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20/02/2010

Les métiers à dimension humaine sont ils réservés aux femmes ?

Vous vous souvenez peut être d'un billet que j'avais fait sur les hommes de ménage.

J'y notais que les brochures du site officiel prenaient visiblement soin d'utiliser un langage non sexué et que les dernières étaient moins sexistes que celles de 2007.

Mais je suis une incorrigible optimiste
car voici  la campagne 2010.

« J’ai trouvé un emploi de garde d’enfants ou d’aide à domicile. Pourquoi pas vous ?...Le choix créatif est clairement de mettre en exergue la dimension humaine de ces métiers à travers des portraits démontrant la fierté d’appartenance."

 Très bien , mais il semblerait que la dimension humaine soit réservée aux femmes



Messieurs, vous sentez vous concernés ?

Je rappelle que l'Agence Nationale des services à la personne est
un établissement public administratif  placé sous la tutelle du ministère de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi.

Donc toujours aucun recul au plus haut niveau sur l'égalité hommes/femmes, les métiers de garde d'enfants ou d'aide à domicile restent l'apanage des femmes. Quand aux publicitaires "créatifs" ils se contentent une fois de plus de reproduire les stéréotypes habituels.

Cette campagne a également été évoquée par Rue89 parceque les femmes qui ont posé pour les photos ont du justifier de leur nationalité.

23/01/2010

Le ménage une affaire d'hommes

Non faut pas rêver !

Pourtant il y a eu l'année dernière une campagne intitulée "le batiment une affaire de femmes" et on ne compte plus les actions visant à inciter les femmes à s'orienter vers des métiers traditionnellement masculins.

C'est très bien, ça nous ouvre de nouvelles possibilités.

Mais dans le même temps rien n'est fait pour inciter les hommes à s'engager dans des métiers traditionnellement féminins. C'est le cas notamment des emplois de services à la personne. Effectués au domicile des particuliers il s'agit essentiellement d'aide à la vie quotidienne : garde des enfants, ménages, courses, petits travaux d'entretien, aide aux devoirs, dépannage informatique.

Les services à la personne emploient aujourd’hui plus de 1,9 million de personnes. C'est le secteur de l’économie française dont la croissance a été la plus forte au cours des quinze dernières années en termes de création d’emplois. Mais il s'agit pour la plupart d'emplois à temps très partiels, et même en cumulant plusieurs employeurs les équivalents temps plein ne sont pas la majorité, la plupart sont payés au SMIC.

Le site officiel prend visiblement soin d'utiliser un langage non sexués, même si les premières affiches en 2007 faisaient bien la différence entre une aide ménagère, une nounou et un expert (les brochures plus récentes sont moins sexistes ).



Par contre, les professionnels du secteur, ceux qui mettent des salariés à disposition des particuliers ne s'embarrassent nullement de ce genre de détails.

Tout d'abord ils s'adressent aux femmes, ce qui est assez logique étant donné qu'elles assument 80% des tâches domestiques. Et vous remarquerez qu'une femme qui ne fait plus le ménage ne fait RIEN !


image prise sur le blog des ménagères de moins de 50 ans

et surtout, partout, sur quasiment tous les sites que j'ai consulté il est question de "femmes de ménages", ce qui me semble contraire à la loi. Il est interdit de mentionner le sexe dans une annonce de recrutement (sauf justification spéciale si c'est un acteur ou une actrice par exemple). Et bien entendu toutes les illustrations relatives au ménage, au repassage ou à la garde des enfants montrent des femmes.


Sont bien sûr réservés aux hommes les dépannages informatiques et les petits travaux.


Il serait urgent de modifier ces annonces afin qu'il ne soit plus question de femmes de ménage mais aussi d'hommes de ménages , parcequ'il sera impossible de faire évoluer les choses et d'arriver à un partage des taches domestiques tant qu'on ne parlera que de femmes de ménages.

Par ailleurs, il est injuste d'inciter les femmes à se diriger vers certains secteurs d'activité sans faire la même chose pour les hommes. C'est comme si ces métiers, tellement importants pourtant, avait si peu de valeurs qu'on ne cherchait pas à les promouvoir auprès des salariés.

Par contre les mêmes, lorsqu'ils recherchent des chefs d'agence ou des entrepreneurs pour ouvrir une franchise s'adressent évidemment aux hommes.


J'attends donc une prochaine campagne officielle sur le thème "le ménage une affaire d'hommes", et que l'Etat, qui donne un agrément aux sociétés  qui vendent des services à la personne, leur rappelle que le sexisme dans les recrutements est interdit.


Jeffane a mis sur son blog une courte vidéo qui valide l'adage qui veut qu'un homme qui fait le ménage dans une pub n'est jamais pris au sérieux.


20/01/2010

Des ouvrières de la SNECMA obtiennent des indemnités pour discriminations sexistes

La SNECMA a été condamné vendredi par le conseil des Prud'hommes de Nanterre pour discrimination sexuelle, "en termes de carrières et de salaire", envers huit ouvrières d'une usine de Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

Le groupe est condamné à verser entre 8.000 et 60.000 euros à chacune des salariées. LEs huit femmes, agées de 47 à 66 ans et soutenues par la CGT étaient entrées à l'usine entre 1972 et 1984, la plupart comme ouvrières spécialisées.L

Elles avaient saisi les prud'hommes en 2005, certaines d'entre elles se plaignant d'avoir vu leur situation stagner pendant des années.

Dans chacun des cas, le conseil des prud'hommes estime que la salariée "apporte des éléments de fait permettant de constater à son encontre une discrimination en termes de carrières et de salaire sur le critère du sexe", selon le jugement que l'AFP a pu consulter.

La Snecma n'opposant "pas d'éléments objectifs et pertinents circonstanciés (...) la discrimination alléguée est de ce fait juridiquement démontrée", lit-on également.

Le conseil des prud'hommes a en revanche débouté les salariées, dont la majorité fait encore partie des effectifs, d'une demande de revalorisation du coefficient hiérarchique.   

Contactée par l'AFP, une porte-parole de la Snecma n'a pas précisé si le groupe ferait appel.

Source : Le Parisien


11/01/2010

Epididyme d'Or de décembre

Ce mois-ci il est décerné à l'Etat Français, qui semble ne mener aucune réflexion sur le sujet de l'égalité hommes/femmes à l'occasion de grandes reconfigurations de son administration territoriale.

Une révolution est en cours actuellement , sans que les médias n'en parlent beaucoup. Certainement parceque le sujet est technique, peut-être aussi parcequ'il semble ne concerner que les fonctionnaires.

La dénomination en est rébarbative :  RGPP, ce qui signifie, mais ce n'est guère plus explicite "révision générale des politiques publiques". Ce n'est pas rien !

Eric Woerth a présenté un plan d'actions à l'occasion de la réunion du Cercle des Directeurs le 16 décembre : 200 directeurs d’administration centrale réunis dans les locaux parisiens de l’ENA.
J'aurais adoré connaitre la composition de cette assemblée mais ne l'ai pas trouvée sur internet (si quelqu'un a des infos ou des photos....). Je parie qu'il y aurait de quoi décerner un épididyme de diamant.


Et il  semble que les femmes en place ont plutôt du souci à se faire.

Pour commencer elles n'ont pas été associées aux réflexions, et il avait fallu une intervention de la Barbe pour qu'une femme s'exprime à la tribune lors des Rencontres de la modernisation de l'Etat.

Aujourd'hui cette réforme entre dans sa seconde phase et il s'agit dans le même temps de procéder à une réforme  de l’administration territoriale de l’Etat "visant à mettre en place, au niveau régional, un nombre de directions resserré pour piloter les différentes politiques publiques de l’Etat. "

Non seulement les directions départementales sont délaissées au profit de direction régionales, mais les services sont réorganisés et fusionnés.

Ainsi sont par exemple créées des Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), elles rassemblent des missions exercées actuellement par plusieurs structures, notamment les directions du travail et de l'emploi, de la consommation et répression des fraudes, de l'industrie, de la recherche et de l'environnement.

Cela signifie, et c'est là que je voulais en venir, que où existaient plusieurs directeurs de région n'en subsistera qu'un seul, alors que les directeurs départementaux sont supprimés en tant que tels. Bien entendu les équipes sont renforcées et les directeurs régionaux entourés d'adjoints.

Ce sont donc actuellement de grandes manœuvres qui se déroulent pour l'attribution des postes, Et il y a fort à parier que les femmes vont plutôt perdre que gagner des points dans la foire d'empoigne qui s'annonce.

J'en veux pour preuve les récentes nominations dans les Dirrecte (voir plus haut).

22 régions , à leur tête ont été nommés le 3 décembre 2009 13,6% de femmes.

- Alsace : Daniel Mathieu,
- Aquitaine : Serge Lopez,
- Auvergne : Serge Ricard,
- Basse Normandie : Rémy Brefort,
- Bourgogne : Isabelle Notter,
- Bretagne : Élisabeth Maillot-Bouvier,
- Centre : Michel Derrac,
- Champagne-Ardenne : Jean-Paul Mimeur,
- Corse : Hervé Belmont,
- Franche-Comté : Bernard Bailbé,
- Haute Normandie : Philippe Dingeon,
-  Île-de-France : Joël Blondel,
- Languedoc-Roussillon : Alain Salessy,
- Limousin : Patrice Greliche,
- Lorraine : Serge Leroy,
- Midi-Pyrénées : Hubert Bouchet,
- Nord Pas-de-Calais : Marie-Laure Balmes,
- Pays de la Loire : Alain-Louis Schmitt,
- Picardie : Joël Hermant,
- Poitou-Charentes : Patrick Menard,
- Provence-Alpes-Côte d’Azur : Gérard Sorrentino,
- Rhône-Alpes : Michel Delarbre,


Reste désormais à désigner les directeurs adjoints, sous directeurs etc... le différentiel risque de s'accentuer.


Je rappelle que l'épididyme est "une partie du système reproducteur de l'homme. C'est un petit organe accolé au testicule contenant un tube glandulaire pelotonné transportant les spermatozoïdes" . Le prix est décerné chaque mois à un média ou une manifestation ayant dépassé le taux admissible de testostérone.

30/11/2009

Le congé parental dans 9 pays d'Europe

Je remets ce billet en tête pour les lecteurs de Le soir.be dont le lien ne semble pas fonctionner correctement.

Le service des études juridiques du Sénat a publié le 19 octobre une étude sur les différents congés liés à la naissance d'un enfant : congé de maternité, congé de paternité et congé parental dans 9 pays européens : l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède.

Voici donc ce qu'il en est des congés parentaux pour les salariés

Rappelons qu'en France à l’issue du congé de maternité, chacun des deux parents peut prendre un congé parental d’éducation à condition d’avoir une ancienneté d’au moins une année à la date de la naissance de l’enfant. Ce congé, d’une durée initiale maximale d’un an, peut être prolongé deux fois et doit prendre fin au plus tard au troisième anniversaire de l’enfant. Il prend la forme soit d’une réduction du temps de travail soit d’une suspension du contrat de travail.
Ce congé n'est pas rémunéré, la CAF verse le complément de libre choix d’activité (entre 375 € ou 550 €)

Dans quatre pays (Espagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Pologne), le congé parental rémunéré n’existe pas. Les parents peuvent cependant s'arrêter pour une durée plus ou moins longue (13 semaines en Grande-Bretagne, 3 ans en Espagne ou en Pologne)

Dans les autres pays, où le congé parental rémunéré existe, il constitue un droit partageable entre les deux parents (Allemagne, Danemark, Italie et Suède) ou un droit individuel, susceptible d’être exercé par chacun d’eux (Belgique).

• En Italie, le congé parental est rémunéré partiellement à hauteur de 30% du salaire dans la limite de 6 mois si il est pris avant les 3 ans de l'enfant)
La durée totale du congé parental est de dix mois, et chacun des deux parents peut s’absenter au plus six mois.  Par ailleurs, la durée du congé parental peut être portée à onze mois dans le cas où le père prend au moins trois mois.

• Au Danemark, le congé parental a une durée de 64 semaines. Il est rémunéré pendant 32 semaines et librement partageable entre les deux parents,
sous réserve qu’aucun des deux parents ne s’absente plus de 32 semaines.

• En Suède, le congé parental, entièrement rémunéré, sa durée est de 480 jours (soit environ un peu plus de 69 semaines). Sur
ces 480 jours, 60 sont réservés à la mère, 60 au père, et les 360 autres sont librement partageables. Le congé parental est rémunéré à hauteur de 80 % du
salaire pendant 390 jours, tandis que les 90 jours suivants sont compensés par un forfait.

L'Allemagne a opté pour le modèle scandinave. En effet, la durée du congé parental, douze mois, peut être portée à quatorze mois si le congé est
partagé entre les deux parents et si chacun d’eux prend au moins deux mois. Cette disposition, en vigueur depuis le début de l’année 2007, vise à inciter les pères à prendre au moins une partie du congé parental. Outre ce congé rémunéré à hauteur des deux tiers du salaire, chacun des deux parents a droit à un congé non rémunéré d’une durée de deux ans.

•  En Belgique, chacun des deux parents peut bénéficier d’un congé parental rémunéré de courte durée.
Les salariés du secteur privé bénéficient en effet d’un congé parental de trois mois, qui doit être pris avant le douzième anniversaire de l’enfant et qui
peut prendre la forme soit d’une suspension du contrat de travail soit d’une réduction du temps de travail.

20/11/2009

Des femmes pour faire passer le nucléaire ??

La lecture de cet article de SLATE me laisse perplexe.

Il décrit les grandes manœuvres qui se déroulent actuellement dans le domaine du nucléaire, il y est question de vente, d'achat et de restructuration de ce secteur.

Depuis 8 ans Anne Lauvergeon est la brillante présidente d'AREVA. L'article se demande si elle pourra maintenir sa stratégie actuelle.

Si j'en parle c'est à cause de cette phrase dont je ne sais quoi penser

"le fait qu'Anne Lauvergeon soit une femme est un atout loin d'être négligeable dans la perception du nucléaire. Aucune loi n'existe en la matière mais force est de constater que le niveau d'acceptabilité de cette technologie dans l'opinion n'est pas totalement étranger au fait que les femmes, dans ce domaine, sont mieux perçues."

  • - Je ne sais pas ce qui permet à l'auteur de l'article de poser une telle affirmation, j'aimerais connaitre ses sources.
  • - en quoi les femmes rendraient-elles le nucléaire plus acceptable ? D'autant plus qu'Anne Lauvergeon a plutôt la réputation d'une battante, dure à cuire.

Vraiment, si quelqu'un a des idées...

18/11/2009

"Que les mecs soient moins misogynes!"

Non , ce n'est pas de moi c'est Laurence Parisot qui a estimé que la solution pour l'égalité hommes-femmes dans l'entreprise est que "les mecs soient un peu moins machos et un peu moins misogynes".

Intervenant lors de son point presse mensuel mardi à Paris, Mme Parisot a estimé qu'"on avait pas encore trouvé tout à fait le truc" pour combler l'écart notamment de rémunération brute entre hommes et femmes (-27% en moyenne) et a rappelé avoir "toujours été favorable à des quotas de femmes dans les conseils d'administration des entreprises cotées".

"Dans les entreprises, il y a des enjeux sérieux de progression de carrière, surtout à un certain niveau. La question n'est pas de dire s'il faut une loi, des sanctions, une négociation, mais comment on change ça", a-t-elle dit.

"La seule solution c'est, s'il vous plait, que les mecs vous soyez moins machos et un peu moins misogynes", a-t-elle ajouté, sous l'oeil médusé de l'assistance composée de nombreux hommes, dont elle a supposé qu'étant de la jeune génération, ils étaient "moins misogynes" que leurs aînés.

Elle n'a pas tort, mais il me semble que l'analyse sociologique est un peu courte.

On comprend qu'à l'heure où sont envisagées des sanctions envers les entreprises qui ne mettront pas en place une politique offensive d'égalité, la Présidente du MEDEF préfère les incantations qui elles ne coûtent rien.


05/11/2009

Epididyme d'Or d'octobre


Un colloque sur un sujet important qui nous concerne tous et toutes . Le 21 octobre à la Pitié Salpétriere à Paris.

LES CHU,
CRISE DE VOCATION OU CRISE DE CONFIANCE ?
Organisé par des institutions tout ce qu'il y a de plus sérieuses :  
  • La Conférence des Présidents de CME des CHU
  • La Chaire santé de Sciences Po
  • La Conférence des Doyens de Facultés de Médecine
  • La Conférence des Présidents d’Universités
  • Le Centre d’Analyse des Politiques Publiques de Santé de l’EHESP
et voici le résultat :
à la tribune, dans l'ordre d'apparition

inutile de vous abimer les yeux,
A moins que Bradley HERRING ne soit pas un homme ce qui semble peu probable.

AUCUNE femme
(pourtant ce n'est pas ce qui manque les femmes dans les CHU)


Serge UZAN, Doyen de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie
Alain DESTEE, Président de la Conférence des Présidents de CME des CHU
Bertrand FRAGONARD, Président de chambre à la Cour des Comptes
André GRIMALDI, Chef de service de diabétologie-métabolsime, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière
Frédéric PIERRU, Chargé de recherche au CNRS
Gérard de POUVOURVILLE, Professeur titulaire de la Chaire ESSEC santé
Pierre-Louis BRAS, Inspecteur Général des Affaires Sociales
Gérard VINCENT, Délégué général de la FHF
Pierre CORIAT, Vice-président de la conférence des Présidents de CME des CHU,
Benoît LECLERCQ, Directeur général de l’AP-HP,
Patrick BERCHE, Doyen de la faculté de médecine René Descartes
Frank MIEDEMA, Professeur titulaire de la chaire d’immunologie et maladies infectieuses, Utrecht UniversitairMedisch Centrum (Pays-Bas)
Bradley HERRING, Maître de conférence à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health (Etats-Unis)
Lionel COLLET, Président de la Conférence des Présidents d’Université
Alain DESTEE, Président de la Conférence des Présidents de CME des CHU  
Didier DELMOTTE, Directeur général du CHU de Lille
Axel KAHN, Président de l’Université Paris Descartes
Patrice DETEIX, Doyen de la faculté de médecine de Clermont-Ferrand
Laurent SEDEL, PU-PH à l’AP-HP
Jean-François PINEL, Vice-Président de la CME du CHU de Rennes
Jean-Paul HUCHON, Président du Conseil régional d’Ile-de-France
Didier TABUTEAU, Responsable de la Chaire santé à Sciences Po ;
Paul CASTEL, Président de la Conférence des Directeurs Généraux des CHU
Yves BUR, Député UMP du Bas-Rhin
Jean-Marie LE GUEN, Député PS de Paris
Bruno GILLES, Sénateur UMP des Bouches-du-Rhône
Pierre Coriat, Vice-président de la conférence des Présidents de CME des CHU





Je rappelle que l'épididyme est "une partie du système reproducteur de l'homme. C'est un petit organe accolé au testicule contenant un tube glandulaire pelotonné transportant les spermatozoïdes" . Le prix est décerné chaque mois à un média ou une manifestation ayant dépassé le taux admissible de testostérone.

28/10/2009

Mobilisez-vous pour l'égalité professionnelle

La CLEF Coordination française pour le Lobby Européen des femmes qui réunit près de 80 associations de femmes de toutes orientations et agissant dans tous les domaines (contraception, travail, laïcité, parité, violences, solidarité, image des femmes…) propose la signature d'une pétition qui prend la forme d'une lettre ouverte au ministre du travail, des Relations Sociales, De la Famille, de la Solidarité et de la Ville .


Pour lire l'intégralité du texte et signer c'est ici

Monsieur le ministre,
Vous lancez une concertation sur l’égalité professionnelle entre femmes et hommes, sur la base du rapport GRESY. Les femmes, comme les hommes, doivent maintenant donner de la voix pour faire progresser l’égalité au travail, pour la reconnaissance salariale du travail des femmes et pour que les hommes puissent consacrer du temps à leur vie familiale.
Nous sommes toutes et tous concernés ! Nous nous mobilisons pour 5 mesures phare !



Thème 1 : LE TEMPS PARTIEL, CE N'EST PAS DU TEMPS PRECAIRE .

Le temps partiel est trop souvent sous payé, mal organisé et stigmatisant pour les femmes. Le temps partiel est une opportunité formidable pour mener un projet personnel quand on est une femme, mais aussi quand on est un homme ! Dans aucun cas il ne doit être imposé.

Thème 2 :
LE CONGE PARENTAL, C'EST AUSSI BON POUR LES PERES

En partageant le congé parental, hommes et femmes construisent ensemble l’éducation des enfants. Et le risque pour les femmes de se couper de l’emploi est bien moindre.

Thème 3 :
DES METIERS DE SERVICE VALORISES ET PROFESSIONNALISES

Les services sont des métiers nobles, parmi les plus durs mais aussi parmi les plus indispensables. Les femmes y sont largement présentes. Valorisons leurs compétences, leurs rémunérations et établissons des parcours professionnels épanouissants et sécurisants.

Thème 4 :
L’EGALITE, CA SE NEGOCIE… SINON ATTENTION AUX SANCTIONS

On ne décrètera pas l’égalité. Les avancées, notamment en terme de salaire et de carrière se négocient et les entreprises qui ne s’engagent pas ou ne respectent pas leurs engagements doivent être sanctionnées.

Thème 5 :
D’AVANTAGE DE FEMMES POUR PILOTER, DIRIGER, DECIDER !

La moitié de l’humanité ne serait bonne qu’à exécuter? Ouvrons des perspectives aux talents des femmes !

27/10/2009

Femmes au garage

Lu sur le Parisien Renault veut féminiser ces garages.

C'est vrai que j'ai eu quelquefois l'impression qu'on cherchait à me berner.

Je me souviens notamment de ce type qui m'avait servi l'essence sur une station d'autoroute. Il a poussé des cris en voyant mes pneus, m'assurant que je risquais ma vie à rouler avec. Certes ils étaient loin d'être neufs mais ils étaient aussi très loin d'être lisses. "oui mais ce que vous ne voyez pas c'est qu'ils sont secs !" Bien sûr il avait une offre spéciale pour les changer sur le champ. La sécurité n'ayant pas de prix j'ai hésité pendant au moins 1/2H , je suis repartie finalement avec mes pneus, mais sans dépasser le 80km (sur l'autoroute !). Mon garagiste habituel a bien rigolé !

Je ne sais pas si il tentait le même coup avec les hommes.

Je dois bien reconnaitre cependant que je n'arrive pas à m'intéresser au fonctionnement de ma voiture (je sais changer une roue), mais féminiser les garages est une bonne idée. Sûr que je me sentirais moins gourde en posant les questions à une femme qui n'aura pas ce petit rien de condescendance que je sens chez les hommes

25/09/2009

Selon que les ministres sont hommes ou femmes....

Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité,  Nadine Morano a également en charge les droits des femmes depuis le dernier remaniement. À ce titre, le 23 septembre, elle a réuni plusieurs de ses prédécesseures. C'est à cette occasion qu'elle a évoqué le bracelet électronique pour les conjoints violents, Hypos en parle.

Elle a également exprimé son point de vue sur les propositions du rapport Grésy visant à recourir à des sanctions financières pour que les entreprises qui ne se préoccuperaient pas suffisamment de réduire  les écarts de rémunération hommes femmes.

Nadine Morano y est favorable .
"On ne peut plus se contenter de bonnes intentions, il faut désormais avoir recours à des mesures contraignantes.Quel député ou quel chef d'entreprise accepterait, à travail égal, d'être moins bien payé que ses collègues ?"

Elle a également plaidé pour l'instauration de quotas de femmes dans les conseils d'administration des entreprises du secteur public et du CAC 40. Estimant que "Sans mesures coercitives, on n'y arrivera pas" (source Le Monde).

Xavier Darcos qui est lui Ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville s'est déja exprimé sur ces mêmes sujets il y a quelques jours.
Concernant les inégalités salariales, son point de vue semble proche de celui de Mme Morano mais moins catégorique.
"En matière d'égalité salariale, comme dans les autres dossiers, le ministre du travail ne doit pas être un imprécateur : il faut parfois mettre le monde de l'entreprise sous contrainte. Ce fut d'ailleurs le cas pour l'emploi des seniors, où le gouvernement leur a imposé des obligations. Les recommandations de Mme Grésy vont être étudiées et feront ensuite l'objet de propositions du gouvernement."

Quand aux quotas voici ce qu'il en dit :
"Les chefs d'entreprise que j'ai rencontrés sont d'accord sur cet objectif de 40 % de femmes dans six ans. Je pense donc qu'il s'accomplira de lui-même, sans que nous soyons obligés d'imposer une contrainte dans la loi. Si nous voyons que dans trois-quatre ans, rien n'a bougé, il faudra en revanche recourir à la loi." (Source Le Monde)

Je pense comme Mme Morano que sans mesures coercitives on n'y arrivera pas, inutile de croire que cela se fera tout seul. Presque 10 ans après la loi sur la parité au parlement nous n'avons encore que 18% de femmes députées et 22% de sénatrices, et Mme Kréder rappelle sur Eco89 qu'
en matière de droits des femmes, aucune évolution ne s'est jamais accomplie d'elle-même.

Mme Morano a très certainement une meilleure connaissance de ces sujets que Mr Darcos, et,
en tant que femme, une meilleure perception des réalités. Mais les hommes seront majoritaires pour décider tant au gouvernement qu'au parlement.

10/09/2009

Les étudiants sortis des grandes écoles en 2008 gagnent déja plus que leurs homologues féminines

J'ai eu il y a quelques jours un échanges de commentaires avec Gularu, charmant  bloggueur, que je trouvai un peu sexiste.

Réponse du jeune homme

"le sexisme est un concept que je trouve dépassé pour ma génération"

Malheureusement je me vois dans l'obligation de lui enlever ses illusions.  Les inégalités entre les garçons et les filles perdurent quoi qu'il en pense.

Exemple du jour l'étude que vient de sortir la Conférence des grandes écoles sur l'insertion des jeunes diplômés.

L’enquête révèle que « les jeunes hommes sortis en 2008 d’une grande école gagnent 10 % de plus que leurs camarades féminines en janvier 2009 ». Toujours selon l’enquête « les hommes de la promotion 2008 perçoivent un salaire brut avec primes de 3 058 euros par mois contre 2 772 euros pour les femmes.

Au bout de deux ans d’activité, l’écart de rémunération se creuse encore : les hommes diplômés de 2007 perçoivent aujourd’hui un salaire 12 % plus élevé que les femmes (3 192 euros par mois contre 2 846 euros). Les jeunes femmes diplômées de grandes écoles connaissent davantage le chômage : 17 % sont en recherche d’emploi contre 12 % des jeunes hommes. Elles occupent également plus souvent des emplois précaires (72 % de CDI contre 83 % chez les hommes) et obtiennent moins fréquemment le statut de cadre et ses avantages.




03/09/2009

Ce n'est pas VDM mais vous pouvez témoigner du sexisme ordinaire

"Centre hospitalo-universitaire en région parisienne

Je connais mon métier par cœur. Vingt-cinq ans de salle d’opération, qui dit mieux ? En tant qu’infirmière de bloc opératoire circulante, je suis garante du bon fonctionnement de l’intervention et j’ai pensé hier que c’était le moment d’associer une jeune étudiante infirmière de première année qui est là depuis trois semaines et qui apprend à la vitesse grand V.

Pourtant quand le patron est arrivé, il s’est mis à hurler : « Tu es irresponsable ! Pourquoi cette fille ? C’est une petite opération, mais quand même ! » Et j’ai vu la jeune fille se liquéfier sur place, morte de honte d’être là où on ne l’attendait pas, morte de honte d’être rejetée ainsi avec fracas. « Mais, monsieur, ai-je tenté de répliquer, vous acceptez bien des internes qui ont trois jours de présence dans le service. Peut-être, mais ce sont des médecins.»

Je me suis sentie profondément humiliée. Je sais ce que je fais et la présence de cette jeune infirmière n’aurait en rien menacé le bon déroulement de l’opération. Jamais il n’aurait ainsi mis en doute le professionnalisme d’un infirmier.

C’est quand même un bon médecin. Peut-être doit-il évacuer son stress de cette façon ? Et puis après, il se rattrape. En sortant du bloc, il m’a dit : « Alors, ma grand-mère, comment vas-tu ? » et il a mis ses mains sur mes deux seins, en les pinçant gentiment. C’est comme pour Sylvie à qui il a demandé si elle avait ses règles quand elle tirait la gueule..... lire la suite

Brigitte Gresy vient de publier un "Petit traité contre sexisme" et elle va plus loin en invitant chacun-e à réagir et témoigner sur son site au sujet des lieux communs du sexisme ordinaire, tellement banals qu'on n'y prête pas toujours attention.

23/07/2009

Salaires hommes/femmes d'où vient la différence ?

Certains croient savoir que la différence de salaires hommes/femmes serait un mythe (voir com dans le billet précédent)

Je les invite donc à lire cet article, paru dans Sicences humaines en mars (Billet non sponsorisé).

Des phénomènes bien connus expliquent les écarts de salaires : le temps partiel beaucoup plus fréquent chez les femmes, le fait que les hommes ont plus souvent l'occasion de faire des heures sup, des primes.

Mais il faut également prendre en compte le fait que les femmes accèdent moins souvent aux postes les mieux payés (le plafond de verre).

Enfin, il reste que même si l’on tient compte du niveau de diplômes, de l’ancienneté, de l’expérience professionnelle, du type de contrat de travail, du temps partiel, du secteur d’activité, de la taille de l’entreprise…, il reste une « zone grise » inexpliquée, correspondant à une différence de salaire d’environ 10 %.

Edit : ce billet a fait l'objet d'une réaction de Nemo qui a été lui-même commenté par l'Hérétique

10/06/2009

Comment inciter les jeunes filles à choisir les filières de l'informatique

Vous vous souvenez peut-être de ce billet sur les publicités pour des produits informatiques qui mettent en avant de jolies jeunes femmes peu habillées.

Après ça, on va se plaindre que les jeunes filles ne s'orientent pas vers les filières informatiques, encore faudrait il qu'elles s'y sentent respectées.

L'une de mes lectrice a pris la peine d'écrire au Jury de la déontologie publicitaire.

REPONSE :

"Nous vous informons que, après examen attentif de votre analyse et de la publicité en cause, cette campagne ne nous apparaît pas contraire aux dispositions déontologiques en vigueur. En effet, la représentation de la femme, vêtue, n'adoptant pas une posture provocante ni indécente et non réduite à la fonction d'objet, apparaît, dans ce contexte, conforme à la Recommandation "Image de la personne humaine" adoptée par les professionnels de la publicité..."

En résumé, ce jury de déontologie n'y trouve rien à redire. La femme n'est pas réduite ici à la fonction d'objet. On suppose donc que c'est elle qui va utiliser ces merveilleux logiciels !

Si on essayait ça ? (oui je sais c'est un peu artisanal mais je n'ai même pas Photoshop)

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01/05/2009

Lieutenante : une gonzesse dans l'armée...

Hypokâgne, khâgne, Sciences Po... et l'armée. Engagée à 22 ans, reçue à Saint-Cyr, Marine Baron a démissionné deux ans plus tard, révoltée par le machisme ordinaire deslieutenante_marine_baron.jpg militaires. Elle relate son expérience dans "Lieutenante"

A lire son interview dans Le Monde.

Extraits :

Vous citez une phrase, une sorte de maxime de l'armée : "Il n'y a pas de sexes dans l'armée, il n'y a que des militaires." Est-ce la réalité ?

Il y a un seul sexe, le masculin. On le sait d'emblée quand on est une femme : on entre dans l'armée avec le fantasme de s'abstraire du féminin. On a le désir de se fondre dans cette collectivité unisexe. On essaie de faire oublier qu'on est une femme, mais on est toujours rappelée à l'ordre, ramenée et réduite à son sexe. Jamais je ne me suis autant sentie désignée comme femme. Si je faisais une bourde, c'était parce que j'étais une femme. Si on faisait un exercice difficile et que je serrais les dents pour ne rien dire alors que les hommes, eux, se plaignaient, c'est tout de même moi que l'instructeur réprimandait.

Il y a des difficultés pour les femmes dans toutes les entreprises.

Certainement, mais, dans l'armée, il n'y a aucune acceptation de la mixité. Dès que les hommes ont peur, ils sont traités de gonzesses.

Cela existe dans le civil aussi.

Peut-être. Mais, dans l'armée, tant qu'il y aura, accolée au féminin, une image de faiblesse qui est l'antimodèle absolu de la ligne de conduite militaire, la situation des femmes ne sera pas bonne.

Il y a pourtant des soldates heureuses.

Je n'en ai pas rencontré. Maintenant que je parle avec d'anciennes militaires, je vois que certaines ont su trouver leur espace. Mais quand j'y étais, je n'ai pas rencontré une seule femme qui me dise "c'est super, l'armée".


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08/04/2009

Le fond de sa pensée

Billet pas très original puisque c'est l'un des buzz d'hier.

Mais il est significatif du mépris que peut ressentir un élu UMP pour les femmes : les femmes politiques (et évidemment Ségolène Royal) mais aussi celles qui se lèvent tôt pour effectuer ce qu'il considère comme de basses œuvres.

Et pour finir pour lui une femme en boubou c'est forcément une femme de ménage. Il doit penser que les femmes africaines sont comme les hommes de ce continent : pas encore entrées dans l'histoire.

La vidéo est chez Dagrouik

En résumé, ce Destrem à qui on montre la photo de Ségolène Royal en boubou bleu en lui demandant ce qu'il voit répond "ma femme de ménage".

04/03/2009

Sondage CSA pour la HALDE, réalisé à l’occasion de la Journée de la Femme le 8 mars.

A l'occasion du 8 mars la Halde a commandé un sondage afin de savoir si les français percevaient que le fait d'être enceinte, d'être une femme ou d'avoir des enfants constituait un handicap dans la vie professionnelle.

cadres_sup.jpg La question suivante a été posée " Selon vous, le fait d'être une femme ayant des enfants constitue-t-il un avantage, un inconvénient ou ni l'un ni l'autre pour l'évolution d'une carrière professionnelle ?". Je regrette que la même question n'ait pas été posée concernant les hommes. Cela contribue une fois de plus a entériner l'idée que s'occuper des enfants est une affaire de femme.

Il a ensuite été demandé à des femmes si elles s'étaient senties discriminées à un moment ou un autre de leur vie professionnelle.

La Halde rappelle dans son communiqué que " les discriminations liées au sexe sont encore aujourd’hui très présentes que ce soit en matière d’accès à l’emploi, de rémunération ou de déroulement de carrière. Les femmes sont en effet plus nombreuses dans les emplois à temps partiel et à bas salaire et elles restent rares dans les postes à responsabilité. Ainsi, les femmes n’occupaient en 2005 qu’un quart des postes d’encadrement des entreprises du secteur privé et semi-public, alors qu’elles étaient majoritaires à l’université, et l’écart de salaire moyen entre femmes et hommes était de 21 % ".

La Halde trouve que les femmes prennent consciences des discriminations dont elles sont l'objet : "Une femme active ou retraitée sur trois (34 %) a le sentiment d’avoir été victime de discrimination sur son lieu de travail parce qu’elle est une femme. Plus précisément, 20 % pensent que le fait d’être une femme a constitué une barrière pour l’obtention d’une augmentation ou d’un poste à responsabilité, 14 % ont eu le sentiment d’être discriminées dans le travail au quotidien, ".

En ce qui me concerne je suis plutôt stupéfaite que 69% des femmes considèrent qu'elles n'ont pas connu de discriminations pour obtenir une augmentation ou un poste à responsabilité (20% disent en avoir connue, 11% ne se prononcent pas), et 81% disent qu'elles ne se sentent pas discriminées au quotidien.

Cela est par ailleurs tout à fait conforme aux statistiques de la Halde. Puisque si en 2008, la HALDE a reçu 7 788 réclamations. Un peu plus de 5% seulement sont liées au sexe et 47% des réclamations liées au sexe sont exprimées par des hommes

Mon blog a encore malheureusement beaucoup d'avenir puisque l'un de mes objectifs est de rendre visible les difficultés des femmes à accéder aux postes à responsabilité.

02/03/2009

Le bal des acteurs

Ils n'ont pas besoin de se mettre nus pour gagner beaucoup plus d'argent que les actrices. La première, avec 1,4 millions d'Euros n'est qu'en 8eme position.

A lire également cet excellent billet à propos d'une petite phrase de Martine Aubry sur Benoit Hamon. Sophie a raison, c'eût été impensable il y a encore peu (par contre il est faux de dire que le Ps est dominé par les femmes, tous les postes importants, à part celui de N°1 sont occupés par des hommes).

14/02/2009

Raccourcir le congé parental ?

homme_bebe.jpgJ'ai lu avec attention le discours de notre Président concernant la politique familiale. et, à la différence de mes amies des femmes engagées j'y ai trouvé des choses intéressantes.

Le point le plus important, celui qui pour l'instant n'a guère était relevé par les médias est celui du financement de la politique de la famille, prélevé essentiellement sur les revenus du travail sous forme de cotisations sociales. Cela signifie par exemple que ni les retraités, ni les revenus liés au patrimoine ne cotisent pour les familles. Est-ce juste ? j'aurais tendance à penser que non. Le débat est ancien et récurrent. Le problème avec Nicolas Sarkozy c'est que si il semble désormais toujours prêt à supprimer des prélèvements obligatoires, il ne propose rien pour les remplacer (cf l'annonce récente de la suppression de la taxe professionnelle). D'où la réaction du Président de la CNAF inquiet du devenir de la politique familiale.

Concernant les annonces relatives à la garde des enfants Nicolas Sarkozy est dans la droite ligne des préconisations du Conseil de l'Union Européenne, qui a récemment rappelé que l'égalité entre les femmes et les hommes constitue un principe fondamental de l'Union européenne et indiqué qu'elles étaient les pistes de réflexion et les mesures à prendre. Une partie de celles-ci relèvent de la conciliation vie professionnelle/vie familiale.

Créer 200 000 places d'accueil c'est ambitieux (mais insuffisant le déficit étant estimé entre 200 000 et 400 000 places d'après le rapport Tabarot), et l'on sait que c'est un point essentiel, que si les femmes renoncent à leur métier ou adoptent des temps partiels, c’est avant tout, par manque de structures d’accueil.

Aider les parents qui ont cessé leur activité sur une longue durée pour s'occuper de leur emploi en leur offrant des formations particulières ou un accompagnement c'est utile, parcequ'il apparait que l'"employabilité" des personnes diminue après plusieurs années d'arrêt et N Sarkozy n'a pas tort lorsqu'il dit "qu’un congé parental de longue durée, c’est une rupture dans un parcours professionnel, qui peut se traduire par une diminution des chances de progresser dans la carrière,d’obtenir un meilleur salaire ou de retrouver un emploi"

Lorsque je lis "La maternité est une formidable aventure humaine, ce n’est pas une sanction. L’arrêt de travail ne doit plus être une solution par défaut pour les familles. Il ne peut plus être le mode de garde des jeunes enfants auquel on doit se résigner parce que l’on n’a pas le choix. Moi, je souhaite que l’on ait une réflexion sur l’évolution du congé parental. Ce n’est pas un sujet tabou, il faut que l’on en parle. L’intérêt des femmes, parfois sans qualification, celui de leurs enfants, comme celui de notre société,c’est de mettre en place les conditions de leur retour à l’emploi. Je souhaite que l’on travaille à la mise en place d’un congé plus court (...) Parfois pour les familles, c’est un problème, parce qu’un congé parental c’est un salaire en moins et donc c’est le pouvoir d’achat qui diminue."

je me pose une question : est ce que la possibilité pour les salariés de prendre un congé sans solde de 3 ans est également dans le collimateur ? et surtout j'entends un discours idéologique.

Un discours idéologique :

- qui est un remake du "travailler plus pour gagner plus"

- qui considère que s'occuper des enfants c'est ne rien faire (il a dit ceci "Je ne veux plus entendre : "je ne travaille pas, je ne fais rien, j’élève mes trois enfants"")

- qui ne prend en compte qu'une partie des parents. Qui prend massivement des congés parentaux ? des femmes, les hommes restent très minoritaires et surtout des femmes qui lorsqu'elles comparent ce qui leur reste à la fin du moins après avoir travaillé, payé la garde des enfants, les frais de transports etc... s'aperçoivent que le meilleur choix d'un point de vue économique est celui de rester à la maison. Rappelons que la prestation est de 552€. Ce choix n'existe donc pas pour toutes les femmes (ou les hommes) qui élèvent seules leurs enfants , ni pour celles dont le salaire est très supérieur. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui explique pourquoi si peu d'hommes bénéficient de ce congé, leur salaire est généralement le plus élevé du ménage (je dis généralement, ce n'est pas toujours le cas évidemment).

- qui ne se préoccupe pas des femmes qualifiées ou très qualifiées qui souhaitent mener une carrière tout en prenant du temps pour leurs enfants (et pas seulement 5 jours)

- qui ne tient pas compte de"la formidable aventure humaine qu'est la maternité " (la paternité ne serait-elle pas une formidable aventure humaine ?). S'arrêter de travailler n'est pas toujours un choix par défaut . Les parents ont envie de s'occuper de leur enfants, y compris les pères, toutes les enquêtes le montrent et choisir de s'arrêter 1, 2 ou 3 ans n'est pas qu'un calcul économique c'est également un choix que font les parents parce qu'il a du sens pour eux.

Alors préconiser la réduction du congé parental c'est prendre la question par le petit bout de la lorgnette. Les parents qui s'arrêtent de travailler pour s'occuper de leur enfants doivent effectivement être aidées lors de leur retour à l'emploi, mais une politique de conciliation vie privée/vie familiale ce serait !

  • - un congé maternité/paternité beaucoup plus long que l'actuel congé maternité qui compense réellement la perte de revenue (en Suède il peut être de 16 mois indemnisé à 80% du salaire)
  • - un congé partagé entre le père et la mère lorsque les 2 sont présents. Seule solution pour que les femmes ne soient pas pénalisées dans leur carrière par rapport à leurs collègues masculins
  • - davantage de considération pour toutes ces activités, ou ces métiers, qui consistent à s'occuper des enfants.
  • - une prise de conscience plus forte de la part des employeurs des problématiques liées aux temps.

C'est un sujet qui mobilise le femmes engagées, avec, comme toujours des points de vues variés : CC, Hypos, Ms Clooney,, Trublyonne, Nelly, Laure,

à lire absolument la poule pondeuse

ça buzze aussi chez Sarkofrance, Marc Vasseur,

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