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26/10/2009

On expulse bien les prostituées...

J'ai reçu il y a déja 2 ou 3 semaines un communiqué du mouvement du nid.

Mise en parallèle avec l'enquête sur les femmes rescapées de la traite (voir billet précédent) , il n'y a pas de quoi être fier au pays des Droits de l'Homme.

Voici de quoi il retourne. Le communiqué complet ici

Sous prétexte de « lutter contre le proxénétisme », le tribunal correctionnel de Béziers a condamné le 30 septembre une jeune femme à un mois de prison ferme suivi d’une expulsion avec interdiction de retour en France pendant 5 ans. Six autres personnes prostituées ont été interpellées, qui seront jugées ultérieurement.

Les personnes ont été interpellées lundi 28 septembre, pour racolage sur la voie publique. Dans ce quartier, les riverains interpellent de longue date les autorités.

L’omniprésence des proxénètes est une évidence pour les pouvoirs publics : sous leurs yeux, les réseaux organisent la traite à l’intérieur du territoire national et également, depuis des pays d’Europe centrale et d’Afrique. Le vice-procureur a d’ailleurs déclaré qu’à Béziers « les prostituées, les filles de joie, sont toutes d’importation », selon Le Midi Libre du 1er octobre. Le quotidien rapporte également la division territoriale de la ville, coupée au cordeau entre une zone dévolue aux "Roumaines", une autre réservée aux "Africaines".

Dans ce contexte le procureur de Béziers, a, dès sa prise de fonction en juillet dernier, claironné sa volonté de faire « une priorité » de la lutte contre les réseaux. Mais, de l’aveu même du tribunal, « on s’en prend toujours à ces filles, qui sont régulièrement rackettées par des proxénètes, hélas les proxénètes ne sont pas ici, ce que nous déplorons ». Le tribunal déplore... mais condamne néanmoins.

Doublement victimes, les personnes prostituées, que le vice-procureur appelle « les filles de joie » : victimes de la violence proxénète, jetées en pâture aux "clients", puis arrêtées et emprisonnées comme des criminelles, expulsées enfin du bien-nommé « pays des droits de l’Homme ». Rappelons qu’en mars 2008, le Comité des Nations Unies pour l’élimination des Discriminations à l’Egard des Femmes (CEDAW) avait déjà exprimé sa « préoccupation  », dénonçant ce type de mesures qui, parce qu’elles s’attaquent aux personnes prostituées ou limitent leur protection, écartent la France du positionnement abolitionniste qui est censé être le sien.

PS : je précise que je ne souhaite pas avec ce billet aborder le débat sur l'interdiction ou non de la prostitution. Je ne publierai donc pas les commentaires à ce propos car hors sujet.



24/10/2009

Rescapées de la traite

Vous connaissez les Nouvelles news, l'autre genre d'info.

Ce webmagazine a pour principe de base de donner la parole aux femmes autant qu'aux hommes afin de refléter les priorités politiques des deux.

Il consacre cette semaine un long reportage à des femmes victimes de la traite et ayant réussi à s'en sortir.

Effrayant !