécile Duflot : démonstration du sexisme ordinaire

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts a été interviewée par Jean-Pierre Elkabbach. Interview qui a fait un peu de bruit surtout parcequ'il y a été question de ses vacances aux Maldives.

Personnellement je ne la défendrai pas sur ce point, quand on est en campagne électorale il importe de tout prendre en compte et les politiques savent que désormais le moindre de leur geste, la moindre de leur parole peuvent être rapportés. 

Elle a été beaucoup critiqué pour cet interview, c'est évidemment le jeu politique et certains sont bien contents de pouvoir taper sur une concurrente.

Pourtant il est des façons de faire qui ne sont utilisées qu'avec les femmes.

Regardez et écoutez cet entretien. J'ai aussi, pour comparer, écouté l'interview de Brice Hortefeux par le même journaliste. Il y a clairement 2 poids 2 mesures, certes Jean Pierre Elkabbach a une proximité politique avec B Hortefeux qui l'incite a le ménager bien davantage que Cécile Duflot qu'il cherche à déstabiliser.

Mais je ne suis pas sûre qu'il oserait en faire autant avec un homme (qu'on me montre les vidéos dans ce cas).

- d'emblée au lieu du ton professionnel et sérieux qu'il utilise avec Brice Hortefeux il lui parle sur un ton de connivence moqueur , il est faussement compatissant en lui demandant si la réaction des internautes ne l'a pas affectée (parcequ'une femme ça s'affecte facilement c'est bien connu), et très condescendant de façon générale.

- il l'interroge longuement sur sa vie privée. Admettons que la question des vacances aux Maldives soit politique, mais il en rajoute sur son voyage à Copenhague et il va jusqu'à lui parler du nombre d'enfants qu'elle a eu. Depuis quand pose-t-on cette question aux personnalités politiques ?

- il lui pose cette question incroyable "vous vous imaginez Présidente de la région Ile de France ?", ben oui Coco elle s'imagine ! sinon elle ferait autre chose. Mais ce genre de question insidieuse est tout à fait propre à jeter le doute chez les auditeurs, ce que Brigitte Grésy* appelle de "la déligitimation subtile"* il n'est pas question de savoir si le programme d'Europe Ecologie leur parait le meilleur, il est question de douter de l'envergure de la personne pourtant choisie par son parti donc légitime .

- il lui demande pourquoi elle est sévère ou méchante avec le PS. Parceque c'est bien connu les hommes  femmes politiques sont méchantes. Les hommes eux sont durs ou féroces et solides dans l'adversité.

- et pour finir, dès que la conversation aborde un sujet de fond : la taxe carbone, il lui coupe la parole à plusieurs reprises ce qui fait qu'on a bien du mal à comprendre sa position.

et la jeune femme fait ce que font souvent les femmes et c'est dans ce cas une erreur : elle se justifie.

Elle se laisse piéger par les questions privées et en rajoute même : des vacances dont elle rêvait, une surprise de son amoureux etc..elle prend la peine de réexpliquer en détail comment elle s'est rendu à Copenhague.

Une fois n'est pas coutume mais je ne suis pas loin de penser comme Aimée Joubert et ce macho de Marc Cohen que" la seule réponse digne aurait été de demander à son intervieweur si lui-même passait toutes ses vacances dans le Pas-de-Calais et quelle était la couleur de son slip."

Résultat : les vrais questions, Copenhague, la taxe carbone, le projet pour la région Ile de France sont passés à la trappe.


Après ça, il se trouve des journalistes pour s'engouffrer dans la brèche. Le pire se trouvant, comme c'est souvent le cas, sur Le Post.

Un billet de Bruno Roger-Petit d'un machisme primaire  qui a un peu buzzé.

Le titre déja "Cécile Duflot : quand Zézette épouse X veut présider la région Ile de France".

Passons sur le Zézette en admettant que les hommes aussi ont droit à des diminutif peu valorisants . Le épouse X me fait évidemment bondir, moi qui ait fait un billet il y a quelques jours sur mes difficultés à me débarasser de ce nom d'épouse qui n'est pas le mien. Indécent qu'en 2010 on puisse oser une telle déligitimation d'une candidature féminine.

Et les conclusions de l'article la rabaisse avec des arguments classiquement utilisés pour rabaisser les femmes.

- "Elle affiche un niveau de culture générale semblable à celui de Félix" (toujours le doute sur la compétence et les capacités intellectuelle des femmes alors que Cécile Duflot est diplomée de l'ESSEC et titulaire d'un DEA de Géographie).

- Elle "ambitionne des congés payés pour secrétaire de direction inculte sur une plage de rêve comme Thérèse",  secrétaire de direction ! une place qui pour BRP convient certainement mieux aux femmes

- elle "arbore la même permanente troublée que Katia", parceque comme le dit Brigitte Grésy les femmes au lieu de les écouter on les regarde.

Alors quand je constate que cet article a pas mal circulé sur twitter sans que personne relève ce qu'il avait de scandaleusement sexiste, je me dis qu'on n' est pas au bout de nos peines.

Brigitte Gresy . petit traité contre le sexisme ordinaire.

dimanche 3 janvier 2010

Les états généraux de la femme selon ELLE.

Je crois bien qu'avant d'avoir un blog je n'avais jamais acheté ELLE. Je le feuilletais quelquefois chez le médecin ou le coiffeur, mais préférant nettement, si j'avais le choix, Voici ou Paris-Match.

Depuis il m'est arrivé de l'acheter, pour y chercher de l'inspiration ou parceque je m'étais rendue à la soirée de remise des prix des "reines du net" et que je voulais lire le compte rendu et voir la photo des copines.

Et je ne manque pas la rétrospective du lundi de Doucement le matin...

En fait je n'ai jamais été déçue : peu de choses à lire et une quantité incroyable de publicités avec des filles maigres et peu vêtues. Qu'un tel journal prétende "réfléchir à la condition féminine en 2009 et proposer des pistes pour l’améliorer" n'est pas cohérent.

Il suffit pour s'en convaincre de répondre aux questions des sondages pompeusement titrés "les femmes reprennent la parole".  Il sont confondants de stéréotypes. Soit ELLE a fait dans le pas cher et les questionnaires ont été concoctés par des stagiaires en communication, soit il s'agit d'un parti pris idéologique. Je pense en fait que ELLE a utilisé les mêmes outils que d'habitude lorsqu'il s'agit de savoir par exemple "de quel acrro aux régimes " nous sommes.

Aucun des thèmes n'est traité en profondeur. Et ils répondent à des questions sur lesquels les études statistiques et sociologiques sont déjé nombreuses.
Je reconnais qu'il sera peut être intéressant, de connaitre la perception qu'ont les lectrices de ELLE de l'évolution de la place des femmes en politiques ou des limites qu'elles ressentent dans leur vie professionnelle.

Au pire ils  ne proposent  que des réponses limitées et très orientées.  Celui sur la famille par exemple part du présupposé qu'une famille est constitué d'un père, d'une mère et des enfants. Celles qui l'envisagent autrement, ou qui ne l'envisagent pas sont priées de passer leur chemin. Du coup on ne connaitra jamais leur point de vue.

Le thème "C'est quoi être une fille ?"  est un véritable monument. En tout cas il  montre crûment l'inanité de l'initiative.

Voici quelques questions, mais je vous conseille d'aller voir par vous même, toutes sont du même acabit.

Question N°1 :
Etre une fille c’est…
 
 

 


Question N°2 :  Parmi ces mots, lequel associez-vous au statut féminin ?
 
 



Question N°3 : L’accessoire associé aux filles en 2009 ?
 
Le rouge à lèvres
 
ne

Péniblement le débat s'élève un peu de temps en temps

Côté travail, elles…
 
 

 


Mais c'est pour mieux retomber un peu plus loin, avec cette question qui, comme vous le voyez, nous ramène effectivement 40 ans en arrière.

Dans votre esprit, vous associez la féminité à…
 
 

 


L'ensemble se termine par l'essentiel, c'est à dire des questions pour savoir si vous lisez ELLE et à quelle fréquence.

Difficile de comprendre comment Simone Veil et des ministres ont accepté de cautionner la démarche. Certainement dans l'espoir de fédérer un maximum de femmes autour de cette initiative. J'aimerai y croire moi aussi.  Mais l'amélioration de la condition des  femmes passe entre autres, et ce n'est pas un point mineur, par l'image qu'a la société des femmes et de leurs corps. En ce sens ELLE est bien le véhicule d'une certaine image, mais de celle qu'il serait utile de changer justement.
Tout à fait incompatible avec le financement du journal par ses annonceurs.





mardi 22 décembre 2009

Des femmes utiliseraient-elles des armes déloyales en politique ?

Le Monde titrerait-il  "comment François Bayrou ensorcelle ses allies " ou "comment Nicolas Sarkozy ensorcelle ses troupes" ?

ça sonne étrange non ?

Par contre "comment Segolene Royal ensorcelle ses allies en ses terres de poitou charentes", pas de problème.

C'est qu'il y un peu de sorcière en chacune de nous non ? 

Et elle a bien de la chance qu'on ne brûle plus le sorcières aujourd'hui.

vendredi 18 décembre 2009

Dirait-on d'une homme politique qu'il est broyé par les conflits d'intêrets ?

Les hommes et les femmes politiques ne sont pas traités de la même façon, c'est une évidence.

Mais il est très difficile de déterminer dans quelle mesure le sexisme intervient.

Prenez Rachida Dati, suite à la diffusion d'une conversation privée par M6 elle s'est plainte, notamment en invoquant cet argument. "Je trouve qu’on n’aurait pas fait ça à un homme. C’est aussi une organisation pour une femme d’avoir son activité familiale et son activité professionnelle".

Et là, je dois dire que je ne la suis pas sur ce terrain. Je ne pense pas qu'il soit à l'honneur des journalistes de la chaine d'avoir procédé à cette diffusion, mais ils se seraient probablement comportés de la même façon avec un homme. Mme Dati ne peut s'en prendre qu'à elle même, il est rare que des personnalités politiques fassent ouvertement preuve de tant de désinvolture à propos d'un mandat électif.

Sa défense est du même ordre que celle d'un Bernanrd Kouchner évoquant l'antisémitisme après avoir été mis en cause par l'écrivain Pierre Péan. On aurait préféré une défense qui démente ou explique les faits.

L'éviction de Connie Hedegaard  ministre danoise qui présidait, depuis le 7 décembre, la Conférence de Copenhague m'interroge bien davantage.

La tache était rude, la mission apparemment impossible et avec l’arrivée de dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement, elle a dû passer le relais à son "patron", le Premier ministre Lars Lokke Rasmussen.

D'après l'article de Courrier International, elle aurait voulu "trop bien faire", "son expérience ne faisait aucun doute. Mais la confiance entre les pays ne s’improvise pas."

Je me demande si un homme aurait été traité de la même façon, et si Mme Hedegaard n'a pas pâti des préjugés habituels envers les femmes au pouvoir : " trop de rigidité, pas assez de doigté pour les négociations difficiles" ou  "manque d'autorité, pas assez de charisme"

Et est ce le hasard si on en conclut qu'il lui restera à animer " la suite des discussions ministérielles, soit un peu l’arrière-cuisine" ?

(partenariat avec Courrier international)

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