Olympe et le plafond de verre

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jeudi 9 juin 2011

Rapport Brigitte Gresy parentalite 2

suite de 1

PROPOSITION 2 : suivre les propositions formulées par le Haut-conseil de la famille en matière de modes d’accueil des enfants et d’accompagnement vers la formation et l’emploi des bénéficiaires du complément de libre choix d’activité 

Il s'agit 

- d’améliorer significativement l’offre de modes d’accueil (200 000 places d’ici 2012, sous forme « d’une création nette, qui ne serait pas annulée par la réduction de la préscolarisation des enfants de moins de trois ans)

- d’apporter un accompagnement renforcé pour aider à la reprise d'un emploi notamment en terme de formation, 

PROPOSITION 3 : raccourcir le complément de libre choix à un an, en le rémunérant à 60;% du salaire antérieur et en isolant, au sein de cette période, deux mois non transmissibles pour l’autre parent

C'est à dire

- Réduction à un an du congé parental,  pour les enfants de rang 2 avec maintien d’une durée de 6 mois pour les enfants de rang 1 

- Augmentation de la rémunération avec une indemnisation fixée à 60 % du salaire antérieur brut   

- Création d’une période non transmissible de deux mois pour le membre du couple qui n’aurait pas pris la totalité de la durée restante, intégrée au sein de la durée du CLCA ramenée à un an.

Il s'agit d'une part d'éviter que les femmes s'arrêtent trop longtemps ce qui au dire des spécialistes a un impact défavorable sur l’ensemble de leur trajectoire professionnelle : impact en termes de rémunération, d’avancement et de retraite et fragilisation en cas de séparation ou de  veuvage.

et de favoriser une meilleure implication des pères puisque les 2 mois de congés sont perdus si ils ne les prennent pas (cela vaut également pour la mère au cas où le congé principal serait pris par le père mais c'est une configuration beaucoup plus rare)

PROPOSITION 4 : maintenir l’entièreté de la période d’un an pour les parents isolés 

PROPOSITION 5 : maintenir le ratio actuel de rémunération du CLCA à taux partiel et la possibilité de cumuler deux temps partiels pour le père et la mère, y compris pendant les deux mois non transmissibles


à suivre 

image, si vous avez envie d'un portrait de votre famille

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mercredi 8 juin 2011

Rapport Brigitte Grésy : parentalite 1

On l'attendait (en tout cas moi) avec impatience, le nouveau rapport de Brigitte Grésy sur l'égal accès  des femmes et des hommes  aux responsabilités professionnelles  et familiales dans le monde du travail .

Il a été remis hier à la ministre et j'espère avoir le temps d'en faire une analyse approfondie tant je trouve que Brigitte Grésy pose toujours avec justesse les bonnes questions.

Je m'attendais aujourd'hui à en entendre parler partout. Pas du tout, les médias préfèrent ergoter sur le machisme des hommes politiques, c'est toujours plus facile que de parler du leur. 

Brigitte Grésy a distingué 3 temps de parentalité

- le temps court, dans les mois qui suivent la naissance de l'enfant

- le temps quotidien, celui de l'organisation au jour le jour 

- le temps long celui de la conciliation entre la vie privée et la carrière 

Sa 1ere proposition (celle que tout le monde attendait)  : créer, en plus d’un congé de maternité de 12 semaines, un congé d’accueil de l’enfant de 8 semaines, à partager également entre les deux parents (donc 4 semaines chacun), non transférables, devant être pris à la suite  du congé de maternité, avec un bonus d’une semaine, en cas de prise intégrale de son congé par le père, à prendre indifféremment entre les deux parents jusqu’au un an de l’enfant 

Le dispositif serait le suivant :

- Maintien d'un congé de maternité spécifique pour la mère, de 12 semaines dont huit semaines obligatoires comme dans le droit actuel ; 

- Créer un congé d’accueil de l’enfant de huit semaines, à partager à égalité avec le père, soit, pour le père, la possibilité de bénéficier d’un congé plus long de deux semaines par rapport aux 11 jours calendaires actuels et aux trois jours d’autorisation spéciale d’absence financés par l’entreprise. Ces deux mois de congé d’accueil de l’enfant, soit un mois pour le père et un mois pour la mère, répondent aux caractéristiques suivantes :  

-  ils sont non transférables d’un parent à l’autre (si l’un des parents ne prend pas sa période réservée, elle est perdue pour l’autre parent) ;  

- ils sont pris immédiatement après le congé de maternité. 

- création d'un bonus d’une semaine à prendre indifféremment par l’un ou l’autre parent, si le père a pris entièrement son mois du père. Ce bonus peut  être pris jusqu’au premier anniversaire de l’enfant et peut être fractionné sous forme de demi-journées

Au final un tel système aboutirait à 

-  maintenir le congé de  maternité  pour la mère à 16 semaines ; 

- une durée d’un mois pour le père, 

et donc  un accueil de l’enfant sur 21 semaines si l’on compte la semaine de bonus, soit  trois semaines de plus que dans le système actuel.

La suite et les autres propositions aux prochains numéros....

lundi 8 septembre 2008

la vision des jeunes pères managers : l'égalité passera aussi par eux

Pour que l'égalité progresse il ne suffit pas que des femmes accèdent aux mêmes postes que les hommes. Il faut aussi que les hommes investissent les activités traditionnellement dévolues aux femmes et notamment ce qui concerne la maison et les enfants.

En effet il ne s'agit pas pour nous de reproduire le modèle masculin du siècle dernier qui incitait l'homme à réserver l'essentiel de son énergie pour les activités extérieures, nous voulons être heureuses et tout concilier.

La problématique de l'équilibre des temps est une des clés qui permettra de faire avancer l'égalité, mais elle est toujours abordée du point de vue des femmes (cf 2 billets plus bas sur les pères ministres).

Or elle concerne aussi les hommes et tout particulièrement ceux qui ont des enfants. De plus, la poser de cette façon, induit l'image d'une femme en entreprise moins disponible, qui voudra partir plus tôt et éventuellement prendre ses mercredis après-midi : pas bon pour l'avancement.

Dans le cadre d’un projet financé entre autres par le Fonds social européen et visant à favoriser l’implication des hommes dans la vie familiale en vue de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, le cabinet Equilibre a mené une étude pour savoir comment les jeunes hommes managers (30 à 40 ans) appréhendent la conciliation vie professionnelle/ vie familiale. (voir l'étude)

Deux enquêtes parallèles ont été menées :

- un sondage sur un échantillon représentatif de 400 pères cadres

- soixante interviews de cadres supérieurs , complétés par les interviews d’une vingtaine de DRH de grandes entreprises

Il en ressort que :

29% des pères interrogés ne sont « pas vraiment satisfaits » ou « pas du tout satisfaits » de leur conciliation vie familiale/ vie professionnelle et 52% considèrent qu’ils ne disposent pas d’assez de temps pour s’occuper de leurs enfants.

qualitemps_carte01.jpg Ils évoquent des blocages de 3 ordres

- les préjugés liés au genre qui les enferment dans des stéréotypes dont ils ne veulent plus

- la culture de l’implication totale version « high tech » qui prend le pas sur la culture du présenteisme

- le fait que les congés parentaux, temps partiels soient encore considérés comme tabous.

Par ailleurs la plupart de ces hommes ont des conjointes dont le bagage scolaire est tout aussi élevé que le leur et qui aspirent donc elles aussi à s’investir dans leur carrière. Avec l’apparition des enfants la gestion paritaire de deux carrières devient un exercice de haute voltige et si dans 41% des cas c’est la femme qui a consenti des compromis professionnels les autres couples se débrouillent. Dans 4% des cas les compromis sont faits par l’homme.

Les DRH, si ils ont conscience de ces aspirations ne semblent pas encore avoir pris leur mesure et les solutions restent à inventer.

En ce qui me concerne cela correspond bien à ce que j'observe dans ma vie professionnelle. les mentalités des hommes ayant de jeunes enfants sont très différentes de celles de la génération précédente et j'y vois l'espoir de grandes avancées pour l'égalité.