J'ai lu
avec attention le discours de notre Président concernant
la politique familiale. et, à la différence de mes amies des femmes
engagées j'y ai trouvé des choses intéressantes.
Le point le plus important, celui qui pour l'instant n'a guère était relevé
par les médias est celui du financement de la politique de la famille, prélevé
essentiellement sur les revenus du travail sous forme de cotisations sociales.
Cela signifie par exemple que ni les retraités, ni les revenus liés au
patrimoine ne cotisent pour les familles. Est-ce juste ? j'aurais tendance
à penser que non. Le débat est ancien et récurrent. Le problème avec Nicolas
Sarkozy c'est que si il semble désormais toujours prêt à supprimer des
prélèvements obligatoires, il ne propose rien pour les remplacer (cf l'annonce
récente de la suppression de la taxe professionnelle). D'où la réaction du
Président de la CNAF inquiet du devenir de la politique familiale.
Concernant les annonces relatives à la garde des enfants Nicolas Sarkozy est
dans la droite ligne des préconisations du Conseil de l'Union Européenne, qui a
récemment rappelé que l'égalité entre les femmes et les hommes constitue un
principe fondamental de l'Union européenne et indiqué qu'elles étaient les
pistes de réflexion et les mesures à prendre. Une partie de celles-ci relèvent
de la conciliation vie professionnelle/vie familiale.
Créer 200 000 places d'accueil c'est ambitieux (mais insuffisant le déficit
étant estimé entre 200 000 et 400 000 places d'après le rapport Tabarot), et
l'on sait que c'est un point essentiel, que si les femmes renoncent à leur
métier ou adoptent des temps partiels, c’est avant tout, par manque de
structures d’accueil.
Aider les parents qui ont cessé leur activité sur une longue durée pour
s'occuper de leur emploi en leur offrant des formations particulières ou un
accompagnement c'est utile, parcequ'il apparait que l'"employabilité" des
personnes diminue après plusieurs années d'arrêt et N Sarkozy n'a pas tort
lorsqu'il dit "qu’un congé parental de longue durée, c’est une rupture dans un
parcours professionnel, qui peut se traduire par une diminution des chances de
progresser dans la carrière,d’obtenir un meilleur salaire ou de retrouver un
emploi"
Lorsque je lis "La maternité est une formidable aventure humaine, ce n’est
pas une sanction. L’arrêt de travail ne doit plus être une solution par défaut
pour les familles. Il ne peut plus être le mode de garde des jeunes enfants
auquel on doit se résigner parce que l’on n’a pas le choix. Moi, je souhaite
que l’on ait une réflexion sur l’évolution du congé parental. Ce n’est pas un
sujet tabou, il faut que l’on en parle. L’intérêt des femmes, parfois sans
qualification, celui de leurs enfants, comme celui de notre société,c’est de
mettre en place les conditions de leur retour à l’emploi. Je souhaite que l’on
travaille à la mise en place d’un congé plus court (...) Parfois pour les
familles, c’est un problème, parce qu’un congé parental c’est un salaire en
moins et donc c’est le pouvoir d’achat qui diminue."
je me pose une question : est ce que la possibilité pour les salariés
de prendre un congé sans solde de 3 ans est également dans le
collimateur ? et surtout j'entends un discours idéologique.
Un discours idéologique :
- qui est un remake du "travailler plus pour gagner plus"
- qui considère que s'occuper des enfants c'est ne rien faire (il a dit ceci
"Je ne veux plus entendre : "je ne travaille pas, je ne fais rien, j’élève
mes trois enfants"")
- qui ne prend en compte qu'une partie des parents. Qui prend massivement
des congés parentaux ? des femmes, les hommes restent très minoritaires et
surtout des femmes qui lorsqu'elles comparent ce qui leur reste à la fin du
moins après avoir travaillé, payé la garde des enfants, les frais de transports
etc... s'aperçoivent que le meilleur choix d'un point de vue économique est
celui de rester à la maison. Rappelons que la prestation est de 552€. Ce choix
n'existe donc pas pour toutes les femmes (ou les hommes) qui élèvent seules
leurs enfants , ni pour celles dont le salaire est très supérieur. C'est
d'ailleurs l'une des raisons qui explique pourquoi si peu d'hommes bénéficient
de ce congé, leur salaire est généralement le plus élevé du ménage (je dis
généralement, ce n'est pas toujours le cas évidemment).
- qui ne se préoccupe pas des femmes qualifiées ou très qualifiées qui
souhaitent mener une carrière tout en prenant du temps pour leurs enfants (et
pas seulement 5 jours)
- qui ne tient pas compte de"la formidable aventure humaine qu'est la
maternité " (la paternité ne serait-elle pas une formidable aventure humaine
?). S'arrêter de travailler n'est pas toujours un choix par défaut . Les
parents ont envie de s'occuper de leur enfants, y compris les pères, toutes les
enquêtes
le montrent et choisir de s'arrêter 1, 2 ou 3 ans n'est pas qu'un calcul
économique c'est également un choix que font les parents parce qu'il a du sens
pour eux.
Alors préconiser la réduction du congé parental c'est prendre la
question par le petit bout de la lorgnette. Les parents qui s'arrêtent
de travailler pour s'occuper de leur enfants doivent effectivement être aidées
lors de leur retour à l'emploi, mais une politique de conciliation vie
privée/vie familiale ce serait !
- - un congé maternité/paternité beaucoup plus long que l'actuel congé
maternité qui compense réellement la perte de revenue (en Suède il peut être de 16 mois
indemnisé à 80% du salaire)
- - un congé partagé entre le père et la mère lorsque les 2 sont présents.
Seule solution pour que les femmes ne soient pas pénalisées dans leur carrière
par rapport à leurs collègues masculins
- - davantage de considération pour toutes ces activités, ou ces métiers, qui
consistent à s'occuper des enfants.
- - une prise de conscience plus forte de la part des employeurs des
problématiques liées aux temps.
C'est un sujet qui mobilise le femmes engagées, avec, comme toujours des
points de vues variés : CC, Hypos, Ms
Clooney,,
Trublyonne,
Nelly, Laure,
à lire absolument la poule
pondeuse
ça buzze aussi chez
Sarkofrance, Marc Vasseur,